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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2005 > Janvier > Offense au Chef de l’Etat par SMS : Le patron des jeunes de l’URD de Tamba (…)

Offense au Chef de l’Etat par SMS : Le patron des jeunes de l’URD de Tamba nie et accuse

vendredi 28 janvier 2005

Faits divers/Contentieux

Saliou Dieng est magasinier à la Sodefitex de Tambacounda et Mamadou Diouf est conseiller technique à la présidence de la République. Tout les unit dans ce dossier d’outrage au chef de l’Etat et à un membre du gouvernement.

Le second avait reçu des messages SMS injurieux à l’endroit du président de la République et du ministre délégué Farba Senghor, via son téléphone portable et émanant du numéro de téléphone du second. Comme Saliou Dieng a avoué ne s’être pas séparé de son appareil lors des deux journées en question les 6 et 7 janvier 2005, le procureur a requis 4 mois de prison ferme. Pourtant ces deux hommes ne se sont vus qu’à la barre du tribunal correctionnel.

De fait, c’est sur la dénonciation de Mamadou Diouf avec les SMS injurieux à l’appui, que la gendarmerie a réussi à retrouver Saliou Dieng qui a tout nié, ajoutant même qu’il pourrait s’agir d’une tentative de le punir. Le prévenu est alors remonté à un article qu’il avait publié dans un quotidien local et dans le Figaro, pour réclamer le paiement de deux roues de Mercedes achetées lors de la campagne électorale de 2000 pour dépanner le candidat Abdoulaye Wade. N’ayant pas été remboursé, il avait saisi la presse en juin-juillet 2004. Mais tout commence réellement à la date du 20 octobre 2004, selon Mamadou Diouf qui dit avoir reçu un appel de Saliou Dieng, pour l’informer qu’il avait été chargé de régler cette facture. “ Comme il disait avoir obtenu mon numéro de l’assistant du président, j’ai promis de m’en occuper, dit-il. Or, dès le lendemain, j’ai reçu par fax un document attestant qu’il avait été réglé ”. Évidemment, cette version est contestée par le prévenu qui soutient que quelqu’un de la présidence, qu’il croit (maintenant) être Mamadou Diouf, l’avait menacé à cause de son article.

Toujours est-il que le 26 décembre 2004, Mamadou Diouf dit avoir reçu un appel de quelqu’un qui s’informait de son travail à la Présidence et avait précisé qu’il désirait garder l’anonymat. “ Je l’ai enregistré comme “ inconnu ” et j’ai omis de répondre à deux de ses appels les 3 et 4 janvier. Le premier SMS est tombé le 6 janvier 2005 ”, a ajouté Mamadou Diouf. Le conseiller technique a alors avisé le gouverneur militaire. Le 8 janvier, Saliou Dieng est repéré par la gendarmerie de Kaolack et le 9 il est arrêté.

“ Je ne le connais pas. Je n’ai aucun intérêt à le faire, d’autant plus que je sais que mon numéro va s’afficher ”, s’est défendu le prévenu qui est syndicaliste et président des jeunesses de l’Urd de Tambacounda. C’est pourquoi, là où le procureur s’est vite fait une conviction, Me Amadou Aly Kane a estimé que cette affaire rend plutôt un mauvais service au chef de l’Etat qu’il voit mal en train de porter plainte contre un magasinier. Pour le conseil, il y a aussi un problème de procédure, la plainte émanant de quelqu’un qui n’est même pas concerné et d’une autre juridiction. Me Kane s’est ensuite longuement appesanti sur le délit d’outrage au Chef de l’Etat sanctionné par l’article 254 du Code pénal. Pour l’avocat qui a convoqué le texte, le délit n’est pas constitué, dès lors que l’article 254 énonce clairement les moyens ou modes de diffusion publique (radio, télévision, affichage, etc.). Pour toutes ces raisons, et compte tenu de la technicité des SMS, il a sollicité sa relaxe pure et simple ou, à défaut, au bénéfice du doute. Le juge a décidé de surseoir à sa décision jusqu’au 31 janvier, jour du délibéré.

Fara Sambe

(Source : Le Soleil, 28 janvier 2005)

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