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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2013 > Août 2013 > Omar Diène Sakho : « Il restait à identifier moins de 2 millions d’abonnés à (…)

Omar Diène Sakho : « Il restait à identifier moins de 2 millions d’abonnés à la date du 23 juillet »

jeudi 1er août 2013

Régulation des télécoms

Le directeur de l’économie, des marchés et de la stratégie de l’Artp, explique le processus, l’intérêt et les avantages de l’identification des numéros de téléphones portables. A la date du 23 juillet, moins de deux millions parmi les 12 millions d’abonnés restaient à être identifiés.

Est-ce que vous pouvez revenir sur le processus qui a mené à l’identification des numéros de téléphones portables ?

« Le gouvernement du Sénégal avait pris un décret en 2007 pour demander à tous les opérateurs de téléphonie mobile de procéder à l’identification de tous leurs abonnés. A l’époque, il n’y avait qu’Orange et Tigo sur le marché. Ils étaient tenus de mettre en œuvre ce décret. Alors, l’Artp, dans sa mission, doit veiller à ce que tous les textes soient appliqués par les opérateurs.

Une première initiative a été menée entre 2007 et 2008. Et en fin 2012, l’Artp a constaté que le taux d’abonnés identifiés n’était pas très élevé. Sur instruction des autorités, nous avons relancé le processus en optant pour une autre approche. C’est-à-dire mettre en place un comité national qui regroupe toutes les structures qui peuvent avoir un impact sur la réussite du projet.

Ce comité se réunissait tous les quinze jours pour préparer des plans d’action communs avec un timing et des dates précises. Il se retrouvait quinze jours plus tard pour faire le bilan des travaux réalisés durant la quinzaine précédente puis valider d’autres plans d’action.

En outre, l’Artp a encadré le projet à travers le lancement d’une communication institutionnelle qui a mis le focus sur la sensibilisation des acteurs. Au lieu d’obliger les acteurs à aller s’identifier, on les sensibilise sur l’intérêt et l’importance de s’identifier ».

Un décret a été pris depuis 2007, mais n’a jamais été appliqué dans toute sa rigueur. Est-ce à dire qu’à l’époque vous n’aviez pas des moyens coercitifs ?

« En fait, il y a eu une première tentative qui a été effectuée, comme je l’ai dit tantôt, entre 2007 et 2008. L’Artp avait suivi le processus en organisant plusieurs rencontres avec les opérateurs et avait même fait une communication là-dessus. Mais nous n’avions pas voulu trop pénaliser les abonnés. Ensuite, c’était à la veille d’une période électorale, donc l’environnement n’était pas très favorable ».

Comment allez-vous prendre en charge les cas des mineurs qui n’ont pas de pièces d’identification ?

« Au Sénégal, à partir de cinq ans, on peut avoir une pièce d’identification. A partir de cet âge, le ministère de l’Intérieur peut délivrer des cartes d’identité nationale à tous les Sénégalais qui en font la demande. Avec le processus d’identification des numéros de téléphones portables, c’est peut être aussi une façon de les inciter à aller chercher des cartes d’identité nationale ».

Est-ce que quelqu’un peut identifier en son nom le numéro d’un autre abonné qui n’a pas de pièces d’identification ?

« Ce n’est pas très recommandé. C’est comme avec la carte grise d’un véhicule. Si une personne prend votre véhicule et fait un accident, la responsabilité vous engage parce que c’est en votre nom. Il n’est pas recommandé d’acheter une puce et de la donner à quelqu’un d’autre ».

Avez-vous le chiffre du nombre d’abonnés identifiés ?

« Beaucoup d’abonnés ont procédé à leur identification. A la date du 23 juillet, il restait moins de deux millions d’abonnés à identifier sur un total de plus de 12 millions. Du 23 juillet à maintenant, beaucoup d’entre eux se sont rendus dans les différentes agences et autres points d’identification pour s’acquitter de cette tâche. Le taux a sans doute évolué, nous avons prévu de tenir ce jeudi (aujourd’hui, ndlr) une réunion avec l’ensemble des opérateurs pour faire le point ».

A quoi peuvent s’attendre ceux qui ne se seront pas fait identifier ?

« Ceux qui ne se seront pas fait identifier, n’auront plus la possibilité, à partir de la date limite (ndlr : la date limite était fixée à hier mais elle a été prorogée au 18 août prochain, lire encadré) d’émettre des appels. En revanche, ils pourront recevoir des appels mais pendant une durée bien déterminée.

Nous avons fait cela pour les inciter à aller s’identifier. Aujourd’hui, il y a beaucoup de moyens pour s’identifier, les opérateurs sont sur le terrain, ils s’appuient sur leurs boutiques relais et sur leurs partenaires pour identifier leurs abonnés. Nous espérons que la quasi-totalité des abonnés va s’identifier ».

Est-ce que tous les opérateurs adhèrent au projet de portabilité des numéros de téléphone mobile ? Il semblerait que la Sonatel aurait montré quelques réticences...

« C’est un peu normal parce que chaque opérateur a ses objectifs précis et défend les projets qui lui sont favorables. La portabilité des numéros est un principe régulatoire qui peut permettre de redynamiser la concurrence. Si un opérateur a la majorité des clients, il va, sans doute, préférer que la portabilité ne soit pas mise en œuvre parce que cela pourrait permettre à ses concurrents de grignoter sur ses clients.

C’est vrai, la Sonatel n’était pas aussi favorable à ce projet que les autres opérateurs. Mais l’Artp, sur la base des analyses de marchés et des consultations qu’elle avait lancées, a décidé de mettre en œuvre ce projet. C’est un processus complexe qui prend du temps mais nous allons démarrer très prochainement les travaux ».

Une question de sécurité et de lutte contre les pratiques malveillantes

Les abonnés ont intérêt à s’identifier d’abord pour des questions de sécurité, explique Omar Diène Sakho, directeur de l’Economie, des marches et de la Stratégie de l’autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp). « Le Sénégal est entouré de pays où se posent des problèmes de sécurité intérieure, pour ne pas dire des pays en proie à des crises. De ce point de vue, il est important de s’identifier », explique M. Sakho.

En plus, poursuit-il, l’identification permet d’« éradiquer certaines pratiques malveillantes qu’on observe et qui polluent l’utilisation que nous faisons des nouvelles technologies ». « Nous avons envie de profiter pleinement des nouvelles technologies, mais il y a certaines pratiques qui nous en empêchent. Il y a, par exemple, les injures, l’envoi de Sms malsains, les vols de portables, etc. Si tout le monde s’identifie, les vols de portables vont diminuer », espère-t-il.

L’Artp est en train d’initier la politique de portabilité permettant à l’abonné de conserver son numéro de téléphone même s’il change d’opérateur. « Nous pensons que le numéro doit être la propriété de l’abonné et non de l’opérateur. Le numéro doit donc être lié à l’identité de l’abonné. Cela permettra à l’abonné de changer d’opérateur tout en gardant son numéro », explique Omar Diène Sakho.

Avec l’évolution technologique, il y a beaucoup de nouveaux services qui sont en train de naître, rappelle-t-il. C’est le cas du paiement électronique, du mobile banking, de l’envoi d’argent par le mobile... « Tout cela fait qu’il y a un intérêt et un avantage pour les abonnés à s’identifier », estime le directeur de l’Economie, des marches et de la Stratégie de l’autorité de l’Artp.

El Hadji Ibrahima Thiam

(Source : Le Soleil, 1er août 2013)


Une question de sécurité et de lutte contre les pratiques malveillantes

Les abonnés ont intérêt à s’identifier d’abord pour des questions de sécurité, explique Omar Diène Sakho, directeur de l’Economie, des marches et de la Stratégie de l’autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp). « Le Sénégal est entouré de pays où se posent des problèmes de sécurité intérieure, pour ne pas dire des pays en proie à des crises. De ce point de vue, il est important de s’identifier », explique M. Sakho.

En plus, poursuit-il, l’identification permet d’« éradiquer certaines pratiques malveillantes qu’on observe et qui polluent l’utilisation que nous faisons des nouvelles technologies ». « Nous avons envie de profiter pleinement des nouvelles technologies, mais il y a certaines pratiques qui nous en empêchent. Il y a, par exemple, les injures, l’envoi de Sms malsains, les vols de portables, etc. Si tout le monde s’identifie, les vols de portables vont diminuer », espère-t-il.

L’Artp est en train d’initier la politique de portabilité permettant à l’abonné de conserver son numéro de téléphone même s’il change d’opérateur. « Nous pensons que le numéro doit être la propriété de l’abonné et non de l’opérateur. Le numéro doit donc être lié à l’identité de l’abonné. Cela permettra à l’abonné de changer d’opérateur tout en gardant son numéro », explique Omar Diène Sakho.

Avec l’évolution technologique, il y a beaucoup de nouveaux services qui sont en train de naître, rappelle-t-il. C’est le cas du paiement électronique, du mobile banking, de l’envoi d’argent par le mobile... « Tout cela fait qu’il y a un intérêt et un avantage pour les abonnés à s’identifier », estime le directeur de l’Economie, des marches et de la Stratégie de l’autorité de l’Artp.

El Hadji Ibrahima Thiam

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