OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2024 > Décembre 2024 > Réinstauration de la taxation sur les appels entrants : Enjeux et (…)

Réinstauration de la taxation sur les appels entrants : Enjeux et faisabilité d’une politique fiscale

lundi 30 décembre 2024

Fiscalité

Lors de sa Déclaration de politique générale, le Premier ministre, Ousmane Sonko, a affirmé la volonté de l’État de réinstaurer la taxation sur les appels téléphoniques entrants. Quel est le potentiel fiscal réel ? Comment aborder cette politique dans un contexte de développement des Gafam ? Des experts abordent les enjeux et faisabilité.

Le gouvernement va travailler sur la réinstauration de la taxation sur les appels entrants, a assuré le Premier ministre, Ousmane Sonko, vendredi, lors de sa Déclaration de politique générale. Cela fait partie du plan concocté pour augmenter significativement les recettes fiscales. Il est attendu, selon lui, un gain de 50 milliards de FCfa par an. Selon l’expert et directeur des systèmes d’information chez Promobile, Birame Diop, les appels entrants sont les appels émis à partir de l’international ayant comme destination le Sénégal. Par exemple, dit-il, un appel de la France vers le Sénégal ou encore un appel du Mali vers le Sénégal peut être considéré comme un appel entrant. Chaque appel entrant, poursuit le spécialiste, a un coût d’acheminement (interco) vers le Sénégal. Ce coût est supporté par l’opérateur d’origine qui, à son tour, le fera supporter à son client. « Les appels entrants sont classés comme des marchandises intangibles.

En ce qui concerne toute marchandise importée dans un pays, des droits de douane (régime C) sont appliqués. Dans le secteur des télécommunications, chaque appel est identifié par un Call data record (Cdr). La facturation ainsi que les taxes sont calculées à partir de ce Cdr », explique l’expert. À ses yeux, taxer les appels entrants revient donc à appliquer un impôt supplémentaire sur les Cdr associés. Faisant l’historique de cette politique, Birame Diop souligne que la suppression du contrôle et de la taxation des appels entrants depuis l’étranger a été décidée en 2012, juste quelques mois après l’arrivée au pouvoir de Macky Sall. « Le décret portant sur la taxation des appels entrants internationaux avait été signé par le président d’alors, Abdoulaye Wade, en août 2011. Cette résolution avait suscité la colère des syndicats des opérateurs de téléphonie mobile. Macky Sall, lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 2012, avait promis de la supprimer », rappelle Birame Diop.

Quel apport fiscal  ?

Avec la révolution actuelle de la « data » et l’émergence des applications de type Voip (Voice over IP), comme WhatsApp, Instagram, Facebook, Telegram, qui permettent de passer des appels, Birame Diop pense qu’il est évident que la taxation des appels traditionnels ne générera plus les mêmes revenus qu’auparavant. Ce qui lui fait dire que l’impact de cette taxe sur le budget de l’État sera désormais minime. « En effet, le volume des appels téléphoniques internationaux est en forte décroissance, notamment en raison de la vulgarisation d’Internet et de ses nouveaux usages. Cette évolution contribue à la diminution des revenus provenant des appels directs incoming », explique-t-il.

À côté, il constate même que l’application d’une telle mesure pourrait porter préjudice au consommateur final, car le coût de la surtaxe serait probablement répercuté sur le prix total supporté par l’utilisateur. « Par exemple, un client de la diaspora souhaitant appeler sa famille au pays pour lui envoyer de l’argent pourrait subir cette surtaxe. Une analogie peut être faite avec la taxation des plateformes numériques. Le 1er juillet 2024, le Sénégal a introduit une nouvelle taxe de 18 % (Tva) sur les services fournis par ces plateformes, marquant une étape importante dans sa politique fiscale numérique », estime Birame Diop.

À ses yeux, les Gafam (acronyme des cinq plus puissantes multinationales des Tic, notamment Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) et autres opérateurs ont directement répercuté cette taxe sur les usagers finaux. Ainsi, si l’objectif initial était de capter une part des revenus de ces géants de l’Internet au profit de l’État sénégalais, le résultat obtenu est tout autre : ce sont les utilisateurs qui payent davantage aujourd’hui. De son côté, le juriste fiscaliste Elimane Niang pense que ce secteur regorge d’innombrables potentialités.

« L’État a perdu énormément de recettes parafiscales en supprimant cette taxation, soit 600 milliards de FCfa de 2012 à maintenant », signale-t-il. Ainsi, le facteur du succès, selon lui, serait d’échanger au préalable avec les parties prenantes : le ministre en charge des Télécommunications, le ministre des Finances, les opérateurs économiques ainsi que les associations des consommateurs. « À la suite, il faudra que l’État mette en place un comité et/ou un système de contrôle pour une application effective de la réglementation », propose-t-il.

