OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2019 > Décembre 2019 > Permis de conduire biométrique : Un projet illégal, couteux, excessif, (…)

Permis de conduire biométrique : Un projet illégal, couteux, excessif, intrusif et dangereux

lundi 2 décembre 2019

Données personnelles

Après la carte d’identité biométrique, le passeport biométrique, le Gouvernement du Sénégal est monté d’un palier supérieur en mettant en place un permis de conduire non seulement biométrique mais en plus médicale. Un fichier à la puissance jamais atteinte dans ce pays, sans aucune étude d’impact sur la vie privée des sénégalais.

Aucun pays démocratique au monde n’a osé franchir ce pas compte tenu des dangers pour la sécurité nationale et les droits fondamentaux des citoyens.

Cependant, au Sénégal, la Direction des transports routiers du Ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement a osé.

En effet, elle a réunie dans un seul fichier centralisé, en plus du groupe sanguin, le nom de famille, les prénoms, la date et le lieu de naissance, le genre, l’image numérisée du visage, des empreintes digitales, la signature et le domicile ou la résidence du titulaire. Un permis de conduire biométrique et médicale, une première au monde.

L’Agence de l’Informatique de l’Etat (ADIE) nous informe dans un article publié sur son site web qu’elle ne dispose que d’une sauvegarde de la base de données. En termes clairs, cette base de données biométrique et médicale n’est pas hébergée par les services de l’Etat du Sénégal.

Ce fichier centralisé, ayant dans une première étape 1­100 000 données biométriques et médicales, à terme 3­000­000, est probablement entre les mains de la société privée étrangère qui a gagné ce marché de 10 milliards de francs CFA pour la production et la gestion des titres de transport biométriques sécurisés.

La mise en place d’un tel fichier centralisé étant susceptible, par nature, de porter atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée, devait inciter la Commission des Données Personnelles (CDP) à placer la collecte et le traitement des données sensibles à un niveau de protection élevé.

Mais, comme d’habitude, la CDP se bouche les oreilles et ferme les yeux. Aucune information n’est publiée sur son site web sur le répertoire des traitements de données depuis 2015 et une demande d’extrait est restée sans diligence.

Aussi, la conclusion est que cette base de données biométriques et médicales de la Direction des transports routiers n’a pas été déclarée à la CDP.

Cette Direction a ainsi violée les articles 20, 35, 37 de la loi portant sur la Protection des données à caractère personnel.

Aucun traitement de données personnelles n’est secret au Sénégal, même ceux du Gouvernement relatifs à la sécurité nationale où à la défense nationale. Par conséquent, le Gouvernement, à l’instar des sociétés privées, à l’obligation conformément aux dispositions de la loi n°12/ 2008 et de l’Acte additionnel A/SA.1/01/10 de la CEDEAO portant sur la Protection des données à caractère personnel, de collecter et traiter des données personnelles dans des conditions respectueuses des droits et libertés du citoyen.

En sus de ces manquements, la privatisation de la gestion des bases de données biométriques et médicales du Gouvernement du Sénégal crée les conditions d’une servitude volontaire et peuvent être lourde de conséquences.

En outre, elles présentent la particularité de permettre à tout moment l’identification de toute personne sur la base d’une réalité biologique qui lui est propre, qui est permanente dans le temps et dont elle ne peut s’affranchir.

Les dérives administratives potentielles sont faciles à imaginer car des restrictions concernant l’accès et l’usage de ces données ne sont pas clairement définies.

En effet, en plus de la possible surveillance de masse automatisée des visages avec les caméras de surveillance­que le gouvernement est en train d’installer dans toutes les villes, il suffit, avec ces fichiers centralisés, de taper le nom d’une personne sur n’importe quel ordinateur de l’administration sénégalaise autorisé à y accéder pour obtenir immédiatement toutes les informations personnelles la concernant.

Cette approche du fichage numérique des citoyens inverse le processus jusque-là en place de ne ficher que les délinquants. Désormais, tous les citoyens sont potentiellement soupçonnés d’être des usurpateurs d’identité, des fraudeurs et des tricheurs.

De même qu’avec les fichiers des criminels, il est toujours possible de placer en face de chaque fiche, des détails sur le profil politique, économique, social et religieux.

Ainsi, ces fichiers peuvent être des atteintes graves et excessives au droit au respect de la vie privée et aux libertés individuelles, en sus d’être un abandon de souveraineté.

Le prétexte du Gouvernement pour créer ces bases de données, aussi dangereuses, qui n’existe que dans les dictatures, est la lutte contre l’usurpation d’identité et la sécurisation de la population.

Créer des dispositifs numériques pour améliorer la sécurité, est tout à fait compréhensible et acceptable. Cependant, était-il nécessaire de collecter des données biométriques et médicales pour atteindre cet objectif­ ? Assurément, non.

La conservation des données biométriques et médicales uniquement dans la puce insérée dans la carte d’identité et le permis de conduire était parfaitement adaptée à la lutte contre les usurpations d’identité, plutôt que de les centraliser dans une base de données.

Toute disposition légale est aménageable, modifiable au cours du temps aussi le cadre légal actuel encadrant ces systèmes numériques ne sont pas censés échapper à de probables changement de dispositions par le personnel politique au pouvoir ou tout future gouvernement.

Ces fichiers centralisés des citoyens nourrissent des craintes légitimes liées à la possibilité d’en faire un outil totalitaire de surveillance afin de contrôler la population. Rien ne peut garantir qu’un gouvernement peu soucieux des droits fondamentaux, voulant établir un régime policier, ne puisse un jour les utiliser. ­La possibilité de cibler n’importe quelle personne où catégorie de personnes, ou de créer des critères de discrimination de la population peut avoir des conséquences dramatiques.

Pire encore, un tel écosystème numérique avec des données aussi sensibles, qui est une menace pour les intérêts fondamentaux de la nation et des citoyens peut faire l’objet d’intrusions non désirées. Aucun système informatique n’est impénétrable. Toutes les bases de données peuvent être piratées. Ce n’est qu’une question de temps.

Au moment où la vie des sénégalais se numérise de plus en plus et qu’on tend vers la généralisation et la banalisation du recours à la biométrie et aux données médicales, l’inertie de la CDP est préoccupante.

Quant au Gouvernement, il est muet sur les probables utilisations de ces fichiers excepté sur le prétexte fourre-tout de la sécurité.

Les projets numériques biométriques et médicales ont un caractère de souveraineté nationale, un danger s’ils sont laissés entre les mains de quelques politiciens et techniciens enfermés dans leur laboratoire. Aussi, l’encadrement des usages publics de la biométrie est d’une urgente nécessité.

Le débat est posé. Nous sommes tous concernés et interpellés.

Fait à Dakar, le 02/ 12 / 2019
Le Président Ndiaga Guèye

(Source : ASUTIC, 2 décembre 2019)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2157/2471 Régulation des télécoms
  • 173/2471 Télécentres/Cybercentres
  • 1653/2471 Economie numérique
  • 870/2471 Politique nationale
  • 2471/2471 Fintech
  • 256/2471 Noms de domaine
  • 943/2471 Produits et services
  • 726/2471 Faits divers/Contentieux
  • 368/2471 Nouveau site web
  • 2409/2471 Infrastructures
  • 858/2471 TIC pour l’éducation
  • 93/2471 Recherche
  • 121/2471 Projet
  • 1636/2471 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 926/2471 Sonatel/Orange
  • 792/2471 Licences de télécommunications
  • 137/2471 Sudatel/Expresso
  • 500/2471 Régulation des médias
  • 655/2471 Applications
  • 524/2471 Mouvements sociaux
  • 819/2471 Données personnelles
  • 63/2471 Big Data/Données ouvertes
  • 296/2471 Mouvement consumériste
  • 180/2471 Médias
  • 321/2471 Appels internationaux entrants
  • 806/2471 Formation
  • 47/2471 Logiciel libre
  • 1013/2471 Politiques africaines
  • 488/2471 Fiscalité
  • 83/2471 Art et culture
  • 290/2471 Genre
  • 846/2471 Point de vue
  • 524/2471 Commerce électronique
  • 731/2471 Manifestation
  • 159/2471 Presse en ligne
  • 62/2471 Piratage
  • 102/2471 Téléservices
  • 455/2471 Biométrie/Identité numérique
  • 153/2471 Environnement/Santé
  • 168/2471 Législation/Réglementation
  • 176/2471 Gouvernance
  • 877/2471 Portrait/Entretien
  • 72/2471 Radio
  • 373/2471 TIC pour la santé
  • 138/2471 Propriété intellectuelle
  • 29/2471 Langues/Localisation
  • 536/2471 Médias/Réseaux sociaux
  • 972/2471 Téléphonie
  • 95/2471 Désengagement de l’Etat
  • 508/2471 Internet
  • 57/2471 Collectivités locales
  • 206/2471 Dédouanement électronique
  • 548/2471 Usages et comportements
  • 513/2471 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 275/2471 Audiovisuel
  • 1556/2471 Transformation digitale
  • 191/2471 Affaire Global Voice
  • 78/2471 Géomatique/Géolocalisation
  • 159/2471 Service universel
  • 330/2471 Sentel/Tigo
  • 87/2471 Vie politique
  • 766/2471 Distinction/Nomination
  • 17/2471 Handicapés
  • 348/2471 Enseignement à distance
  • 341/2471 Contenus numériques
  • 292/2471 Gestion de l’ARTP
  • 89/2471 Radios communautaires
  • 882/2471 Qualité de service
  • 216/2471 Privatisation/Libéralisation
  • 66/2471 SMSI
  • 239/2471 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1436/2471 Innovation/Entreprenariat
  • 670/2471 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2471 Internet des objets
  • 85/2471 Free Sénégal
  • 294/2471 Intelligence artificielle
  • 97/2471 Editorial
  • 2/2471 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2471 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous