Plateforme interopérable du Système de paiement instantané : La Bceao fixe les règles du jeu
lundi 5 octobre 2026
À la date du 30 septembre, la Plateforme interopérable du Système de paiement instantané (Pi-Spi) de l’Uemoa compte 175 structures connectées. Ainsi, à partir du 2 novembre 2026, les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l’Uemoa se font obligatoirement à travers cette infrastructure, avec une importante politique de gratuité.
La Plateforme interopérable du Système de paiement instantané (Pi-Spi) de l’Uemoa, lancée le 30 septembre 2025, compte à ce jour 175 participants connectés et permet à plus de 38 millions de personnes d’accéder aux services de paiement instantané. Au Sénégal, 43 structures sont connectées, soit le plus grand ratio par pays. Dans un communiqué daté du 2 octobre 2026, la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) définit les modalités de fonctionnement du système. Elle souligne qu’à compter du 2 novembre 2026, les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l’Uemoa sont obligatoirement réalisées par l’intermédiaire de la Plateforme interopérable Pi-Spi. À l’envoi, les transferts nationaux dont le montant cumulé quotidien est inférieur ou égal à 8.000 FCfa par utilisateur et par participant, sont gratuits, sans limitation du nombre d’opérations. À ce seuil, indique la Bceao, la gratuité couvre 75 % des transactions de monnaie électronique dans l’Uemoa. Les transferts nationaux quant à eux, d’un montant supérieur à 8.000 FCfa peuvent être soumis à des frais dont le taux, compris entre O et 0,8 %. Il est appliqué au montant hors taxes du transfert. À la réception, les transferts sont gratuits, sans aucune limite de montant ni de nombre d’opérations. La Bceao précise également que les conditions appliquées aux transactions de monnaie électronique entre les pays de l’Uemoa sont identiques à celles offertes aux transferts à l’échelle nationale. Ces nouvelles dispositions visent particulièrement à renforcer l’inclusion financière par un meilleur ciblage des populations susceptibles de bénéficier de la gratuité ; étendre la gratuité des transferts à l’échelle régionale ; et améliorer la qualité et la disponibilité des services et favoriser l’émergence de nouveaux usages. Pour Tossouve Renaude Martinie, professionnelle des paiements & de la monétique Banque, Fintech et Mobile Money, la véritable transformation ne réside pas uniquement dans la gratuité de certains transferts. Elle se trouve dans la capacité de l’écosystème à construire des paiements plus accessibles, instantanés, interopérables et disponibles, tout en permettant l’émergence de nouveaux usages. Pour les banques, établissements de paiement, établissements de monnaie électronique, fintechs et autres acteurs du paiement, elle considère que cela implique également de repenser les parcours clients, l’intégration des systèmes, la disponibilité des plateformes, la gestion des risques et de la fraude, l’expérience utilisateur et les modèles économiques liés aux paiements digitaux. « Pi-Spi n’est donc pas seulement un moyen de transférer de l’argent. C’est une infrastructure qui peut contribuer à transformer durablement l’écosystème des paiements dans l’Uemoa. Et pour les professionnels qui souhaitent évoluer dans les domaines du paiement digital, de l’interopérabilité et des systèmes de paiement, comprendre ces transformations devient essentiel », explique Tossouve Renaude Martinie.
Demba Dieng
(Source : Le Soleil, 5 octobre 2026)
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