Qualité de service : Telecom Namibia accélère la transition du cuivre vers la fibre optique
vendredi 12 juin 2026
Au cours des derniers mois, le réseau de l’opérateur historique namibien a été marqué par une succession de perturbations. L’entreprise est désormais sous pression, à la fois de ses abonnés et du régulateur des télécommunications.
La société publique Telecom Namibia (TN) a annoncé le mercredi 10 juin 2026 un accord avec l’opérateur de fibre optique Lightstruck afin d’accélérer l’adoption de cette technologie sur son réseau au détriment du cuivre. Ce partenariat, le deuxième du genre conclu en l’espace de deux semaines, s’inscrit dans les efforts de l’opérateur historique pour résoudre les problèmes de qualité de service auxquels il est confronté depuis plusieurs mois.
Le dernier accord repose sur un modèle d’infrastructure en accès ouvert, permettant à Telecom Namibia d’exploiter le réseau de fibre optique de son partenaire pour fournir des services Internet haut débit aux particuliers et aux entreprises. L’opérateur utilisera ainsi les infrastructures pour acheminer ses services IP jusqu’aux utilisateurs finaux, avec l’ambition d’améliorer la fiabilité et la qualité de la connectivité.
Quelques jours plus tôt, Telecom Namibia avait déjà conclu un accord similaire avec Demshi Investment Holdings. Dans le cadre de ce partenariat, l’opérateur historique s’appuiera sur le réseau de fibre optique en accès ouvert de Demshi pour fournir des services Internet à haut débit aux clients résidentiels et professionnels.
Le cuivre, un double défi pour Telecom Namibia
Cette accélération de la transition du cuivre vers la fibre optique intervient dans un contexte où les infrastructures en cuivre figurent parmi les principaux facteurs à l’origine des perturbations de service enregistrées par Telecom Namibia. Le réseau est confronté à une recrudescence des actes de vandalisme ainsi qu’à une hausse des activités criminelles liées au vol de câbles en cuivre. Plus de 80 cas ont été signalés en quatre mois, selon les autorités.
« En accélérant la transition des infrastructures en cuivre vers la fibre optique, Telecom Namibia réduit son exposition aux actifs les plus vulnérables aux vols, particulièrement dans les zones à risque », indique l’opérateur.
Au‑delà de ces enjeux sécuritaires, la migration vers la fibre répond également à un impératif de performance. De nombreux pays africains, à l’image de l’Éthiopie ou de l’Algérie, accélèrent déjà cette transition, le réseau cuivre étant aujourd’hui jugé inadapté aux usages numériques actuels. Conçu à l’origine pour la téléphonie, il offre des débits limités et reste sensible aux pannes. À l’inverse, la fibre optique permet la transmission de données à très haut débit, avec une qualité de service nettement supérieure.
« Parmi ses bénéfices, la fibre optique offre des débits (montants et descendants) très supérieurs à ceux pouvant être proposés sur le réseau cuivre, de 100 Mbit/s à plusieurs Gbit/s, et permet une meilleure qualité de service que le réseau cuivre. Le télétravail, les visioconférences, l’e‑éducation, la télémédecine et bien d’autres usages ont récemment accru la demande en débit », explique l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) de la France.
La fibre optique, entre promesses et défis
Il convient toutefois de préciser que, malgré ses nombreux atouts, la fibre optique n’est pas totalement à l’abri des incidents. Dans plusieurs pays africains, à l’image du Nigeria, du Cameroun, de la Gambie ou encore du Ghana, des actes de vandalisme sur les réseaux de fibre sont régulièrement signalés. Ces incidents ont des conséquences, non seulement sur la qualité de service, mais aussi en termes de pertes financières pour les opérateurs et les pouvoirs publics.
Ces incidents résultent de plusieurs facteurs, notamment des actes de malveillance, avec des vols commis par des particuliers visant parfois les infrastructures de télécommunications. Ils sont aussi liés à des dommages accidentels survenus lors de travaux publics ou de chantiers d’aménagement urbain. Dans de nombreux cas, les câbles de fibre optique sont sectionnés lors d’opérations de voirie ou de construction, en raison d’un manque de signalisation adéquate ou d’une coordination insuffisante entre les différents intervenants.
À travers le continent, plusieurs mesures sont mises en œuvre pour renforcer la protection des infrastructures de fibre optique. Elles combinent le durcissement des cadres juridiques pour sanctionner les actes de vandalisme et de vol, l’instauration d’amendes et de peines dissuasives, ainsi que la mise en place de mécanismes de coordination entre acteurs publics et privés pour mieux encadrer les travaux publics et les opérations d’excavation. Ces dispositifs sont complétés par des campagnes de sensibilisation destinées aux communautés locales et aux usagers.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 12 juin 2026)
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