Qualité de services télécoms : le Gabon s’attaque au vandalisme des câbles
jeudi 27 août 2026
La problématique de la qualité des services télécoms est commune à plusieurs pays africains. Elle s’explique par plusieurs facteurs comme les coupures d’électricité, les pannes de réseau, la saturation des équipements, les difficultés de maintenance…
Au Gabon, le gouvernement a décidé de renforcer la répression contre le vandalisme des câbles de cuivre, un phénomène qui perturbe le réseau Internet national. L’initiative intervient dans un contexte où les autorités cherchent à solutionner la problématique de la qualité de service décriée par les consommateurs.
Cela a été annoncé dans un communiqué du gouvernement daté du mardi 25 août et lu à la chaîne de télévision nationale Gabon 1ère par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Charles Edgar Mombo. La riposte globale enclenchée est axée autour de directives fermes adressées aux forces de défense et de sécurité pour traquer les voleurs et les receleurs, de l’application rigoureuse des lourdes sanctions du Code pénal contre la destruction d’infrastructures publiques, ainsi que d’un filtrage douanier renforcé dans les ports pour bloquer l’exportation clandestine du métal volé.
Quand le vandalisme plombe directement la qualité de service
Le vandalisme des infrastructures télécoms peut directement aggraver ces perturbations. Lorsqu’un câble de cuivre est sectionné ou arraché, les lignes qu’il transporte sont interrompues, ce qui peut entraîner une coupure des services qui en dépendent. La fibre optique est encore plus sensible à ce type de dégradation : une coupure physique rompt la transmission des données entre les équipements du réseau et peut interrompre les connexions des utilisateurs situés en aval.
Les opérateurs doivent alors localiser la portion détériorée, sécuriser la zone et procéder aux réparations ou au remplacement du câble. La durée de l’intervention dépend alors de l’ampleur des dégâts et de l’accessibilité de l’infrastructure. À l’échelle du réseau, la multiplication de ces incidents peut ainsi mobiliser les équipes techniques, augmenter les coûts de maintenance et prolonger les interruptions de service.
Un cadre juridique déjà établi
Ce n’est pas maintenant que les autorités gabonaises découvrent l’importance des câbles de cuivre ou de fibre optique et la nécessité de les protéger. Le cadre légal prévoit déjà plusieurs dispositions visant à sanctionner les atteintes aux infrastructures de communications électroniques.
Ainsi, la Loi N° 026/2018 du 17/10/2019 portant réglementation des communications électroniques en République Gabonaise prévoit des sanctions en fonction de la nature des faits commis. L’article 120 punit de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 5 millions FCFA (environ 8 892 USD) 50 millions FCFA, ou de l’une de ces deux peines seulement, toute personne qui cause volontairement, par quelque moyen que ce soit, l’interruption des communications électroniques.
L’article 121 cible pour sa part la soustraction frauduleuse de conducteurs à l’occasion d’une participation directe ou indirecte à un service de communications électroniques. Les faits sont passibles d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 5 à 25 millions FCFA, ou de l’une de ces deux peines seulement.
La fibre optique fait l’objet d’une disposition spécifique. Selon l’article 123, toute personne qui rompt volontairement un câble à fibre optique, ou le détériore ou tente de le détériorer de manière à interrompre tout ou partie des communications électroniques, encourt une peine de deux à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 500 à 800 millions FCFA, ou l’une de ces deux peines seulement.
La problématique de la mise en œuvre
Reste à savoir si le renforcement de la répression permettra de véritablement réduire les actes de vandalisme et, surtout, si les sanctions prévues par la loi seront effectivement appliquées aux auteurs et aux receleurs. L’existence d’un cadre juridique suffisamment dissuasif ne garantit pas, à elle seule, la diminution des dégradations. La situation observée en Gambie illustre cette difficulté, où les vols et dégradations d’infrastructures de télécommunications continuent de représenter un problème malgré l’existence de dispositions destinées à les sanctionner.
Par ailleurs, les particuliers ne sont pas les seuls acteurs susceptibles d’endommager les infrastructures de télécommunications. Les travaux de voirie et les chantiers publics peuvent également provoquer la rupture ou la détérioration de câbles de cuivre et de fibre optique. La question est d’autant plus importante lorsque ces interventions sont conduites par des acteurs publics.
Dans des pays comme le Nigeria et le Ghana, les autorités cherchent à renforcer la coordination entre les opérateurs télécoms et les différentes agences impliquées dans les travaux afin de mieux protéger les infrastructures. La sensibilisation du grand public et l’encouragement au signalement des actes susceptibles d’endommager les réseaux ou même des cas de vandalisme font également partie des mesures mises en œuvre.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 27 août 2026)
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