OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2025 > Rapidité et efficacité numériques : Un coût social et émotionnel

Rapidité et efficacité numériques : Un coût social et émotionnel

vendredi 28 novembre 2025

Point de vue

La technologie n’est pas intrinsèquement déshumanisante, mais son usage exclusif et mal régulé peut accentuer en effet, la perte de contact humain et de proximité sociale. L’enjeu est de trouver un juste équilibre entre innovation et humanité, ce qui devient un vrai défi pour nos sociétés connectées, et qui marchent vers une déconnexion émotionnelle.

La question n’est pas de rejeter la technologie, mais de réaffirmer la place de l’humain. D’où la question de savoir est-ce que notre société numérique nous sert, ou est-ce que nous nous adaptons à la machine ? On touche là à une inquiétude profonde : la société se digitalise si vite que le contact humain pourrait devenir un luxe.

On parle de “solitude connectée” : on est branché en permanence, mais on se sent parfois plus isolé. Dans nos vies hyperconnectées, la banque ne fait plus exception : applications mobiles, chatbots (programme ou application avec lequel les utilisateurs peuvent converser par le biais de la voix ou du texte), paiements instantanés… Tout est rapide, efficace et accessible depuis un smartphone. Mais derrière cette révolution digitale se cache un risque réel : la perte du contact humain, élément pourtant central dans la confiance et la relation client.

C’est un point tout à fait légitime, qui revient souvent dans les discussions sur la digitalisation, que ce soit dans la finance, l’administration ou même le commerce. La banque digitale, les FinTechs, les services automatisés offrent énormément de confort et d’efficacité, mais ils posent quand même un vrai dilemme : La déshumanisation.

Les clients ne voient plus de conseillers en chair et en os ; tout se fait via les applications, chatbot ou interface digitale. Les interactions humaines, les conseils personnalisés ou la simple dimension empathique disparait. Ce lien humain est pourtant aussi essentiel pour évaluer les besoins réels d’un client et détecter les situations de vulnérabilité.

La technologie valorise la vitesse et l’efficacité au détriment du dialogue et de l’écoute. Dans certains secteurs (santé, services financiers, éducation), cela peut affaiblir la confiance et la cohésion sociale. La dépendance aux machines et autres algorithmes peut créer un déséquilibre, entre ceux qui maîtrisent la tech et les autres, accentuant les inégalités.

Le phénomène dépasse la banque. Dans la santé, l’éducation ou les services publics, la technologie favorise la rapidité, mais peut affaiblir le lien social. L’obsession de l’efficacité transforme les interactions humaines en transactions froides et standardisées. De plus, la dépendance aux algorithmes crée un déclassement technologique : ceux qui maîtrisent la tech avancée bénéficient pleinement des services, tandis que les autres se retrouvent marginalisés.

Le futur du monde économique pourrait bien être façonné par ces acteurs digitaux. Leur avance technologique, leur agilité et leur proximité avec les usages quotidiens leur donnent un avantage décisif. Cependant, l’histoire n’est pas écrite. Les régulateurs, comme la BCEAO en Afrique de l’Ouest ou la BCE en Europe, auront le rôle crucial d’éviter que l’innovation ne devienne un risque systémique. De leur côté, les banques traditionnelles ne sont pas condamnées, car elles disposent d’un capital confiance et d’une expertise, encore irremplaçables.

Le monde économique d’aujourd’hui appartient déjà, en partie, aux fintechs. Celui de demain dépendra de la capacité des banques et des régulateurs à rattraper leur retard… ou à choisir de marcher aux côtés de ces nouveaux géants du clic.

L’illusion de la proximité

Les réseaux sociaux, services digitaux et assistants virtuels, donnent l’impression de proximité, mais c’est souvent une relation unilatérale ou médiatisée par un écran. Dans la banque, la santé, l’éducation ou le commerce, cette illusion peut masquer la vraie qualité du service ou du soutien. Les décisions basées sur l’IA ou les algorithmes (scoring de crédit, recommandations financières, tri des candidatures) sont rapides et efficaces. Mais elles suppriment le discernement humain, les nuances et la capacité à comprendre des situations uniques ou fragiles.

Cela peut entraîner des décisions injustes ou déshumanisantes sans qu’on s’en rende compte. Si tout devient transactionnel et numérique, les interactions humaines deviennent superficielles.

Le risque est grand de perdre de la solidarité dès lors que la dépendance à la technologie creuse les inégalités entre ceux qui maîtrisent la tech bénéficient pleinement, les autres qui du coup sont marginalisés. Les enfants et jeunes générations grandissent avec moins d’occasions d’apprentissage de l’empathie et de la communication réelle.

À l’ère numérique, nous sommes constamment connectés, mais paradoxalement, de nombreuses études révèlent une augmentation de la solitude et du sentiment d’isolement. Paradoxalement, être connecté en permanence ne protège pas de la solitude. Une étude menée en France a révélé que 62 % des jeunes de 18 à 24 ans se sentent régulièrement seuls, une situation exacerbée par la crise du Covid-19 (Le Monde.fr). Une enquête en Belgique a montré aussi que 54 % des jeunes entre 20 et 34 ans se sentent seuls (Mutualité chrétienne).

Ces chiffres suggèrent que, malgré une hyper-connectivité apparente, les individus, en particulier les jeunes, éprouvent une déconnexion émotionnelle croissante.

L’utilisation excessive des technologies numériques est également corrélée à des problèmes de santé mentale. Au Canada, une étude a révélé que les personnes passant plus de 20 heures par semaine sur Internet avaient une santé mentale perçue comme moins bonne que celles passant moins de temps en ligne (Statistique Canada). Une autre étude a montré que 90 % des jeunes isolés présentent au moins un trouble psychologique, tel que le stress, l’anxiété ou la dépression (prigenteliott.substack.com).

Ces données soulignent la nécessité de trouver un équilibre, entre l’utilisation des technologies, et le maintien de relations humaines authentiques pour préserver la santé mentale.

Demain appartient-il déjà aux fintechs ?

Dans le monde du travail, la digitalisation a transformé les interactions humaines. D’ailleurs, une étude a révélé que plus de la moitié des répondants considéraient que la technologie avait pour effet de déshumaniser la société, et diminuait les liens qu’ils entretenaient avec le monde réel (Randstad). Cette tendance est également observée dans les services à la clientèle, où l’automatisation et l’IA remplacent souvent les interactions humaines, réduisant ainsi l’empathie et la personnalisation du service.

Dans le service client, l’automatisation réduit l’empathie et la personnalisation. La rapidité et l’efficacité numériques ont donc un coût social et émotionnel. C’est le prix à payer. La fracture numérique qui en découle se mesure à l’aune des populations rurales, personnes âgées ou à faibles revenus. Ces derniers ont souvent un accès limité aux technologies renforçant ainsi l’isolement et les inégalités sociales.

La technologie peut enrichir nos vies et accélérer les services, mais si elle supprime le lien humain fondamental, elle risque de transformer la société en un réseau froid d’interactions superficielles. L’avenir sera humain ou ne sera pas.

Malick Ndaw

(Source : Le Journal de l’Economie sénégalaise, 28 novembre 2025)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6416/7501 Régulation des télécoms
  • 525/7501 Télécentres/Cybercentres
  • 5648/7501 Economie numérique
  • 2833/7501 Politique nationale
  • 7345/7501 Fintech
  • 780/7501 Noms de domaine
  • 2942/7501 Produits et services
  • 2256/7501 Faits divers/Contentieux
  • 1167/7501 Nouveau site web
  • 7501/7501 Infrastructures
  • 2618/7501 TIC pour l’éducation
  • 286/7501 Recherche
  • 365/7501 Projet
  • 4842/7501 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2653/7501 Sonatel/Orange
  • 2501/7501 Licences de télécommunications
  • 424/7501 Sudatel/Expresso
  • 1768/7501 Régulation des médias
  • 1956/7501 Applications
  • 1605/7501 Mouvements sociaux
  • 2554/7501 Données personnelles
  • 189/7501 Big Data/Données ouvertes
  • 898/7501 Mouvement consumériste
  • 545/7501 Médias
  • 966/7501 Appels internationaux entrants
  • 2701/7501 Formation
  • 139/7501 Logiciel libre
  • 3152/7501 Politiques africaines
  • 1887/7501 Fiscalité
  • 254/7501 Art et culture
  • 876/7501 Genre
  • 2463/7501 Point de vue
  • 1502/7501 Commerce électronique
  • 2279/7501 Manifestation
  • 538/7501 Presse en ligne
  • 186/7501 Piratage
  • 309/7501 Téléservices
  • 1453/7501 Biométrie/Identité numérique
  • 466/7501 Environnement/Santé
  • 568/7501 Législation/Réglementation
  • 648/7501 Gouvernance
  • 2626/7501 Portrait/Entretien
  • 218/7501 Radio
  • 1084/7501 TIC pour la santé
  • 410/7501 Propriété intellectuelle
  • 91/7501 Langues/Localisation
  • 1643/7501 Médias/Réseaux sociaux
  • 2861/7501 Téléphonie
  • 289/7501 Désengagement de l’Etat
  • 1521/7501 Internet
  • 174/7501 Collectivités locales
  • 668/7501 Dédouanement électronique
  • 1694/7501 Usages et comportements
  • 1553/7501 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 828/7501 Audiovisuel
  • 4972/7501 Transformation digitale
  • 584/7501 Affaire Global Voice
  • 299/7501 Géomatique/Géolocalisation
  • 473/7501 Service universel
  • 1009/7501 Sentel/Tigo
  • 269/7501 Vie politique
  • 2289/7501 Distinction/Nomination
  • 52/7501 Handicapés
  • 1036/7501 Enseignement à distance
  • 1018/7501 Contenus numériques
  • 888/7501 Gestion de l’ARTP
  • 272/7501 Radios communautaires
  • 2838/7501 Qualité de service
  • 645/7501 Privatisation/Libéralisation
  • 200/7501 SMSI
  • 693/7501 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4022/7501 Innovation/Entreprenariat
  • 2080/7501 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 71/7501 Internet des objets
  • 259/7501 Free Sénégal
  • 875/7501 Intelligence artificielle
  • 298/7501 Editorial
  • 68/7501 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous