RDC : les opérateurs télécoms sollicitent le soutien des autorités sur la qualité de service
mardi 19 mai 2026
La question de la qualité de service est commune à plusieurs pays africains. Dans un contexte de transformation numérique accélérée, les consommateurs sont de plus en plus dépendants des réseaux mobiles et d’Internet pour leurs activités quotidiennes.
En République démocratique du Congo (RDC), les sociétés télécoms sollicitent le soutien des autorités pour relever les défis liés à la qualité de service. Cet appel intervient dans un contexte de pression croissante des consommateurs et des pouvoirs publics sur cette problématique.
La demande a été formulée dans un communiqué conjoint des opérateurs télécoms, relayé la semaine dernière par le ministère des Postes et Télécommunications. Les entreprises indiquent vouloir travailler avec les autorités à la mise en œuvre de solutions à court, moyen et long terme, qu’elles comptent présenter prochainement.
Des défis structurels
Les solutions annoncées devraient permettre de lever « certains facteurs structurels et externes » ayant un impact significatif et récurrent sur la qualité des services. Selon les opérateurs, ces difficultés persistent malgré les investissements et les efforts consentis pour l’amélioration continue des réseaux et la résolution des problèmes rencontrés.
Parmi les principales causes évoquées figurent l’instabilité de l’alimentation électrique, les coupures et destructions répétées des réseaux de fibre optique, ainsi que l’insécurité sur certains axes routiers, compliquant l’accès aux sites techniques. Les entreprises de télécommunications pointent également le manque de ressources en spectre et, plus largement, la faiblesse des infrastructures de base dans le pays.
Certains de ces défis avaient déjà été soulignés par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA). L’association relève notamment qu’une grande partie des sites télécoms n’est pas raccordée au réseau électrique national, une situation appelée à s’accentuer avec l’extension de la couverture vers des zones plus reculées. Les opérateurs consacreraient déjà entre 40 % et 60 % de leurs dépenses opérationnelles à l’achat et au transport du diesel nécessaire à l’alimentation des sites. Ces coûts élevés se répercutent ensuite sur les prix payés par les consommateurs et peuvent également fragiliser la disponibilité des réseaux.
Au-delà de ces questions, la GSMA évoque aussi une pression fiscale importante et un coût d’exploitation élevé des réseaux télécoms en RDC. L’organisation estime que le coût des activités y est supérieur à celui observé dans plusieurs autres pays africains. Les opérateurs mobiles sont particulièrement exposés en raison de l’étendue géographique de leurs infrastructures, des procédures réglementaires et administratives nécessaires au déploiement des sites, ainsi que des dépenses continues liées à l’alimentation énergétique et à la maintenance des équipements.
Jusque-là, une responsabilité des opérateurs
Pour le moment, les autorités semblent laisser aux opérateurs télécoms la responsabilité de résoudre les problèmes liés à la qualité de service. En début d’année, le président de la République, Félix Tshisekedi, en Conseil des ministres, a exigé l’application, sans faiblesse ni complaisance, des sanctions prévues par les lois et règlements à l’encontre de tout opérateur défaillant, chaque fois que les obligations de qualité, de continuité, de couverture ou de protection des usagers ne sont pas respectées.
Il a également demandé le renforcement des mécanismes de régulation, de contrôle et de monitoring permanent de la qualité des réseaux et services, ainsi qu’une coordination effective entre les ministères sectoriels, les autorités de régulation et les services techniques spécialisés.
Pour rappel, la loi de 2020 sur les télécommunications et les TIC stipule que « toute violation d’une ou de plusieurs clauses de la licence, de l’autorisation ainsi que du cahier des charges y annexé n’entraînant pas la suspension ou le retrait du titre est punie d’une amende ne dépassant pas le quart du titre ».
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 19 mai 2026)
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