OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2025 > Régulation de l’IA pour un respect des données des personnes et conserver (…)

Régulation de l’IA pour un respect des données des personnes et conserver nos valeurs africaines

mardi 18 février 2025

Point de vue

Personnellement, je pense que l’IA n’évolue pas dans un vide juridique complet. Le droit actuel en vigueur au Sénégal comprend de nombreux éléments applicables aux systèmes d’IA. Toutefois, la capacité des règles existantes à offrir une réponse adaptée à certains enjeux émergents soulève des interrogations et nécessite des actions sur le plan de la gouvernance.

Plusieurs défis doivent être relevés pour y parvenir. En voici quelques-uns parmi les plus importants.

1- Le faible niveau de connaissance du public et des autorités à propos de l’IA, de ses usages et des enjeux qui y sont associés ;

2- Le tissu économique sénégalais, principalement formé de PME, de TPE et du secteur informel disposant de ressources limitées pour intégrer de nouvelles exigences dans un domaine complexe, et qui comprend des entreprises vulnérables aux avancées de l’IA, notamment dans le domaine de la culture ;

3- L’IA n’a pas de frontières sectorielles : elle n’est liée à aucun domaine d’application en particulier, et il est impossible d’en prévoir tous les usages futurs ;

4- L’IA ne connaît pas de frontières géographiques : cela soulève des questions complexes liées à la détermination de la responsabilité et de la protection des renseignements personnels. L’encadrement juridique est aussi en pleine effervescence, à cela s’ajoute une concurrence normative entre les États ;

5- La culture de l’innovation dans l’industrie numérique, qui se caractérise par l’introduction accélérée d’innovations dans un contexte de faible règlementation, où l’on tolère que les lacunes soient corrigées après coup. Cette dynamique et cette culture particulières distinguent l’industrie numérique des autres industries innovantes.

Partant de ces constats, il me semble que nous devrons dans les prochains mois prendre des orientations qui visent à guider les actions futures sur la gouvernance de l’IA et ces actions doivent d’abord se baser sur certains principes et valeurs communes : en priorité, le respect des droits de la personne, des libertés individuelles et des valeurs culturelles et sociales doit figurer au premier plan des préoccupations. Par ailleurs, le contrôle démocratique de l’encadrement de l’IA doit aussi permettre d’assurer la participation de la société sénégalaise aux débats, et ce, en continu. Il faut par ailleurs tenter d’exercer une forme d’autonomie stratégique, d’autres diront de « souveraineté numérique », en étant conscient que la propriété des SIA et le contrôle des données constituent des enjeux importants. En effet, les SIA colligent des masses importantes de données et le principe de consentement n’est respecté que de manière imparfaite. Il faut enfin veiller à l’adéquation des modèles d’IA aux réalités du Sénégal (si possible) pour que les avantages attendus des SIA se concrétisent. Sous ce rapport, pour être une réussite, il nous faudra :

1- Assurer la cohérence globale de l’encadrement avec le droit existant et à venir des SIA, que ce soit sur le plan national et continental ;

2- Assurer l’agilité et la pérennité du cadre règlementaire afin de suivre l’évolution rapide du domaine, ce qui nécessitera d’innover à la fois sur le plan du contenu de la législation et des normes et sur le plan institutionnel ;

3- Créer un climat de confiance, en faisant en sorte que le cadre de gouvernance soit à la hauteur des défis sociaux que soulève l’IA. Concrètement, il nous faudra adopter une approche par les risques qui encadre les usages et non la technologie, en raison de la très grande polyvalence de l’IA. Certains usages qui posent des risques très graves pourraient être proscrits, tandis que les usages anodins ne feraient pas l’objet de contrôles particuliers. Il existerait alors une gamme de contrôles intermédiaires entre ces deux extrêmes. L’approche par les risques est flexible et propice à l’innovation dans l’industrie, tout en assurant la protection du public.

Un encadrement centré uniquement sur les usages pourrait toutefois se révéler insuffisant pour certaines IA génératives et systèmes de grande capacité, nécessitant possiblement un encadrement ciblé appliqué aux technologies elles-mêmes. Il serait souhaitable d’adopter une loi cadre sur l’intelligence artificielle afin d’offrir une sécurité juridique aux entreprises privées, et aux personnes et dans laquelle seront précisées les grandes orientations sur les instruments de gouvernance sectoriels ainsi que les instances de régulation autonomes.

C’est pourquoi, je pense que la gouvernance et la régulation de l’IA doit reposer sur une panoplie d’outils, et pas seulement sur les lois et les règlements. Il serait pertinent de donner un rôle aux normes et aux organismes de normalisation qui développent actuellement des outils propres à l’IA aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.

Conclusion

Notre cartographie des acteurs et initiatives au Sénégal et en Afrique, ne nous offre pas une grille de lecture pour comprendre les enjeux de l’IA, relativement sur les questions de l’éthique, de la normalisation et de la certification. Nous remarquons, que de plus en plus d’acteurs se lancent dans la mise en place de normes ou de processus de certification pour l’éthique de l’IA, alors que le concept même d’une norme technique pour l’éthique fait débat et si nous dressons un panorama de leurs activités, nous remarquons que beaucoup de tensions peuvent émerger entre eux. Cet écosystème des systèmes d’IA est aujourd’hui caractérisé par une rivalité de gouvernance opposant d’un côté les normes européennes, et de l’autre les normes internationales. L’émergence de cadres normatifs permet de multiplier certes les garde-fous, mais attention de ne pas dévoyer l’éthique en diffusant des critères d’évaluation manquant toute de légitimité.

Il est essentiel de garder à l’esprit que l’éthique est intrinsèquement contextuelle et, dans une certaine mesure, subjective. Une certification ne pourra garantir le respect absolu de principes éthiques et de droits individuels. La question de savoir qui est responsable du développement de ces cadres d’évaluation est importante, car ils façonneront le développement des futurs systèmes, avec parfois un impact mondial. Afin de ne pas donner aux utilisateurs et aux citoyens la fausse impression que leurs droits sont nécessairement préservés, par exemple grâce au marquage CE, les limites de cette certification doivent toujours être mises en avant.

Même si le marquage CEtémoigne d’une certaine démarche de qualité, pour identifier et réduire les biais par exemple, cette démarche ne change rien en ce qui concerne la responsabilité de l’opérateur pour une décision algorithmique discriminatoire. Ainsi, la certification ne fonctionnera que si elle est accompagnée d’un régime de responsabilité et de procédures de recours en cas de préjudice. Enfin, notons que si les initiatives visant à normaliser et à certifier l’éthique cherchent à prévenir les dérives potentielles, les mesures de protection précises qu’elles définiront restent encore indéterminées. En effet, la plupart des normes dans ce domaine ne sont pas encore développées, et celles qui le sont, ne sont pas encore opérationnelles. Enfin, l’interconnexion entre les instances de normalisation techniques et les instances étudiant le respect par l’IA des droits fondamentaux me semble indispensable.

Isaac I. Sissokho
Docteur en Droit

(Source : Social Net Link, 18 février 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2264/2664 Régulation des télécoms
  • 173/2664 Télécentres/Cybercentres
  • 1733/2664 Economie numérique
  • 900/2664 Politique nationale
  • 2664/2664 Fintech
  • 258/2664 Noms de domaine
  • 1042/2664 Produits et services
  • 732/2664 Faits divers/Contentieux
  • 370/2664 Nouveau site web
  • 2598/2664 Infrastructures
  • 882/2664 TIC pour l’éducation
  • 94/2664 Recherche
  • 121/2664 Projet
  • 1698/2664 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1057/2664 Sonatel/Orange
  • 809/2664 Licences de télécommunications
  • 140/2664 Sudatel/Expresso
  • 504/2664 Régulation des médias
  • 758/2664 Applications
  • 524/2664 Mouvements sociaux
  • 830/2664 Données personnelles
  • 63/2664 Big Data/Données ouvertes
  • 297/2664 Mouvement consumériste
  • 180/2664 Médias
  • 321/2664 Appels internationaux entrants
  • 827/2664 Formation
  • 48/2664 Logiciel libre
  • 1174/2664 Politiques africaines
  • 493/2664 Fiscalité
  • 83/2664 Art et culture
  • 292/2664 Genre
  • 856/2664 Point de vue
  • 548/2664 Commerce électronique
  • 732/2664 Manifestation
  • 159/2664 Presse en ligne
  • 62/2664 Piratage
  • 110/2664 Téléservices
  • 474/2664 Biométrie/Identité numérique
  • 153/2664 Environnement/Santé
  • 169/2664 Législation/Réglementation
  • 177/2664 Gouvernance
  • 886/2664 Portrait/Entretien
  • 72/2664 Radio
  • 405/2664 TIC pour la santé
  • 139/2664 Propriété intellectuelle
  • 29/2664 Langues/Localisation
  • 546/2664 Médias/Réseaux sociaux
  • 1023/2664 Téléphonie
  • 96/2664 Désengagement de l’Etat
  • 538/2664 Internet
  • 57/2664 Collectivités locales
  • 212/2664 Dédouanement électronique
  • 552/2664 Usages et comportements
  • 519/2664 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 278/2664 Audiovisuel
  • 1694/2664 Transformation digitale
  • 192/2664 Affaire Global Voice
  • 78/2664 Géomatique/Géolocalisation
  • 159/2664 Service universel
  • 331/2664 Sentel/Tigo
  • 87/2664 Vie politique
  • 796/2664 Distinction/Nomination
  • 17/2664 Handicapés
  • 349/2664 Enseignement à distance
  • 342/2664 Contenus numériques
  • 292/2664 Gestion de l’ARTP
  • 89/2664 Radios communautaires
  • 907/2664 Qualité de service
  • 216/2664 Privatisation/Libéralisation
  • 74/2664 SMSI
  • 234/2664 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1347/2664 Innovation/Entreprenariat
  • 672/2664 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2664 Internet des objets
  • 85/2664 Free Sénégal
  • 345/2664 Intelligence artificielle
  • 97/2664 Editorial
  • 2/2664 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2664 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous