Protection des données personnelles, vers la création d’une structure pour sécuriser les informations médicales des patients
jeudi 5 novembre 2026
À l’occasion de la Semaine de la santé numérique, les acteurs institutionnels et les partenaires techniques et financiers ont réaffirmé, lors d’une rencontre tenue hier, mercredi 4 novembre 2026, leur engagement à accélérer la transformation digitale du système de santé sénégalais. Entre sécurisation des données médicales, renforcement de la gouvernance, formation des professionnels, les échanges ont mis en lumière les enjeux d’une santé numérique accessible, inclusive et durable.
Prenant la parole au nom du ministère chargé du Numérique, Madiaw Diop a insisté sur le rôle stratégique des données dans le développement des services publics, particulièrement dans le secteur de la santé. Selon lui, les données constituent désormais une ressource fondamentale pour orienter les politiques publiques, améliorer les prestations sanitaires et accompagner les innovations technologiques, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA).
Il a également rappelé que la question des données médicales concerne directement les patients. En effet, ces derniers fréquentent souvent plusieurs structures sanitaires et doivent pouvoir bénéficier d’une meilleure gestion de leurs informations médicales, tout en sachant où elles sont hébergées, qui y a accès et comment elles sont protégées. Face à ces préoccupations, le ministère en charge du Numérique et celui de la Santé travaillent conjointement à la mise en place d’une infrastructure destinée à sécuriser et à héberger les données de santé. Pour Madiaw Diop, cette collaboration interministérielle est indispensable pour bâtir un système numérique fiable, capable de garantir la protection des informations personnelles des patients et de renforcer la confiance des citoyens
Selon Woré Fall, experte en charge de la Santé digitale chez ENABEL Sénégal, la Santé numérique consiste à introduire des technologies et des innovations afin d’accélérer l’amélioration de l’offre et de la qualité des soins. Elle a expliqué que l’engagement de l’agence de coopération belge (ENABEL) dans cette dynamique s’inscrit dans le cadre du portefeuille bilatéral 2019-2024 conclu entre le Sénégal et la Belgique.
À travers ce partenariat, l’agence accompagne l’État du Sénégal dans l’amélioration de l’organisation des soins, avec une attention particulière portée à la santé maternelle et néonatale. Cette contribution repose notamment sur une approche à double niveau : un accompagnement institutionnel au niveau central, à travers le renforcement de la gouvernance et du cadre réglementaire, et des interventions opérationnelles sur le terrain, à travers le déploiement de solutions numériques. La télémédecine, la digitalisation des établissements de santé et l’amélioration du parcours patient figurent parmi les principaux axes de cette intervention.
Toutefois, Woré Fall estime que la réussite de cette transformation ne dépend pas uniquement de la disponibilité des infrastructures et des équipements. Elle nécessite également une meilleure appropriation des outils par les populations et les professionnels de santé. Elle a notamment insisté sur l’importance de sensibiliser les citoyens aux notions d’interopérabilité, de consentement et de partage des données médicales. Pour elle, les populations doivent comprendre les changements engagés afin de pouvoir y adhérer et contribuer à la pérennisation des investissements réalisés.
(Source : Seneplus, 5 novembre 2026)
OSIRIS