OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mars 2026 > PI-SPI : 74 institutions autorisées : La carte bancaire se redessine

PI-SPI : 74 institutions autorisées : La carte bancaire se redessine

vendredi 6 mars 2026

Fintech

La liste des participants autorisés à ouvrir les services de PI-SPI (Paiement instantané) au public, lancés le 30 septembre 2025, est passée de 62 à 74 institutions. Au-delà de la liste brute, administrative, c’est une recomposition stratégique du paysage financier ouest-africain qui se dessine.

Une montée en puissance progressive

Huit pays apparaissent dans le dispositif : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo. Mais tous n’avancent pas au même rythme.

Le Sénégal (19 participants) et la Côte d’Ivoire (15) dominent largement. À l’inverse, la Guinée-Bissau et le Niger ne comptent que 4 établissements chacun.

Ce déséquilibre n’est pas anodin. Il reflète la profondeur des marchés bancaires, la maturité des infrastructures, et la capacité des acteurs à s’aligner rapidement sur les exigences du dispositif.

En clair : PI-SPI devient un révélateur de la densité financière des économies régionales.
Sénégal-Côte d’Ivoire

À première vue, ça semble contre-intuitif : la Côte d’Ivoire est la première économie de l’UEMOA, pourtant le Sénégal affiche davantage de participants autorisés à ouvrir PI-SPI (19 contre 15)

Mais le nombre d’acteurs ne reflète pas mécaniquement le poids économique et plusieurs facteurs peuvent expliquer cet écart.

D’abord, la structure du marché financier n’est pas la même. La Côte d’Ivoire a un marché bancaire plus concentré, des établissements de grande taille et une forte domination de banques historiques. Le Sénégal, lui, présente une plus grande diversité d’acteurs, davantage d’institutions de microfinance structurées et une présence fintech/mobile money particulièrement dynamique.

Autrement dit, la Côte d’Ivoire pèse plus en volume, le Sénégal pèse plus en diversité d’opérateurs.
Par ailleurs, le Sénégal abrite le siège de la BCEAO et plusieurs directions régionales de groupes. Cette centralité institutionnelle favorise souvent une adoption rapide des nouveaux dispositifs, un alignement réglementaire plus fluide, une mobilisation précoce des acteurs locaux. Être “au cœur du système” facilite l’intégration. Dakar est davantage le centre institutionnel et monétaire.

En revanche, en abritant la BRVM, l’Autorité des Marchés Financiers de l’UMOA (AMF-UMOA), le DC/BR – Dépositaire Central / Banque de Règlement, Abidjan est clairement le centre du marché des capitaux régional.

Cette dualité explique en partie pourquoi les deux pays jouent des rôles complémentaires dans l’écosystème financier ouest-africain.

L’effet mobile money

Le Sénégal est l’un des marchés les plus dynamiques en matière de monnaie électronique, interopérabilité, inclusion financière digitale. La présence d’acteurs comme Mixx Sénégal ou Touchpoint Financial Services traduit une ouverture plus large aux établissements non bancaires.

PI-SPI ne concerne pas que les banques traditionnelles (et c’est peut-être là que l’écart se creuse).

Autre hypothèse : les acteurs sénégalais pourraient avoir perçu plus tôt l’intérêt stratégique de PI-SPI : sécurisation des flux domestiques, réduction des coûts de transaction, avantage compétitif dans le paiement instantané.

Le nombre plus élevé pourrait refléter une dynamique d’adhésion rapide plutôt qu’un différentiel de puissance économique.

Les grands réseaux verrouillent le terrain

Certains noms reviennent dans la liste comme une signature régionale : BOA, Coris Bank, Ecobank, Orabank, UBA. Présents dans plusieurs pays, ces groupes transnationaux s’imposent comme les piliers du système. Leur stratégie est claire : sécuriser une couverture géographique maximale pour ne laisser aucun marché périphérique devenir un angle mort.

Ce maillage régional leur donne un avantage décisif : des économies d’échelle technologiques, une harmonisation des process, une capacité à accompagner les flux transfrontaliers. PI-SPI devient pour eux un levier d’intégration régionale.

L’irruption structurante des fintechs et mobile money

Autre signal fort : la présence croissante des acteurs de la monnaie électronique. On retrouve : Orange Money, Orange Bank Africa, Moov Money, Mixx Sénégal. Le message est limpide : le paiement instantané ne sera pas uniquement bancaire.

L’écosystème hybride (banques traditionnelles + fintechs + mobile money) est désormais institutionnalisé. Cela marque une rupture avec les logiques passées où les univers coexistaient plus qu’ils ne coopéraient.

Un paysage à plusieurs vitesses

Le nombre de participants par pays dessine une géographie économique : Sénégal et Côte d’Ivoire : pôles moteurs ; Mali et Burkina : marchés dynamiques mais intermédiaires ; Niger et Guinée-Bissau : intégration plus prudente ; Bénin et Togo : stabilisation autour d’acteurs solides.

Ce gradient traduit non seulement la taille des marchés, mais aussi leur niveau de formalisation financière et leur appétence pour l’innovation.

Ce que cela raconte vraiment

PI-SPI n’est pas qu’un dispositif technique. Il devient un instrument de souveraineté monétaire régionale, un accélérateur d’interopérabilité, un test grandeur nature de coopération financière en Afrique de l’Ouest.

Si la liste des participants ressemble à un simple inventaire, en réalité, elle trace la future architecture des flux économiques. Et dans cette architecture, ceux qui sont présents dès maintenant ne sont pas seulement autorisés à opérer. Ils sont positionnés pour structurer la prochaine phase de la transformation financière régionale.

Malick Ndaw

(Source : Le Journal de l’économie sénégalaise, 6 mars 2026)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4488/5125 Régulation des télécoms
  • 362/5125 Télécentres/Cybercentres
  • 3488/5125 Economie numérique
  • 1815/5125 Politique nationale
  • 5068/5125 Fintech
  • 529/5125 Noms de domaine
  • 1963/5125 Produits et services
  • 1541/5125 Faits divers/Contentieux
  • 785/5125 Nouveau site web
  • 5125/5125 Infrastructures
  • 1901/5125 TIC pour l’éducation
  • 263/5125 Recherche
  • 244/5125 Projet
  • 3628/5125 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2009/5125 Sonatel/Orange
  • 1638/5125 Licences de télécommunications
  • 293/5125 Sudatel/Expresso
  • 1035/5125 Régulation des médias
  • 1325/5125 Applications
  • 1110/5125 Mouvements sociaux
  • 1680/5125 Données personnelles
  • 152/5125 Big Data/Données ouvertes
  • 615/5125 Mouvement consumériste
  • 370/5125 Médias
  • 658/5125 Appels internationaux entrants
  • 1672/5125 Formation
  • 96/5125 Logiciel libre
  • 2117/5125 Politiques africaines
  • 1102/5125 Fiscalité
  • 183/5125 Art et culture
  • 601/5125 Genre
  • 1931/5125 Point de vue
  • 1043/5125 Commerce électronique
  • 1527/5125 Manifestation
  • 330/5125 Presse en ligne
  • 129/5125 Piratage
  • 218/5125 Téléservices
  • 1105/5125 Biométrie/Identité numérique
  • 321/5125 Environnement/Santé
  • 372/5125 Législation/Réglementation
  • 372/5125 Gouvernance
  • 1861/5125 Portrait/Entretien
  • 146/5125 Radio
  • 779/5125 TIC pour la santé
  • 287/5125 Propriété intellectuelle
  • 59/5125 Langues/Localisation
  • 1096/5125 Médias/Réseaux sociaux
  • 2049/5125 Téléphonie
  • 195/5125 Désengagement de l’Etat
  • 1054/5125 Internet
  • 118/5125 Collectivités locales
  • 417/5125 Dédouanement électronique
  • 1173/5125 Usages et comportements
  • 1050/5125 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 566/5125 Audiovisuel
  • 3404/5125 Transformation digitale
  • 399/5125 Affaire Global Voice
  • 175/5125 Géomatique/Géolocalisation
  • 341/5125 Service universel
  • 677/5125 Sentel/Tigo
  • 176/5125 Vie politique
  • 1627/5125 Distinction/Nomination
  • 34/5125 Handicapés
  • 705/5125 Enseignement à distance
  • 734/5125 Contenus numériques
  • 608/5125 Gestion de l’ARTP
  • 182/5125 Radios communautaires
  • 1829/5125 Qualité de service
  • 461/5125 Privatisation/Libéralisation
  • 139/5125 SMSI
  • 490/5125 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2817/5125 Innovation/Entreprenariat
  • 1372/5125 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 46/5125 Internet des objets
  • 172/5125 Free Sénégal
  • 883/5125 Intelligence artificielle
  • 199/5125 Editorial
  • 17/5125 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5125 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous