Numérique : le Rwanda lance des formations en IA pour tous les fonctionnaires
mardi 13 janvier 2026
Les pays africains misent sur le numérique pour leur développement socio‑économique. Au‑delà du déploiement des infrastructures, la réussite de ce pari dépendra en partie de la maîtrise de ces technologies par les agents publics.
Le gouvernement rwandais a annoncé la mise en place de formations en intelligence artificielle (IA) à destination de l’ensemble des fonctionnaires de l’État, tous secteurs confondus, indépendamment des fonctions exercées ou du niveau initial de compétences technologiques. Les autorités estiment que cette initiative permettra aux bénéficiaires d’acquérir des compétences pour renforcer leur capacité à fournir des services publics de qualité.
« Ces formations ont été conçues pour être accessibles à tous et ne nécessitent que quelques heures par semaine. Elles expliquent ce qu’est l’IA, son fonctionnement et la manière dont elle peut être utilisée dans nos activités quotidiennes. Il est important de souligner que ces formations sont obligatoires pour tous les agents de l’État. Les institutions dans lesquelles ils travaillent sont prêtes à les accompagner afin qu’ils puissent suivre ces cours tout en poursuivant leurs tâches quotidiennes », déclare le ministère des TIC dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le lundi 12 janvier 2026.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du Rwanda visant à intégrer les TIC dans l’ensemble des secteurs afin d’en faire un pilier du développement socio‑économique national. L’administration publique figure parmi les domaines prioritaires, notamment à travers la digitalisation des services. Les autorités soulignent que l’IA est désormais une composante du quotidien, transformant les modes de travail, de communication et de prestation de services, avec des gains potentiels en productivité et en qualité de service aux citoyens.
Cette vision du gouvernement rwandais est partagée par les Nations unies. Dans son « E‑Government Survey 2024 », le Département des affaires économiques et sociales (DAES) souligne que l’IA dispose d’un fort potentiel pour optimiser les opérations du secteur public. Grâce à l’automatisation des tâches administratives, cette technologie peut non seulement accroître l’efficacité, mais aussi réduire les retards et les redondances. Elle peut également détecter des anomalies, classer des données et formuler des recommandations précises.
Le DAES estime d’ailleurs que la majorité des pays font face à un besoin urgent d’améliorer l’efficacité des services publics tout en disposant de budgets limités, un défi pour lequel les algorithmes d’IA constituent une solution pertinente.
Le DAES souligne toutefois que, malgré ces opportunités, l’IA comporte des risques, notamment liés aux biais des données, aux enjeux éthiques, sécuritaires et sociaux. L’institution met également en garde contre la persistance de la fracture numérique, qui demeure un frein majeur à l’adoption de l’IA dans le secteur public, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et les pays les moins avancés.
Pour rappel, le Rwanda s’est classé 118e mondial à l’Indice de développement de l’e‑gouvernement du DAES en 2024. Le pays a enregistré un score de 0,5799 sur 1, au‑dessus de la moyenne africaine mais en dessous de la moyenne mondiale.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 13 janvier 2026)
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