OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2023 > Mars 2023 > OpenAI Mali, une arnaque de plus de 50 milliards de francs CFA

OpenAI Mali, une arnaque de plus de 50 milliards de francs CFA

jeudi 30 mars 2023

Cybersécurité/Cybercriminalité

Attrayante essentiellement par ses taux de retour sur investissements assez juteux, l’entreprise OpenAi Mali E-Commerce Général Sarl a réussi à duper en six mois plusieurs dizaines de Maliens. Comment s’est-elle implantée ? Qui est derrière l’escroquerie ? À combien s’élève le montant de l’escroquerie ? Enquête.

Hamidou D. (55 ans) a eu un Accident cérébro-vasculaire (AVC). Oumou G. (19 ans) ne va plus à l’école, traînant un sentiment de honte. La honte, c’est Zoumana T, 26 ans, qui l’exprime le mieux. « Comment arriverai-je encore à lever la tête devant les membres des sept familles voisines que j’ai convaincu de s’inscrire sur OpenAi Mali ? Ils ont investi tout leur patrimoine dedans. Des millions… », se morfond le jeune homme.

D’âges, sexes et profils professionnels différents, ils sont des centaines de Maliens à avoir vu disparaître leurs économies dans ce que l’on peut appeler l’une des plus grosses arnaques au Mali. Avec des conséquences inquiétantes pour certains. « Il y a des victimes qui sont tellement touchées par l’affaire qu’elles montrent des signes de troubles mentaux. On envisage de les amener consulter des psychologues », confie Soungalo Sanago, le Porte-parole du Collectif des victimes d’OpenAi Mali.

Depuis le lundi 20 mars, date à laquelle la supercherie a commencé à animer les débats sur les réseaux sociaux, le mystère s’épaissit. Mais plus l’enquête avance, plus les victimes ne cessent de se déclarer. Et les sommes perdues sont souvent colossales.

Selon les premières estimations recueillies tant bien que mal par le Collectif, qui essaie de réunir des témoignages dans différentes localités du Mali, ce sont près de 700 000 personnes qui ont perdu un montant de plus de 50 milliards de francs CFA dans l’escroquerie. Ces chiffres sont très difficiles à recouper et il est possible qu’ils soient surévalués.

« On estime que seulement une portion des victimes a été recensée. D’autres ont encore honte de se déclarer », fait savoir Domo Djiguiba, Trésorier du Collectif. Le responsable présumé des opérations d’OpenAi Mali à son siège, un certain Mamadou Barry, et ses collaborateurs, ne donnent plus de nouvelle depuis le week-end du 18 au 19 mars. Leurs téléphones sont aussi injoignables. Au moins deux commissariats, dépêchés par les tribunaux des Communes I, IV et V du District de Bamako, sont à leur recherche. « La justice malienne dispose des services techniques et scientifiques pour traquer tous les délinquants », a assuré le 22 mars sur Mikado FM Mamadi Tounkara, Substitut du Procureur de la Commune IV.

Pyramide de Ponzi

Dans son bureau à Badialan 1, Soungalo Sanago se remémore le jour où il s’est inscrit sur OpenAi Mali E-Commerce Général Sarl, qui se présente comme une société de commerce général, prestation de services, import-export et de distribution de produits, avec un numéro d’Immatriculation national (31709194223265M) et un Certificat d’identification fiscale (083396104K).

« C’est une connaissance qui m’a parlé d’OpenAi et de ses avantages. J’ai longtemps hésité avant de m’inscrire sur la plateforme, mais quand j’ai entendu qu’ils faisaient des publicités sur l’ORTM et qu’ils nous ont montré des documents certifiés par l’État Malien, j’ai eu confiance en l’entreprise et je me suis inscrit », raconte-t-il. L’affaire, florissante au début, Soungalo, « pensant bien faire », partage le bon plan avec ses amis, qui eux aussi embarquent des proches dans l’opération.

La stratégie s’est relevée être un montage financier frauduleux appelé la Pyramide de Ponzi, qui fait miroiter des taux de rendement très élevés à des investisseurs pour un risque très faible. L’offre, alléchante, consiste à générer des revenus pour les anciens investisseurs grâce aux apports financiers des nouveaux arrivants.

La plaquette publicitaire d’OpenAi Mali fait rêver. Par exemple, pour un investissement de 1 000 à 200 000 francs CFA, on peut gagner de 20 à 4 000 francs par jour. De ce dernier montant à 500 000 francs, de 5 000 à 12 500 francs par jour, de 500 001 à 1 million de francs CFA, de 15 000 à 30 000 francs et ainsi de suite jusqu’à 6% par jour de son investissement pour un placement de 5 à 10 millions de francs CFA sur la plateforme. Un profit qui ne demande en plus qu’à faire la promotion de certains produits se trouvant sur le site. Tout semble donc augurer d’un investissement à la fois fructueux et sans danger.

« Ce n’est pas que nous voulions de l’argent facile, comme le racontent certains. Nous avons vu une bonne opportunité et nous l’avons saisie. D’autant qu’elle est offerte par une entreprise qui selon nous dispose de documents légaux », se défend Mamadou Racine Diallo, le Président du Collectif, qui a regroupé et poussé les victimes à intenter des actions en justice.

Inexistante

Au départ de l’affaire OpenAi Mali, il y a un dénommé Amadou Coulibaly, un employé de commerce de 25 ans domicilié à Bamako, au quartier Hippodrome, peut-on lire sur sa pièce d’identité numéro 08332/3èmeA, délivrée le 16 septembre 2022 à Bamako, dont Journal du Mali a eu une copie. Selon les statuts de l’entreprise, dont nous avons aussi un exemplaire, il est indiqué qu’il est l’unique associé d’OpenAi Mali, société au capital social fixé à 1 million de francs CFA à sa création, le 3 octobre 2022.

Pour inciter les gens à s’inscrire sur sa plateforme, quelques jours après l’entreprise présente sur un groupe WhatsApp un certificat d’immatriculation qui lui aurait été délivré par la Direction du Guichet unique de création d’entreprises de l’Agence pour la promotion des investissements au Mali (API-Mali). Le document, sur lequel on peut apercevoir une signature et un cachet d’un département de l’API, s’est révélé être « un faux », en croire une source à l’API-Mali, selon laquelle l’entreprise est inexistante dans leur base de données.

« Elle n’a pas été créé officiellement. J’en veux pour preuve par exemple le numéro NINA, qui ne répond pas à la base de codification. Il commence par 3 au lieu de 1. Aussi le numéro du registre de commerce, qui commence par « MA » au lieu de « Ma ». Le code également est inapproprié « B » au lieu de « A » », explique notre source. Des enquêteurs se sont présentés à l’API et notre source assure que tous les éléments prouvant que c’était des faux ont été fournis.

Pour convaincre ceux qui rechignent encore à croire en son affaire, OpenAi Mali multiplie les manœuvres. Elle loue un local au quartier d’affaires de Hamdallaye ACI, puis se lance dans une campagne de publicité. La société débloque 522 000 francs CFA pour trois séquences de publicité à la Télévision nationale, l’ORTM, les 14 et 18 février, ainsi que le 15 mars 2023, après le JT de 20h. La facture de la télévision, qui circule sur les réseaux sociaux, a été confirmée par une source interne. Ensuite, l’entreprise a misé sur la publicité dans la rue.

Au Mali, où le taux de chômage est estimé à 6,5% (Ministère de l’Économie et des finances, février 2023), plusieurs jeunes s’adonnent à la recherche de gain sur des plateformes en ligne. Surtout depuis la floraison des jeux de paris sportifs dans le pays. L’entreprise OpenAi Mali a d’autant plus réussi à duper les gens qu’elle s’est servi du nom de la société étasunienne OpenAI, spécialisée dans l’intelligence artificielle. Sauf qu’il s’est avéré que la société fondée en 2015 par Elon Musk et Sam Altman n’a rien à voir avec celle du Mali. Les activités diffèrent, les logos également. Les escrocs ont aussi réussi à faire croire qu’ils étaient en partenariat avec des plateformes de commerce en ligne (Amazon, Allegro), dont les logos sont visibles sur leur site.

Méfiance

Ce qui aurait du susciter la méfiance à l’égard de l’entreprise est, selon des spécialistes en entreprenariat, qu’elle ne faisait pas de virements bancaires concernant les commissions. Pas de réels services ou de produits à distribuer, pas de produits consommables par les gens hors du système, les seuls moyens de gagner de l’argent étaient de pousser des gens à s’inscrire et à faire des tâches au sein de la plateforme. En outre, au contraire de certaines plateformes de paris sportifs, où pour faire un dépôt sur son compte les opérateurs téléphoniques envoient à l’utilisateur un code, avec OpenAi Mali le dépôt se faisait en transférant l’argent sur le numéro de la société comme si l’on faisait un transfert normal.

« Souvent, ce n’est pas que les gens n’ont pas conscience qu’une affaire comme OpenAi Mali peut tourner en arnaque, mais ils se disent toujours qu’ils ont le temps de se sauver avant que ça ne chavire. En oubliant que les initiateurs de ces entreprises peuvent fuir à tout instant sans crier gare », commente un spécialiste en entreprenariat.

« À l’heure où on parle de Mali kura, que l’État malien permette qu’une entreprise de ce genre vienne abuser des citoyens de la sorte sur son territoire, c’est à contresens », juge le porte-parole des victimes, qui portent leurs espoirs sur la justice pour récupérer leurs investissements.

(Source : Journal du Mali, 30 mars 2023)

Fil d'actu

  • Monnaies complémentaires et possibilités en Afrique : description et essai de mise en œuvre dans le domaine de l’agroécologie Burkina NTIC (30 juillet 2026)
  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6734/7586 Régulation des télécoms
  • 528/7586 Télécentres/Cybercentres
  • 5157/7586 Economie numérique
  • 2733/7586 Politique nationale
  • 7506/7586 Fintech
  • 795/7586 Noms de domaine
  • 2908/7586 Produits et services
  • 2261/7586 Faits divers/Contentieux
  • 1145/7586 Nouveau site web
  • 7586/7586 Infrastructures
  • 2684/7586 TIC pour l’éducation
  • 283/7586 Recherche
  • 373/7586 Projet
  • 5156/7586 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2791/7586 Sonatel/Orange
  • 2426/7586 Licences de télécommunications
  • 419/7586 Sudatel/Expresso
  • 1543/7586 Régulation des médias
  • 1916/7586 Applications
  • 1615/7586 Mouvements sociaux
  • 2485/7586 Données personnelles
  • 220/7586 Big Data/Données ouvertes
  • 919/7586 Mouvement consumériste
  • 545/7586 Médias
  • 973/7586 Appels internationaux entrants
  • 2463/7586 Formation
  • 141/7586 Logiciel libre
  • 3180/7586 Politiques africaines
  • 1502/7586 Fiscalité
  • 252/7586 Art et culture
  • 886/7586 Genre
  • 2747/7586 Point de vue
  • 1668/7586 Commerce électronique
  • 2229/7586 Manifestation
  • 477/7586 Presse en ligne
  • 186/7586 Piratage
  • 311/7586 Téléservices
  • 1491/7586 Biométrie/Identité numérique
  • 470/7586 Environnement/Santé
  • 555/7586 Législation/Réglementation
  • 552/7586 Gouvernance
  • 2700/7586 Portrait/Entretien
  • 225/7586 Radio
  • 1156/7586 TIC pour la santé
  • 425/7586 Propriété intellectuelle
  • 87/7586 Langues/Localisation
  • 1631/7586 Médias/Réseaux sociaux
  • 3068/7586 Téléphonie
  • 286/7586 Désengagement de l’Etat
  • 1550/7586 Internet
  • 173/7586 Collectivités locales
  • 618/7586 Dédouanement électronique
  • 1805/7586 Usages et comportements
  • 1549/7586 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 828/7586 Audiovisuel
  • 4895/7586 Transformation digitale
  • 581/7586 Affaire Global Voice
  • 257/7586 Géomatique/Géolocalisation
  • 500/7586 Service universel
  • 998/7586 Sentel/Tigo
  • 268/7586 Vie politique
  • 2398/7586 Distinction/Nomination
  • 51/7586 Handicapés
  • 1057/7586 Enseignement à distance
  • 1081/7586 Contenus numériques
  • 882/7586 Gestion de l’ARTP
  • 270/7586 Radios communautaires
  • 2733/7586 Qualité de service
  • 689/7586 Privatisation/Libéralisation
  • 198/7586 SMSI
  • 724/7586 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4079/7586 Innovation/Entreprenariat
  • 2037/7586 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 69/7586 Internet des objets
  • 257/7586 Free Sénégal
  • 1166/7586 Intelligence artificielle
  • 299/7586 Editorial
  • 16/7586 Gaming/Jeux vidéos
  • 37/7586 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous