Ouverture de l’UNIPOD de Diamniadio et lancement du programme « Sénégal digital factory » : le Sénégal résolument engagé vers sa souveraineté technologique
mardi 28 avril 2026
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, en compagnie du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a présidé, hier lundi, à l’Université Amadou Makhtar Mbow (UAM) de Diamniadio, l’inauguration du premier Pôle Universitaire d’Innovation et de Technologie (UniPoD) du pays et le lancement du programme « Sénégal Digital Factory ». Un événement qui se veut le point de départ d’une transformation profonde de l’écosystème numérique national.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom, a rappelé que cette inauguration du premier pôle Universitaire d’innovation et de Technologie (UniPoD), s’inscrit dans la vision du « New Deal technologique » lancée par le président de la République et dont le programme « Sénégal Digital Factory » est une composante principale. Il s’agit de s’appuyer sur un levier important que constitue le numérique pour soutenir une économique fondée sur la connaissance.
Et, dans ce sens, Daouda Ngom a présenté l’UniPoD comme la « matérialisation d’un engagement solennel » envers une jeunesse qui représente aujourd’hui plus de 75% de la population. Selon le ministre, le projet qui vise à bâtir « une économie fondée sur la connaissance peut transformer notre pays bien au-delà des richesses que recèle son sous-sol », a-t-il martelé, soulignant que les innovations technologiques constituent la véritable garantie de la souveraineté nationale. Ainsi, le Sénégal pourrait devenir, dans ce domaine, un « hub sous-régional » capable d’exporter ses talents plutôt que de simples matières premières, conformément à la vision du « New Deal Technologique » à l’horizon 2050.
Cet, UniPoD, premier atelier concret du programme « Sénégal Digital Factory », se veut une passerelle entre le monde universitaire et le secteur privé. L’objectif est de ne plus seulement délivrer des parchemins, mais plutôt de former des « bâtisseurs » capables de transformer des idées en solutions économiques durables. Dans cette perspective, l’UniPoD de Diamniadio est équipé de matériels et d’ateliers couvrant les technologies émergentes, permettant aux étudiants de passer du concept au prototypage.
« UN PAYS QUI NE CRÉE PAS SES PROPRES SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES FINIT PAR DÉPENDRE DE CELLES DES AUTRES »
Présent à côté de son collègue, le ministre de la Communication et des Télécommunications et Numérique, Alioune Sall, a rappelé que ces évènements, que sont l’inauguration de l’UniPod et le lancement du programme « Sénégal Digital Factory », marquent un tournant décisif dans l’ambition du pays de transformer son économie par le numérique. C’est un des leviers de la souveraineté nationale. Face à l’évolution de l’intelligence artificielle, de la donnée et des objets connectés, le Sénégal refuse désormais d’être un simple consommateur pour devenir créateur dans ce domaine. « Un pays qui ne crée pas ses propres solutions technologiques finit par dépendre de celles des autres » a dit le ministre Alioune Sall.
Dans cette optique, le « New Deal Technologique » est présenté comme le socle d’une souveraineté numérique visant une croissance durable, avec l’ambition de porter la contribution du secteur numérique à 15% du Produit intérieur brut (PIB) national d’ici 2034 et générer 350.000 emplois au cours de la décennie actuelle. Pour ce faire, l’UniPod est présenté comme le maillon manquant entre recherche et impact. « L’UniPod se veut un espace concret où les idées naissent, se testent, se transforment et deviennent des solutions utiles », a soutenu le ministre.
Présenté comme un pont entre le monde académique et le marché, il permet de passer de la théorie à l’impact social et économique, de « l’idée au produit ». Il est ainsi un élément d’une dynamique plus large qu’est le programme Sénégal Digital Factory, qui vise à structurer cet écosystème d’innovation, en étant un Cette initiative est le fruit d’un partenariat tripartite entre l’État, le monde universitaire et des partenaires techniques comme le PNUD. Alioune Sall a d’ailleurs salué l’engagement du PNUD dans la matérialisation de ce projet en un temps record.
Selon le représentant résident du PNUD, Njoya Tikum, l’organisation a mis un million de dollar dans ce projet de l’UniPod, qui s’inscrit parfaitement dans « l’initiative Timbuktoo » qui est présenté comme un catalyseur pour le développement des start-up africaines. Avec cette « initiative Timbuktoo », c’est une allocation d’un milliard de dollars qui est accordée aux start-up pour un objectif de création de 10 millions d’emplois sur le continent.
Selon Alioune Sall, l’ambition est de reproduire le modèle de l’UniPod de Diamniadio au niveau national, avec des chantiers déjà en cours à Ziguinchor et Saint-Louis. Ce déploiement national s’appuiera sur le cadre législatif du Start-up ACT, pour pérenniser l’écosystème. Pour le ministre, en lançant cette « culture du faire », le Sénégal espère transformer le potentiel de sa jeunesse en un moteur de développement technologique pour l’ensemble du territoire.
Daouda Guèye
(Source : Sud Quotdien, 28 avril 2026)
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