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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2012 > Avril > Ousmane Ngom et le scandale des passeports : Il protège un suspect

Ousmane Ngom et le scandale des passeports : Il protège un suspect

dimanche 22 avril 2012

Faits divers/Contentieux

Le mardi 17 avril, Ousmane Ngom, gêné sans doute par les déclarations du nouveau pouvoir, avance ceci : « J’ai entendu dire que le nouveau régime va entamer des audits dans plusieurs institutions…Mais que Macky Sall sache une chose : s’il entame des audits, sa main droite risque d’attraper sa main gauche…Et nous connaissons tout ».

Mais son passé est plus lourd que tous ses prédécesseurs au ministère de l’intérieur, car il est cité dans plusieurs affaires dont celle que xibaaru.com vous livre.

Tout commence en 2007

Le président Wade inaugurait le jeudi 27 décembre 2007, avec un lancement en fanfare, le nouveau passeport sénégalais. Ce fut la naissance du Passeport numérisé.

Et le ministre de l’intérieur de l’époque qui avait jugé nécessaire de répondre aux demandes de l’Organisation Internationale pour l’Aviation Civile (OACI), avait mis tous les atouts de son côté pour passer commande avec la société Iris Technologies Berhard corporation de Malaisie. Pour cela il choisit des intermédiaires pour passer commande de passeports numérisés pour une valeur de 15 milliards de FCFA. Et un intermédiaire de taille, connu de l’ex famille présidentiel est choisi. Il s’agit de la société High Tech Africa. Le patron de cette société est Paul Bénichou. Et ce dernier est également le boss de la SARL NSX informatique sise au 42 de l’Avenue de la Grande Armée dans le 17ème arrondissement de Paris qui fournit le matériel informatique à trois ministères sénégalais (Justice, Agriculture et Intérieur) et à la Lonase.

Ainsi Ousmane Ngom choisit son fournisseur informatique pour lui confier le marché sulfureux des passeports numérisés sous les conseils avisés du fils du Ministre de la justice, Ousmane Sy, en même temps conseiller du Président Wade.

Le clan s’est formé. Ousmane Ngom et Bénichou, Cheikh Tidiane Sy et son fils.

Et sans oublier la bénédiction de la Présidence.

Tous les sénégalais déboursent 20000cfa pour acquérir ce nouveau passeport à puce. Et pourtant les ministres de la Justice et de l’intérieur n’ignoraient pas les démêlés de Bénichou avec la justice. Le Quotidien du 20 nov. 2007, soit deux mois avant le lancement des commandes de passeports, écrivait dans le cadre du scandale de la Lonase : « Les supposés complices de Baïla Alioune Wane ne sont pas aussi épargnés. La Cnlc demande que les poursuites soient étendues à des prestataires de services de la Lonase dont Paul Bénichou, directeur général des sociétés High Tech Africa (Hta) et Nsx, qui a parfois joué un rôle très actif dans la gestion de la Lonase, agissant en tant que mandataire de la société nationale. Paul Bénichou a bénéficié d’une large délégation de pouvoirs de gestion que lui a octroyée Baïla Alioune Wane. Les préjudices subis par la Lonase du fait des agissements de son ‘’directeur général bis’’, se chiffrent à plus de deux milliards de francs Cfa. »

Mais Ousmane Ngom ne s’arrête pas là. Car 6 mois plus tard, l’OACI annonce la fin des passeports numérisés et passe aux passeports biométriques. Ousmane Ngom commet deux intermédiaires. Bénichou et un certain Ousmane Sy.

La commande est passée mais le scandale éclate. Le journal ‘’La Dépêche diplomatique’’ reprend le mardi 1er septembre cette information :

« Le procureur de la République de Paris ouvre une information judiciaire pour « corruption d’agent public étranger, abus de biens sociaux et recel d’abus de biens sociaux », contre l’Imprimerie nationale selon une information du journal français le Parisien du lundi 31 août 2009. Cette entreprise publique qui fabrique les passeports biométriques, est soupçonnée d’avoir versé pour plusieurs centaines de milliers d’euros de pots-de-vin afin d’obtenir plusieurs contrats à l’étranger, notamment au Sénégal. Dans le viseur de la justice française, Loïc de la Cochetière, ancien président de l’Imprimerie nationale, qui aurait par ailleurs été écarté de l’entreprise fin juin pour les mêmes raisons et remplacé par Didier Trutt ».

Mais plus inquiétant. Au mois de mars 2009, Bénichou ferme toutes ses sociétés à Paris, surtout la célèbre Nsx informatiques sur l’Avenue de la Grande Armée et s’exile à Dakar.

Les informations judiciaires sont bloquées. Les ministres de la justice et de l’Intérieur font la sourde oreille comme l’écrit le Parisien : « Sont également visés par l’enquête Pascal Wajsman, ancien éditorialiste du Figaro, Julien Turczynski, avocat d’affaires parisien, Bruno Guez, consultant déjà impliqué dans l’affaire Elf, et Mihanea Berindei, chercheur au CNRS, tous présentées comme « d’éventuels intermédiaires douteux ». Coté sénégalais, aucune enquête n’a encore été annoncée ».

Et aucune enquête ne sera annoncée car les seuls à pouvoir le faire étaient Ousmane Ngom et Cheikh Tidiane Sy qui sont respectivement ministres de l’Intérieur et de la Justice. C’est Bénichou qui a passé les commandes des passeports biométriques à l’imprimerie nationale française. La France ne peut pas l’inquiéter car il possède un passeport diplomatique…sénégalais.

Bénichou dort paisiblement à Dakar loin de la justice française et Ousmane Ngom devient diamantaire.

Selon Dakaractu du 19 avril 2012, ‘’Il a monté en quelques jours un cabinet d’affaires spécialisé dans le domaine des mines et de l’industrie, dont les domaines de compétences sont la prospection minière, l’intermédiation et le placement de minerais stratégiques’’.

Doudou Andy Ngom

(Source : Xibaaru, 20 avril 2012)

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