RDC : la 5G en préparation, près de 7 Congolais sur 10 restent hors ligne
lundi 12 octobre 2026
L’introduction de la 5G ouvre un nouveau chapitre pour les télécommunications en RDC. Mais le contraste entre cette évolution technologique et le faible usage d’Internet met en lumière les défis qui accompagnent la modernisation du secteur.
La République démocratique du Congo prépare l’introduction commerciale de la 5G, alors qu’une large partie de sa population n’utilise toujours pas Internet. Le lancement de cette technologie figurait parmi les dossiers examinés lors de la 100ᵉ réunion du Conseil des ministres, le vendredi 9 octobre, à Kinshasa. Fin septembre, le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a indiqué que le gouvernement travaillait à une disponibilité avant la fin de l’année 2026.
Selon DataReportal, la RDC comptait environ 34,7 millions d’internautes fin 2025, soit 30,5 % de la population. Près de 79 millions de personnes n’utilisaient donc pas Internet. Cette faible adoption s’explique notamment par les limites de la couverture mobile, mais aussi par les difficultés à s’équiper et à payer les services de connexion.
La couverture et le coût de l’accès en question
Dans un rapport publié en septembre 2025, la GSMA estimait que seulement 45 % de la population congolaise était couverte par un réseau d’Internet mobile. Les zones rurales restent notamment confrontées à des infrastructures insuffisantes et à une alimentation électrique irrégulière. L’organisation identifie également le prix des smartphones et des forfaits parmi les principaux freins à l’adoption des services mobiles.
L’écart entre couverture et utilisation est important : même lorsqu’un réseau est disponible, tous les habitants ne disposent pas nécessairement d’un téléphone compatible ou des moyens financiers pour acheter des données mobiles. L’arrivée de la 5G ne suffira donc pas à connecter les personnes qui restent éloignées des usages numériques. Cette technologie nécessite elle-même des équipements compatibles et des investissements dans les réseaux.
Les infrastructures figurent d’ailleurs parmi les chantiers identifiés par les pouvoirs publics. Le Plan national stratégique de développement 2024-2028 prévoit notamment le déploiement de 50 000 kilomètres de câbles à fibre optique sur l’ensemble du territoire, ainsi que la construction de boucles nationales pour développer les services de téléphonie fixe et d’Internet haut débit. Ce programme vise à renforcer le transport des données et à étendre les capacités de connexion.
Des millions de nouveaux utilisateurs potentiels
La marge de progression reste importante. Dans son rapport sur l’économie numérique en RDC, publié en septembre 2025, la GSMA estime que des réformes fiscales et réglementaires, accompagnées d’investissements dans les infrastructures, pourraient permettre de connecter 9,7 millions de personnes supplémentaires à l’Internet mobile d’ici 2029. Selon ses projections, ces changements pourraient également générer 9 800 milliards de francs congolais (4,2 milliards $) de contribution supplémentaire au produit intérieur brut.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 12 octobre 2026)
OSIRIS