Considérer la chaîne de valeur

Pour le directeur des systèmes d’information chez Promobile, Birame Diop, une chose est sûre, la baisse des tarifs des services de télécommunications (élément incontournable pour soutenir l’accès universel aux services du numérique) devra impérativement passer par une baisse des coûts de production sur toute la chaîne de valeur. Il s’agit, d’après lui, d’un point d’attention particulier à surveiller dans ce contexte de nouvelles politiques publiques s’appuyant considérablement sur le numérique. « De manière générale, il n’existe pas de fiscalité spécifique applicable aux transactions numériques. Ainsi, les appels, les mails, les Sms et les transferts ne font pas l’objet d’une taxation particulière, contrairement à ce qui est pratiqué dans certains pays.

C’est également pour cette raison que l’État n’avait pas réussi à imposer aux opérateurs de téléphonie mobile la taxation des appels entrants provenant de l’étranger », propose Birame Diop. Dans ce contexte actuel, estime-t-il, la démarche annoncée par le Premier ministre est véritablement salutaire, car elle répond aux interrogations sur la manière de réintroduire cette taxe de manière efficace. Car, selon le Premier ministre, le gouvernement s’engage, dès ce premier trimestre 2025, à remettre sur la table cette question, à travers une étude documentée, impliquant toutes les parties prenantes (ministère en charge Télécommunications, ministère des Finances, Artp, Direction générale des Impôts et des Domaines, opérateurs de téléphonie, associations consuméristes).

Demba Dieng

(Source : Le Soleil, 30 décembre 2024)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2286/2834 Régulation des télécoms
  • 174/2834 Télécentres/Cybercentres
  • 1752/2834 Economie numérique
  • 918/2834 Politique nationale
  • 2498/2834 Fintech
  • 290/2834 Noms de domaine
  • 1100/2834 Produits et services
  • 746/2834 Faits divers/Contentieux
  • 371/2834 Nouveau site web
  • 2834/2834 Infrastructures
  • 909/2834 TIC pour l’éducation
  • 97/2834 Recherche
  • 122/2834 Projet
  • 1710/2834 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 934/2834 Sonatel/Orange
  • 827/2834 Licences de télécommunications
  • 157/2834 Sudatel/Expresso
  • 513/2834 Régulation des médias
  • 637/2834 Applications
  • 531/2834 Mouvements sociaux
  • 818/2834 Données personnelles
  • 74/2834 Big Data/Données ouvertes
  • 324/2834 Mouvement consumériste
  • 185/2834 Médias
  • 331/2834 Appels internationaux entrants
  • 832/2834 Formation
  • 48/2834 Logiciel libre
  • 1116/2834 Politiques africaines
  • 517/2834 Fiscalité
  • 86/2834 Art et culture
  • 293/2834 Genre
  • 911/2834 Point de vue
  • 524/2834 Commerce électronique
  • 752/2834 Manifestation
  • 161/2834 Presse en ligne
  • 64/2834 Piratage
  • 102/2834 Téléservices
  • 462/2834 Biométrie/Identité numérique
  • 171/2834 Environnement/Santé
  • 173/2834 Législation/Réglementation
  • 204/2834 Gouvernance
  • 919/2834 Portrait/Entretien
  • 74/2834 Radio
  • 387/2834 TIC pour la santé
  • 164/2834 Propriété intellectuelle
  • 31/2834 Langues/Localisation
  • 540/2834 Médias/Réseaux sociaux
  • 1006/2834 Téléphonie
  • 97/2834 Désengagement de l’Etat
  • 622/2834 Internet
  • 58/2834 Collectivités locales
  • 207/2834 Dédouanement électronique
  • 682/2834 Usages et comportements
  • 515/2834 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 278/2834 Audiovisuel
  • 1708/2834 Transformation digitale
  • 199/2834 Affaire Global Voice
  • 105/2834 Géomatique/Géolocalisation
  • 163/2834 Service universel
  • 334/2834 Sentel/Tigo
  • 91/2834 Vie politique
  • 840/2834 Distinction/Nomination
  • 18/2834 Handicapés
  • 387/2834 Enseignement à distance
  • 419/2834 Contenus numériques
  • 295/2834 Gestion de l’ARTP
  • 90/2834 Radios communautaires
  • 949/2834 Qualité de service
  • 278/2834 Privatisation/Libéralisation
  • 69/2834 SMSI
  • 262/2834 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1454/2834 Innovation/Entreprenariat
  • 684/2834 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2834 Internet des objets
  • 87/2834 Free Sénégal
  • 709/2834 Intelligence artificielle
  • 101/2834 Editorial
  • 43/2834 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2834 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous