Qualité de service : Airtel Tchad annonce des investissements, les autorités restent sceptiques
vendredi 26 juin 2026
Les autorités tchadiennes ont renforcé dernièrement la pression sur les opérateurs télécoms concernant la qualité de service. Une délégation de Maroc Telecom, maison mère de Moov Africa, a été reçue il y a quelques jours.
L’opérateur de téléphonie Airtel Tchad a présenté aux autorités un nouveau plan d’investissement pour améliorer la qualité des services fournis aux consommateurs face à la pression des consommateurs. Les autorités restent sceptiques, estimant que la société a l’habitude de présenter des plans similaires sans jamais les concrétiser.
C’était lors d’une réunion le mercredi 24 juin entre le ministre des Télécommunications, Haliki Choua Mahamat, et une délégation du groupe Airtel Africa, conduite par le responsable régional pour l’Afrique francophone Anwar Soussa. Le ministère a fait un compte rendu de la rencontre dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le jeudi 25 juin.
Brahim Nallar, directeur général d’Airtel Tchad, a indiqué que les infrastructures techniques de l’opérateur seront renforcées afin d’améliorer la qualité du réseau et d’introduire de nouveaux services. Aucun détail supplémentaire n’a toutefois été communiqué sur ce programme d’investissement.
Des promesses répétées
Airtel Tchad avait déjà présenté en septembre 2025 un plan d’investissement de 50 milliards de francs CFA (86,77 millions de dollars) destiné à améliorer la qualité de service. Ce programme, dont l’exécution s’étalait jusqu’en juin 2026, avait été soumis à l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP).
Selon le régulateur, le plan était structuré en trois phases. La première, à court terme, devait porter sur le renforcement des liaisons micro-ondes, le remplacement des générateurs vétustes, l’amélioration de la couverture 4G sur 89 sites, l’augmentation de la capacité du réseau de N’Djamena à 100G ainsi que la modernisation de la fibre.
La deuxième phase, dont l’échéance était fixée à fin janvier 2026, concerne le déploiement de la fibre optique reliant Massakory, Ati, Dop Dop et Abéché, l’extension de la couverture radio sur 306 sites supplémentaires, ainsi que la poursuite du projet de fibre métropolitaine à N’Djamena.
Enfin, la dernière étape devait porter sur la construction de 114 nouveaux sites dans les zones encore non couvertes, l’extension de la 4G sur 170 sites, le déploiement de la fibre entre Massakory et Rig Rig, ainsi que la mise en place d’un axe reliant N’Djamena à Sarh via Dourbali et Bousso. Cette phase prévoyait également le remplacement du cœur de réseau fourni par Ericsson par de nouveaux équipements Huawei.
Au-delà des annonces, l’heure des résultats
Dans ce contexte, les autorités tchadiennes attendent d’Airtel Tchad, au-delà des annonces, des résultats concrets en matière de satisfaction des consommateurs, d’accès au service et d’amélioration de la couverture réseau, notamment dans les zones reculées du pays.
Par ailleurs, le ministre a exhorté l’opérateur à revoir son mode de fonctionnement, jugé peu favorable à une amélioration rapide de la qualité de service. Selon lui, de nombreuses décisions opérationnelles restent soumises à validation du siège du groupe, ce qui ralentit la résolution des problèmes. Il a également critiqué le recours à la sous-traitance pour la gestion des équipements, le personnel technique ainsi que la maintenance des sites.
Concernant la fibre optique, le ministre a réaffirmé la nécessité pour Airtel Tchad de se raccorder à l’infrastructure déployée par l’État. Il a ajouté que les tronçons desservant l’Est et le Nord du pays devraient prochainement être mis en service.
Pour rappel, le gouvernement a récemment instauré une politique de « zéro tolérance » à l’égard des manquements des opérateurs télécoms. N’Djamena n’exclut pas, dans ce cadre, d’aller jusqu’au remplacement des dirigeants locaux des deux principaux opérateurs en l’absence d’amélioration notable. Le cadre juridique prévoit déjà un ensemble de sanctions graduées, allant de la mise en demeure à des amendes pouvant atteindre 5 % du chiffre d’affaires annuel (doublées en cas de récidive), ainsi que des mesures plus sévères telles que la suspension de licence pour un mois, la réduction de sa durée ou son retrait définitif.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 26 juin 2026)
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