RD Congo : le président Tshisekedi fixe six priorités pour relancer les télécoms
mercredi 29 avril 2026
Dans un contexte de mutation rapide des usages numériques en Afrique, la RDC tente de combler ses retards structurels dans les télécommunications. L’exécutif veut désormais passer d’un marché en expansion à un secteur réellement productif.
En marge de l’ouverture des premiers États généraux des Postes et Télécommunications, le lundi 27 avril à Kinshasa, le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi (photo) a tracé la feuille de route du secteur pour les années à venir. Le chef de l’État a défini six chantiers prioritaires pour moderniser et mieux réguler le secteur.
Connectivité, cadre réglementaire et capital humain au cœur de la stratégie
La première urgence concerne la connectivité. Les autorités veulent accélérer le déploiement de la fibre optique, renforcer le backbone national et améliorer les interconnexions entre provinces, tout en recourant à des solutions satellitaires pour desservir les zones enclavées.
Autre chantier clé : la réforme du cadre légal et réglementaire. Le chef de l’État appelle à un environnement plus lisible et plus attractif, capable de stimuler l’investissement privé dans un secteur encore confronté à des contraintes structurelles, notamment en matière de fiscalité et de gouvernance.
La qualité de service et la protection des usagers figurent également parmi les priorités. Pour les autorités, la croissance du marché doit s’accompagner d’une amélioration tangible de l’accessibilité, de la fiabilité et du coût des services, dans un contexte où les critiques sur la qualité des réseaux restent récurrentes.
En parallèle, le gouvernement met l’accent sur l’inclusion numérique, avec l’objectif d’intégrer davantage les populations rurales, les jeunes et les petites entreprises à l’économie digitale. Cette ambition s’accompagne d’un effort sur le capital humain, à travers la promotion de l’éducation numérique, considérée comme un levier pour l’employabilité et l’innovation.
Enfin, la souveraineté technologique et la sécurité numérique s’imposent comme un axe stratégique. Les autorités entendent renforcer la protection des données, des infrastructures critiques et des systèmes publics, dans un contexte de montée des risques cyber.
Un secteur en pleine mutation malgré des défis persistants
Ce plan ambitieux intervient dans un contexte où le paysage des télécoms en RDC affiche un contraste frappant. Si le pays compte désormais près de 36 millions d’internautes, le taux de pénétration Internet stagne autour de 35 %, avec des disparités territoriales majeures. La logistique et le coût élevé de la connectivité mobile restent des goulots d’étranglement, tandis qu’environ 55 % de la population ne dispose toujours pas d’une couverture 4G. De plus, la pression fiscale sur les opérateurs est régulièrement pointée du doigt par les analystes comme un frein à l’expansion des réseaux dans les zones blanches.
Pour l’exécutif, l’enjeu de ces assises est donc de transformer ces actifs physiques et législatifs en un écosystème productif. En orientant les investissements vers le haut débit et la sécurisation des réseaux, la RDC espère capter une part plus large de la valeur numérique sur le continent et répondre aux attentes d’une population dont l’usage mobile dépasse désormais de loin la bancarisation classique.
« Il nous revient donc d’ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en leviers stratégiques de notre développement national. C’est dans cet esprit que s’inscrit notre ambition de faire de la République démocratique du Congo une nation digitale à l’horizon 2030, en cohérence avec les priorités du gouvernement », a déclaré le président de la République.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 29 avril 2026)
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