Le siège de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (Cgeci), le Patronat ivoirien, a accueilli ce mercredi 7 janvier 2026, à Abidjan-Plateau, une session d’information cruciale sur l’Annexe fiscale 2026.
Parmi les réformes phares présentées au secteur privé, figure la fin du flou juridique entourant les règlements des factures par mobile money, une mesure qui vient sécuriser la déductibilité fiscale des entreprises.
C’est une petite révolution qui vient simplifier le quotidien des chefs d’entreprise en Côte d’Ivoire. Réunis au Plateau, les membres de la communauté d’affaires ont été instruits sur les nouvelles dispositions de la Loi de finances 2026.
L’un des dispositifs ayant fait l’objet d’échanges est l’article 7, qui clarifie enfin le statut fiscal des paiements par mobile money. Jusque-là, le mobile money naviguait dans une zone grise, souvent assimilé à un paiement en espèces par l’administration fiscale lors des contrôles.
Cette qualification posait un problème majeur : tout règlement supérieur à 250 000 FCFA effectué par ce biais entraînait automatiquement le rejet de la déductibilité de la charge au titre du Bénéfice industriel et commercial (BIC) et l’impossibilité de récupérer la TVA.
« Le mobile money constitue un mode de règlement essentiel, mais l’administration fiscale avait des soucis lors des contrôles », a expliqué Marthe Kouaho Traoré, membre de la Commission juridique et fiscale de la Cgeci.
Désormais, le dispositif fiscal acte que le paiement par mobile money n’est plus considéré comme un paiement en espèces. Cette mesure permet ainsi aux entreprises de justifier leurs charges d’exploitation et de récupérer la TVA sur ces transactions, même au-delà du seuil de 250 000 FCFA, levant ainsi un frein majeur à la modernisation des échanges.
Cette clarification intervient dans un contexte de forte mobilisation des ressources publiques. Dominique Taty, président de la Commission juridique et fiscale de la Cgeci, a rappelé les chiffres du budget national pour l’année 2026. Équilibré à 17 350,2 milliards de FCFA, il affiche une progression de 13,1 % par rapport à 2025.
Les recettes fiscales attendues en 2026 sont estimées à 8 193,2 milliards FCFA. La croissance des recettes, elle, s’établit à +14,6 % (soit 1 041,2 milliards de FCFA supplémentaires par rapport à fin 2025). L’effort demandé au contribuable est visiblement soutenu.
Si le Patronat ivoirien salue les mesures de simplification comme celle du mobile money, il ne cache pas son inquiétude face à cette trajectoire ascendante qui accentue la pression sur les entreprises structurées.
Pour Dominique Taty, l’atteinte de ces objectifs de recettes ne doit pas reposer uniquement sur les acteurs actuels. Il a réitéré le plaidoyer du secteur privé pour un élargissement de l’assiette fiscale et une lutte plus vigoureuse contre le secteur informel, afin de mieux répartir la charge fiscale nationale.
Cette session de la Cgeci marque le début d’une année 2026 où le dialogue entre l’État et le secteur privé sera décisif pour concilier ambitions budgétaires et compétitivité des entreprises.
(Source : APAnews, 7 janvier 2026)
OSIRIS
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