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Accueil > Ressources > Points de vue > 2023 > Quand le Sénégal confie sa souveraineté numérique à Cap Vert Telecom

Quand le Sénégal confie sa souveraineté numérique à Cap Vert Telecom

mercredi 17 mai 2023

Point de vue

Lors de son discours d’inauguration du Datacenter de Diamniadio, le 21 juin 2021, le Directeur général de l’Agence de l’informatique de l’Etat du Sénégal - ADIE, voulant mettre en exergue la cohérence des actes posés par son administration, a mentionné l’atterrissement d’un nouveau câble sous-marin dédié au besoin du gouvernement et venant renforcer les dispositifs déployés par son Agence déclare : « Ce Datacenter est le lieu d’impulsion de la transformation digitale du Sénégal : il est connecté à la fibre optique de l’Etat qui maille le territoire national en 6 000 km mais aussi au câble sous-marin dont l’arrivée est prévue en fin 2021 et qui va renforcer la capacité internet de notre pays avec plus de 100 Gb/s extensible en 16 Tb/s ; il favorise le fonctionnement du guichet unique Sénégal Services présent dans tous les départements et où les citoyens peuvent disposer de l’ensemble des services de l’administration ». Sur le site de ladite agence, cette même déclaration est faite et on peut y lire que l’État du Sénégal a investi dans une démarche globale d’édification d’infrastructures numériques de dernière génération, à travers le programme Smart Sénégal, dont le câble et le Datacenter de Diamniadio.

Six mois plus tard, le 16 Décembre 2021, Cheikh BAKHOUM, DG de l’ADIE, annonçait avec fierté sur sa page Facebook la finalisation de la première étape de la mise en service dudit câble, à savoir son atterrissement sur le territoire sénégalais. Il en profitait également pour donner plus de détails techniques au grand public et informait du raccordement aux iles du Cap Vert, en déclarant que : « l’Etat du Sénégal qui a entièrement investi dans cet accès direct au câble sous-marin sur une distance de 720 km soit la distance entre Dakar et Praia. À partir du Cap-Vert, on est branché sur le câble Ellalink qui relie le Brésil au Portugal. »

Selon le DG de l’ADIE, il s’agirait du « premier câble optique sous-marin entièrement détenu par l’État sénégalais » et le présente comme « une grande opportunité stratégique au Sénégal et à la région ouest-africaine d’avoir plus de capacité Internet et une meilleure résilience ».

Mais que pouvons nous retenir de cela ?

Tout d’abord, il faut relever que le Datacenter de Diamniadio, contrairement à ce que l’ADIE dit et fait dire au Président de la République, n’est pas un projet du Programme Smart Sénégal.

En effet, dès 2014 un appel d’offre était publié dans le Soleil (20 janvier 2014) visant à recruter une société pour la mise en place d’une infrastructure convergente dans le contexte de l’impérieuse nécessité de basculer de l’analogique au numérique dans le domaine de l’audiovisuel. Pour mémoire, cette démarche été lancé sous l’égide du CONTAN présidé par feu Babacar TOURE et dirigé par Amadou TOP, logé à la Présidence de la République. C’est à l’issu de ce processus de sélection que la société HUAWEI et la coopération chinoise signaient un contrat avec l’Etat du Sénégal pour l’extension de la fibre optique dédié à l’administration et la mise en place d’un Datacenter, pour un montant total de 83 millions de dollars. C’est sur cette initiative de 2014 qu’a été inauguré en juin 2021 le Datacenter de Diamniadio.

Le projet Smart Sénégal, quant à lui, a débuté en 2016. Financé à hauteur de 150 millions de dollars, il est composé de cinq composantes dont une dédiée à la mise en service d’un câble sous-marin. Tout d’abord, HUAWEI a amené dans son offre la compagnie MainOne, afin de se raccorder à son câble qui passe à environ 200km des côtes sénégalaises. Cependant, lorsque le groupe Orange a conclu un accord avec MainOne pour atterrir à Dakar et Abidjan, les négociations avec MainOne ont pris fin. Dans l’offre de MainOne via HUAWEI il s’agissait :

  1. Que MAINONE connecte le câble construit par HUAWEI à son Unité de branchement pour :
    • des frais de connexion de 2x 10 Go à 7,2 millions de dollars ;
    • Et un cout Incrémentiel de 10 Go jusqu’à 100 Go à 1,0 million de dollars chacun.
  2. De créer un partenariat avec l’ADIE pour gérer le remboursement ;
  3. De faire transférer par l’ADIE ses droits d’exploitation à ce partenariat.

Dans un second temps, une opportunité a été ouverte pour négocier avec GLOBALCOM, société nigériane et faire atterrir son câble « GLO1 » à Dakar en se connectant à son unité de branchement (BU) situé à 176 Km en mer. Les négociations ont abouti à la signature d’un contrat entre l’ADIE et GLOBALCOM pour un montant de 20 millions de dollars (soit près de Onze milliards de FCFA), comprenant :

  1. la construction d’une station d’atterrissage à Dakar et l’installation d’un câble jusqu’à la BU par le projet Smart Sénégal ;
  2. la mise à disposition gratuite par Glo1 d’une longueur d’onde de Dakar à Bude au Royaume Uni ;
  3. l’achat d’une capacité Internet en IRU (Droit Irrévocable d’Usage) pour 15 ans au montant fixe de 7 millions de dollars pour 200 Gbps ou de 5 millions de dollars pour 100 Gbps, par l’ADIE auprès de GLOBALCOM ;
  4. la résilience du système par GLOBALCOM à travers :
    • la création d’une route de Dakar à Lagos via Accra en cas de coupure de la liaison Dakar Bude ;
    • à la voie express du réseau de Glo1 de Lagos à Bude ;
    • une assurance de continuité de service, en cas d’indisponibilité total de cette infrastructure, via ACE sous réserve que l’ADIE crée une liaison entre la station d’atterrissage et celle d’ACE sis à Ouakam ;
  5. la participation à la maintenance annuelle du système avec un contrat ACMA dont un bateau est permanemment accosté aux iles du Cap-Vert avec du matériel de rechange, financé par l’ADIE.

En outre, le principe de gérer ce contrat en Accès Ouvert (OpenAcess) avec tous les opérateurs titulaires de licence et les Fournisseurs d’Accès Internet avait commencé à être mis en place. On nous annonce aujourd’hui un projet de câble sous-marin dénommé SHARE reliant les îles du Cap Vert, renonçant par la même à ce que le Sénégal détienne sa propre longueur d’onde de Dakar au Royaume Uni. De plus, une capacité de transport de 200 Gbps est scandé mais qu’en est-il vraiment de la capacité internet ? Analysons plus en profondeur cette solution.

Le câble « SHARE » pour Sénégal Horn of Africa Regional Express consiste en un câble de 720 Km qui relie Dakar à Praia et dont les travaux ont démarré depuis mai 2020 d’après les déclarations de l’Agence Ecofin (MOE : Huawei Marine Networks, HMN). Au niveau du Cap Vert, SHARE doit être raccordé au câble ELLALINK, qui relie le Brésil au Portugal en permettant un accès aux Iles du Cap-Vert et au Maroc. La connexion du Cap-Vert au câble ELLALINK découle d’un financement de 25 millions de dollars de la Banque européenne d’investissement (BEI) octroyé en juillet 2019 à la société Cabo Verde Telecom, l’opérateur historique des télécommunications du Cap-Vert. La problématique de ce projet étant que SHARE ne sera pas raccordé directement à ELLALINK mais aux infrastructures de Cabo Verde Telecom. En effet, 500km de câbles supplémentaires auraient été nécessaires à SHARE pour obtenir un raccordement direct.

Il est évident, dans ces conditions, de comprendre que l’ADIE a choisi de confier la connexion internet du gouvernement et de l’administration du Sénégal à l’opérateur de télécommunications des Iles du Cap vert. Ce choix a été pris en dépit des autres options mentionnées, à savoir : d’avoir sa propre souveraineté grâce à la longueur d’onde attribuée par Glo1 ou simplement de prendre la capacité sur ACE, consortium dont le Groupe SONATEL et Expresso (Via DOLPHIN), qui sont des sociétés de droit sénégalais, sont membres et dont la station de transit du câble est sur le territoire national à Ouakam.

Par ailleurs, des questions cruciales restent sans réponse à ce jour pour comprendre le choix de ce gouvernement :

– Combien a couté la construction de SHARE dans le projet Smart Sénégal ?
– Quel type de contrat lie l’ADIE à Capverde Telecom ? Un Contrat IRU ? Si oui quelle est la capacité souscrite, sa durée et le montant ?
– En cas de coupure sur quel mécanisme de continuité de service Capverde Telecom s’engage ?

Le ministre de la Communication, des Télécommunication et l’Economie numérique déclare que « Le 16 mai prochain, le président de la République va mettre en service le nouveau câble sous-marin 100% sénégalais, une première dans l’histoire du pays ». Aux regards de ce qui est dit précédemment, vous aurez compris que la souveraineté numérique du gouvernement du Sénégal et de son administration a été confiée aux Iles du Cap-Vert … Mais heureusement pas celle du SENEGAL !

La leçon à tirer, Monsieur le Ministre et Monsieur le DG de SENUM, est qu’au Sénégal, à chaque fois qu’une structure s’occupe d’activités qui ne sont pas de sa compétence c’est un échec. J’ai beau lire et relire les lois et décrets suivants, je ne trouve nulle part une quelconque prérogative de l’ADIE ou du SENUM dans l’opérationnalisation et/ou l’offre d’Internet au Sénégal, alors que les missions qui lui sont assignées sont très loin d’être réalisées :

– la loi 2018-28 du 12 décembre 2018 portant Code des Communications électroniques ;
– la loi n° 2021-39 du 13 décembre 2021 autorisant la création de la Société anonyme dénommé « Sénégal Numérique (SENUM SA) » ;
– le Décret n° 2022-247 du 15 février 2022 portant approbation des statuts de la Société nationale Sénégal Numérique (SENUM SA) ;
– le décret n° 2011-1158 en date du 17 août 2011 modifiant le décret n° 2004-1038 du 23 juillet 2004 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE).

A vos plumes, nous attendons vos réponses.

Alassane Blaise DIAGNE
Commissaire en charge du Numérique de PASTEF
Coordonnateur de la Commission Numérique MONCAP-PASTEF

(Source : Facebook, 17 mai 2023)

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