OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Avril 2025 > Radiations télécoms et cancer : une nouvelle étude financée par l’OMS (…)

Radiations télécoms et cancer : une nouvelle étude financée par l’OMS relance le débat

mercredi 30 avril 2025

Environnement/Santé

Le développement des télécoms dans le monde ne s’est pas toujours fait sans heurts. Des craintes non confirmées sur la dangerosité de la technologie ont parfois donné lieu à de farouches oppositions à son déploiement. Depuis 2020, l’inquiétude est portée sur la 5G qui promet de nombreuses opportunités économiques.

Une étude coordonnée par une équipe internationale de chercheurs révèle que l’exposition aux ondes des téléphones mobiles (RF EMF) pourrait augmenter certains cancers chez les animaux de laboratoire. Il s’agit de fréquences utilisées aussi bien pour la technologie sans fil WCDMA, TDMA, CDMA que GSM 3G et 4G. Publiée en avril 2025 dans la revue Environment International, cette étude financée en partie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a passé au crible 52 recherches expérimentales menées sur des rats et souris entre 1978 et 2020. Elle a évalué des décennies de données pour mieux comprendre les effets des radiations électromagnétiques sur la santé, dans un contexte mondial d’expansion de la 5G et des technologies sans fil, requérant de nouvelles fréquences.

En Afrique, la 5G mobile est déjà opérationnelle dans une quinzaine de pays. Selon ses spécifications techniques, la technologie peut réutiliser des fréquences dites bandes classiques ou basses, allouées pour les générations précédentes (700 à 2600 MHz) ; la bande dédiée autour de 3,5 GHz (3,4 - 3,8 GHz) et des fréquences plus élevées avec des bandes plus larges appelées fréquences millimétriques (26 GHz). Des fréquences supérieures sont également à l’étude. La 5G fonctionne sur un réseau d’antennes de type Massive MIMO (Multi Input Multi Output massif), groupement d’un grand nombre d’antennes élémentaires permettant de focaliser l’énergie dans des faisceaux d’émission étroits, orientés vers les utilisateurs à l’instant où ils en ont besoin. Au Nigeria, l’annonce de la 5G en 2020 avait suscité une vive inquiétude. Pour rassurer la population, le Sénat avait commandé une enquête sanitaire qui avait conclu à la sécurité de la technologie.

Des tumeurs rares, mais significatives

L’étude identifie deux types de cancers présentant un niveau de preuve « élevé » chez les animaux exposés à des radiofréquences (RF EMF) : les schwannomes malins, des tumeurs rares des nerfs périphériques, et les gliomes, des tumeurs cérébrales. Ces résultats reposent principalement sur deux études phares. La première, dans le cadre du National Toxicology Program américain (NTP), a exposé des rats Sprague Dawley à des ondes de 900 MHz (utilisées en 2G et 3G) à des niveaux dépassant largement les normes actuelles (6 watts par kilogramme, contre 0,08 W/kg autorisé en Europe). Après deux ans d’exposition quotidienne, 6 % des mâles ont développé des schwannomes cardiaques, contre zéro dans le groupe témoin. La seconde, conduite par l’Institut Ramazzini en Italie, a observé des résultats similaires à des doses bien plus faibles (0,1 W/kg), proches des limites réglementaires.

Ces tumeurs rares, mais qui apparaissent chez deux espèces différentes et dans des conditions d’exposition variées sont considérées par les chercheurs comme matière à approfondissement. L’étude note aussi une hausse modérée des lymphomes (cancers du système immunitaire) chez certaines souris, ainsi que des tumeurs des glandes surrénales et du foie. En revanche, aucun risque accru n’a été confirmé pour les cancers digestifs, rénaux ou mammaires. Les experts précisent que ces conclusions restent préliminaires et nécessitent des vérifications.

Un mécanisme encore mystérieux

Si le lien statistique est établi chez l’animal, les chercheurs avouent leur perplexité face aux mécanismes biologiques en jeu. Les ondes des télécoms, non ionisantes, ne portent théoriquement pas assez d’énergie pour endommager directement l’ADN. L’hypothèse privilégiée est celle d’un stress oxydatif : les champs électromagnétiques perturberaient l’équilibre des cellules, générant des radicaux libres susceptibles de favoriser des mutations. Des marqueurs de stress oxydatif ont été observés dans plusieurs études, même à faible dose.

Autre piste : un effet thermique subtil. Les normes actuelles, établies dans les années 1990, se fondent sur le seuil où les ondes provoquent un échauffement des tissus (4 W/kg). Or, l’étude du NTP a détecté des tumeurs à des niveaux inférieurs (1,5 W/kg), sans augmentation de température mesurable. Une hypothèse qui suggère que des effets non thermiques pourraient jouer un rôle, ce qui remet en cause les fondements des réglementations. Cependant, la traduction de ces résultats en une évaluation du risque pour l’homme reste complexe, reconnaissent les chercheurs, au regard des limites méthodologiques : exposition continue des animaux (jusqu’à 19 heures par jour), doses parfois extrêmes, ou variabilité des souches de rongeurs. De plus, seules 20 des 52 recherches analysées étaient des « bioessais chroniques » – le haut standard pour évaluer la cancérogénicité. Les autres études menées sur des animaux génétiquement modifiés offrent des preuves indirectes.

Un enjeu de santé publique

Ces travaux relancent toutefois le débat sur l’impact sanitaire de notre exposition quotidienne aux technologies sans fil. Une tendance qui est appelée à augmenter avec l’hyperconnexion en cours dans le monde. Bien que les niveaux d’exposition utilisés dans les études dépassent souvent ceux des usagers quotidiens, les experts appellent à la prudence, en particulier pour les enfants et les femmes enceintes. Les médecins recommandent d’éviter les expositions inutiles, ne pas dormir avec son téléphone à proximité, privilégier les kits mains libres, éviter les téléphones dans les poches de pantalons, désactiver le Wi-Fi la nuit, etc. En 2011, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classait déjà les RF EMF comme « potentiellement cancérigènes » pour l’homme, notamment en raison de suspicions sur les gliomes et les neurinomes de l’acoustique – des tumeurs proches des schwannomes. Malgré l’absence de preuves évidentes, du fait du faible nombre de recherches, l’organisme sanitaire préconisait aussi la prudence.

Du côté des assureurs, la menace des ondes électromagnétiques a été prise au sérieux. Depuis 2013, plusieurs réassureurs excluent les risques liés aux ondes électromagnétiques de leur police responsabilité civile, les jugeant « imprévisibles ».

Conscients des inquiétudes qui persistent, les chercheurs plaident pour des études complémentaires, notamment sur les effets cumulatifs des ondes et les fréquences utilisées par la 5G. Des modèles cellulaires humains pourraient aussi aider à mieux évaluer les risques sans recourir à l’expérimentation animale.

Muriel EDJO

(Source : Agence Ecofin, 30 avril 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6656/6656 Régulation des télécoms
  • 522/6656 Télécentres/Cybercentres
  • 3462/6656 Economie numérique
  • 2661/6656 Politique nationale
  • 6241/6656 Fintech
  • 520/6656 Noms de domaine
  • 1982/6656 Produits et services
  • 1487/6656 Faits divers/Contentieux
  • 762/6656 Nouveau site web
  • 5119/6656 Infrastructures
  • 1966/6656 TIC pour l’éducation
  • 197/6656 Recherche
  • 275/6656 Projet
  • 3843/6656 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1990/6656 Sonatel/Orange
  • 1604/6656 Licences de télécommunications
  • 277/6656 Sudatel/Expresso
  • 1030/6656 Régulation des médias
  • 1323/6656 Applications
  • 1073/6656 Mouvements sociaux
  • 1705/6656 Données personnelles
  • 127/6656 Big Data/Données ouvertes
  • 602/6656 Mouvement consumériste
  • 383/6656 Médias
  • 646/6656 Appels internationaux entrants
  • 1868/6656 Formation
  • 100/6656 Logiciel libre
  • 2154/6656 Politiques africaines
  • 1164/6656 Fiscalité
  • 181/6656 Art et culture
  • 614/6656 Genre
  • 2477/6656 Point de vue
  • 1238/6656 Commerce électronique
  • 1580/6656 Manifestation
  • 337/6656 Presse en ligne
  • 131/6656 Piratage
  • 247/6656 Téléservices
  • 927/6656 Biométrie/Identité numérique
  • 311/6656 Environnement/Santé
  • 346/6656 Législation/Réglementation
  • 359/6656 Gouvernance
  • 1807/6656 Portrait/Entretien
  • 164/6656 Radio
  • 744/6656 TIC pour la santé
  • 286/6656 Propriété intellectuelle
  • 64/6656 Langues/Localisation
  • 1081/6656 Médias/Réseaux sociaux
  • 2401/6656 Téléphonie
  • 191/6656 Désengagement de l’Etat
  • 1038/6656 Internet
  • 115/6656 Collectivités locales
  • 434/6656 Dédouanement électronique
  • 1181/6656 Usages et comportements
  • 1036/6656 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 606/6656 Audiovisuel
  • 3350/6656 Transformation digitale
  • 386/6656 Affaire Global Voice
  • 168/6656 Géomatique/Géolocalisation
  • 387/6656 Service universel
  • 672/6656 Sentel/Tigo
  • 188/6656 Vie politique
  • 1558/6656 Distinction/Nomination
  • 38/6656 Handicapés
  • 776/6656 Enseignement à distance
  • 701/6656 Contenus numériques
  • 591/6656 Gestion de l’ARTP
  • 210/6656 Radios communautaires
  • 1902/6656 Qualité de service
  • 506/6656 Privatisation/Libéralisation
  • 182/6656 SMSI
  • 534/6656 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2861/6656 Innovation/Entreprenariat
  • 1363/6656 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/6656 Internet des objets
  • 172/6656 Free Sénégal
  • 599/6656 Intelligence artificielle
  • 199/6656 Editorial
  • 4/6656 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/6656 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous