Paludisme : le Bénin intègre l’IA dans son dispositif national de diagnostic
mardi 8 septembre 2026
Le paludisme reste l’un des principaux défis sanitaires du Bénin, malgré les progrès réalisés dans sa prise en charge. Pour renforcer le diagnostic de la maladie, les autorités commencent à intégrer de nouveaux outils numériques dans le dispositif public, avec l’IA comme nouvelle piste.
Le Bénin va déployer 20 dispositifs de diagnostic du paludisme assistés par intelligence artificielle dans ses principaux hôpitaux publics. Selon des informations publiées le lundi 7 septembre par les médias sud-coréens Korea Biomedical Review et eDaily, la société Noul a remporté un marché public du ministère béninois de la Santé pour fournir sa solution miLab MAL.
Les 20 premières unités seront destinées aux principaux hôpitaux de référence prenant en charge un nombre important de cas graves. Leur déploiement doit ensuite être étendu à d’autres établissements du système public de santé. Cette opération marque le passage de miLab MAL d’une utilisation dans des structures de santé à son intégration dans le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP).
Une adoption après une évaluation clinique au Bénin
Le choix de cette technologie intervient après une évaluation clinique menée en 2025 dans plusieurs hôpitaux universitaires du nord et du sud du pays. L’étude a porté sur 211 enfants suspectés de souffrir d’un paludisme grave. Selon les résultats rapportés par Noul, miLab MAL a obtenu une sensibilité de 98,82 % et une spécificité de 100 % par rapport à la microscopie manuelle. Le temps nécessaire à l’examen a également été ramené à moins de 20 minutes, contre environ 75 minutes avec la méthode conventionnelle.
Sur la base de cette évaluation, le PNLP a classé miLab MAL comme dispositif de diagnostic au point de service et recommandé son utilisation dans les programmes de lutte contre le paludisme, selon les informations rapportées par les médias sud-coréens.
L’intelligence artificielle pour automatiser le diagnostic
MiLab MAL automatise plusieurs étapes de l’examen, depuis la préparation du frottis sanguin jusqu’à la numérisation des prélèvements et leur analyse par intelligence artificielle. Le système est conçu pour identifier les parasites responsables du paludisme à partir des images numériques des échantillons et produire un diagnostic plus rapidement et de manière standardisée.
Cette évolution intervient alors que le paludisme reste fortement présent au Bénin. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé citées dans les articles consacrés à cette adoption, le pays a enregistré environ 5,1 millions de cas et 9900 décès liés à la maladie en 2024. L’intégration de cette solution au PNLP ouvre ainsi à Noul un accès au dispositif public de lutte contre le paludisme, avec une extension prévue à d’autres établissements du pays.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 8 septembre 2026)
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