OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2007 > Mars > Recettes de cuisine électorale, par le « génie » informatique de Wade : (…)

Recettes de cuisine électorale, par le « génie » informatique de Wade : Comment le Pds a gagné les élections

jeudi 8 mars 2007

Vie politique

Pour assurer sa réélection dès le premier tour de la présidentielle du 25 février, le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, n’a rien laissé au hasard. Un génie de l’informatique a fiché l’ensemble de la population sénégalaise. Recettes de cuisine électorale. Des supporters d’Abdoulaye Wade.

Dans un élégant bureau du palais présidentiel du Sénégal, Thierno Ousmane Sy, conseiller du président et génie de l’informatique, nous dévoile l’arme secrète qui a permis à son patron d’être réélu le 25 février 2007. Sur son ordinateur, il montre des bases de données qui contiennent de longues listes d’électeurs. Cliquant au hasard sur un nom, il fait apparaître une boîte qui affiche les coordonnées téléphoniques, le numéro d’identification de l’électeur, la date de son entrée dans tel ou tel parti, son affiliation religieuse et même des informations telles que ses liens éventuels avec des dirigeants religieux locaux et des « parrains » politiques. Si l’électeur est assez influent, son parcours est détaillé en bas de page.

En partie fondée sur les archives du ministère de l’Intérieur, cette liste a été régulièrement mise à jour au cours des sept dernières années par des membres du parti au pouvoir du président. Wade a puisé dans les calculs tirés de ces listes pour annoncer qu’il l’emporterait avec 56 % des voix. Et il a effectivement gagné, avec 55,9 % des suffrages exprimés.

Sy, formé aux Etats-Unis et en France, a été embauché pour la première fois par Wade lors de la campagne électorale de 2000. Selon lui, grâce à l’ouverture d’esprit dont il fait preuve vis-à-vis de la technologie, le président octogénaire du Sénégal a pu se doter d’un outil de campagne exceptionnel sur le continent, une base de données électorale aussi sophistiquée que ce que l’on peut rencontrer ailleurs dans le monde.

Wade, loué à l’étranger comme l’un des dirigeants les plus progressistes d’Afrique, mais critiqué au Sénégal pour son attitude autocratique, a eu pour la première fois recours à la base de données électorale en 2000, alors qu’il était candidat de l’opposition. A l’époque, cela lui avait permis de contourner les réseaux clientélistes traditionnels qui avaient tenu le Parti social-démocrate [la formation du président Wade, au pouvoir depuis 2000] à l’écart du pouvoir pendant quarante ans. L’Afrique avait alors été le théâtre d’une de ses premières alternances démocratiques. Cette fois, la base de données a fourni à Wade un formidable avantage sur ses quatorze concurrents dans la campagne. Les profils des électeurs ont une valeur inestimable dans l’économie sénégalaise, essentiellement tournée vers la pêche et l’agriculture et où les loyautés politiques dépendent principalement de questions locales. D’après Sy, la base de données, au niveau national, est la plus exhaustive du monde. Comptant seulement 5 millions d’électeurs potentiels [indépendante depuis 1960 et peuplée de 12 millions d’habitants, l’ancienne colonie française est un pays assez petit et suffisamment stable pour qu’un tel projet soit possible.

« Toutes les informations rassemblées à partir de différentes régions permettent de formuler un discours approprié », commente Sy. La base de données est transformée en une carte du Sénégal, un code couleurs indiquant le taux de popularité de Wade d’une région à l’autre. Le président s’est plus particulièrement intéressé aux indécis des secteurs clés, identifiant qui, parmi ses rivaux, comptait le plus de partisans. Wade est alors allé à la rencontre de cet électorat, connaissant à l’avance leurs histoires personnelles et leurs revendications politiques.

Dans les électorats considérés comme sans espoir, il a limité le financement de sa campagne pour rediriger l’argent sur des régions où il disposait de meilleures chances. « C’est fait de telle façon que nous pouvons optimiser les moyens qu’il nous faut pour distribuer des tee-shirts et toutes les autres choses utiles à la réussite d’une campagne », signale Sy. Il existe une autre liste, ajoute-t-il, qui rassemble les bailleurs de fonds de la campagne, dont beaucoup ont été impressionnés par le succès de la base de données des électeurs.

Pour les détracteurs du système de Sy, ce dernier favorise une approche populiste de la politique et encourage des campagnes électorales coûteuses proches du show-business alors que, ce dont le Sénégal a vraiment besoin, c’est d’une politique nationale cohérente afin de lutter contre la pauvreté et le chômage chronique. Des critiques que Sy rejette, assurant que la base de données a permis à Wade de rivaliser avec ce qui se fait de mieux en Afrique en termes de traditions démocratiques. « La base de données incarne un retour à la réunion de village, où chacun peut être entendu et où les problèmes sont résolus par la communauté. »

La plupart des commentateurs politiques ont été surpris de voir Wade l’emporter dès le premier tour de la présidentielle. Beaucoup avaient prédit que le président devrait se frayer un chemin jusqu’au second tour. Pour Wade, sa victoire n’est rien moins qu’un « plébiscite ». D’aucuns ont affirmé que de multiples versions des cartes d’électeur biométriques avaient été imprimées pour certains individus, et que Genesis, une entreprise autrefois créée par Sy, aurait été impliquée. « L’opposition n’a tout simplement toujours pas compris comment se servir de la technologie. Donc, ils cherchent à discréditer tout ça », rétorque-t-il simplement.

Dino Mahtani

(Source : Courrier international, 8 mars 2007)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4493/5660 Régulation des télécoms
  • 354/5660 Télécentres/Cybercentres
  • 3627/5660 Economie numérique
  • 1879/5660 Politique nationale
  • 5133/5660 Fintech
  • 545/5660 Noms de domaine
  • 2072/5660 Produits et services
  • 1702/5660 Faits divers/Contentieux
  • 763/5660 Nouveau site web
  • 5660/5660 Infrastructures
  • 2030/5660 TIC pour l’éducation
  • 191/5660 Recherche
  • 249/5660 Projet
  • 4569/5660 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1972/5660 Sonatel/Orange
  • 1665/5660 Licences de télécommunications
  • 286/5660 Sudatel/Expresso
  • 1045/5660 Régulation des médias
  • 1364/5660 Applications
  • 1547/5660 Mouvements sociaux
  • 1751/5660 Données personnelles
  • 140/5660 Big Data/Données ouvertes
  • 619/5660 Mouvement consumériste
  • 369/5660 Médias
  • 659/5660 Appels internationaux entrants
  • 1695/5660 Formation
  • 98/5660 Logiciel libre
  • 2363/5660 Politiques africaines
  • 1075/5660 Fiscalité
  • 176/5660 Art et culture
  • 587/5660 Genre
  • 1944/5660 Point de vue
  • 1160/5660 Commerce électronique
  • 1500/5660 Manifestation
  • 323/5660 Presse en ligne
  • 129/5660 Piratage
  • 212/5660 Téléservices
  • 1014/5660 Biométrie/Identité numérique
  • 337/5660 Environnement/Santé
  • 617/5660 Législation/Réglementation
  • 367/5660 Gouvernance
  • 1826/5660 Portrait/Entretien
  • 144/5660 Radio
  • 780/5660 TIC pour la santé
  • 296/5660 Propriété intellectuelle
  • 59/5660 Langues/Localisation
  • 1179/5660 Médias/Réseaux sociaux
  • 2100/5660 Téléphonie
  • 196/5660 Désengagement de l’Etat
  • 1062/5660 Internet
  • 116/5660 Collectivités locales
  • 423/5660 Dédouanement électronique
  • 1407/5660 Usages et comportements
  • 1066/5660 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 569/5660 Audiovisuel
  • 3523/5660 Transformation digitale
  • 391/5660 Affaire Global Voice
  • 357/5660 Géomatique/Géolocalisation
  • 424/5660 Service universel
  • 694/5660 Sentel/Tigo
  • 183/5660 Vie politique
  • 1815/5660 Distinction/Nomination
  • 47/5660 Handicapés
  • 710/5660 Enseignement à distance
  • 858/5660 Contenus numériques
  • 602/5660 Gestion de l’ARTP
  • 178/5660 Radios communautaires
  • 2002/5660 Qualité de service
  • 567/5660 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5660 SMSI
  • 563/5660 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2900/5660 Innovation/Entreprenariat
  • 1577/5660 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 52/5660 Internet des objets
  • 178/5660 Free Sénégal
  • 896/5660 Intelligence artificielle
  • 203/5660 Editorial
  • 10/5660 Gaming/Jeux vidéos
  • 28/5660 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous