OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2020 > Numérique : l’Afrique veut donner de la voix

Numérique : l’Afrique veut donner de la voix

vendredi 10 juillet 2020

Point de vue

Avec un fort taux de citoyens connectés, nombre de pays africains ont, face à la pandémie de Covid-19, opté pour des applications de traçage. Qui suscitent néanmoins des inquiétudes concernant les droits fondamentaux et les libertés.

Selon les estimations, le continent comptera, dès 2020, 660 millions de personnes, sur une population de plus de 1,3 milliard d’habitants, équipés d’un téléphone intelligent, soit un taux de pénétration de 55 %. Cet avenir numérique enchanteur a conduit nombre d’États africains à élaborer une stratégie nationale pour le numérique.

Mais force est de constater que la transformation numérique du continent manque de « vision prospective claire, inclusive et endogène » et n’aboutit pas aux résultats escomptés.

Dans le contexte du Covid-19, la pénétration suffisante du numérique en Afrique a suscité l’espoir de sa mise à contribution afin de juguler la propagation de la maladie en assurant le traçage numérique des malades et de leurs contacts.

Recensement d’actions

Mais loin des limites techniques qu’une éventuelle application aurait pu révéler, c’est plus du point de vue des droits fondamentaux et des usages que des inquiétudes pourraient naître. Des actions existent dans un contexte plein d’enseignements pour le futur.

En Afrique, l’État et les acteurs privés du numérique ont apporté leur contribution à la lutte contre le Covid-19. Mais pour plusieurs raisons et dans bien des pays, le processus de maturation des solutions proposées a pris une courbe contraire à celle de la maladie, ne rendant pas compte de l’agilité éprouvée des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Au Sénégal, de nombreuses initiatives existent, dont l’application « Alerte santé Sénégal ». Ce type d’application, informatif et d’autodiagnostic, est le plus usité dans les États africains comme réponse digitale au Covid-19. C’est le cas de la Côte d’Ivoire, qui a développé le même type d’application permettant d’assurer un test personnel au Covid-19 avec la possibilité d’alerter les autorités sanitaires et policières, pour la prise des mesures nécessaires.

Ghana et Rwanda, champions du continent

La deuxième initiative sénégalaise, Daancovid19, a pour objectif d’élaborer une application de nature à aider à la gestion des malades et de leurs contacts. La phase de conception terminée, resterait les aspects éthiques et juridiques de la mise en œuvre d’une telle solution.

Le Ghana, avec le Rwanda, fait partie des champions du numérique en Afrique. Dès le mois d’avril, le gouvernement ghanéen a mis en œuvre une application dénommée Covid-19 Tracker App, sans engager de débat national sur les potentiels atteints aux droits numériques fondamentaux que pourraient engendrer ce nouvel outil. Le gouvernement a cependant donné des gages de respect des données personnelles des citoyens après la mise en œuvre de l’application.

Une procédure similaire a été suivie par le Maroc, avec, toutefois, un avis favorable donné par l’autorité chargée de la protection des données à caractère personnel, préalablement au lancement de l’application.

L’intérêt général plutôt que les droits et les libertés

Dans ces différents pays africains, le modèle dominant est celui qui prend appui sur le contexte d’état d’urgence sanitaire pour prendre toutes les mesures, y compris technologiques, de nature à permettre une lutte efficace contre la pandémie. Il n’a pas été question de chercher, en amont, l’assentiment des citoyens, par un débat national ou institutionnel inclusif. L’intérêt général a primé les droits et libertés fondamentaux des citoyens.

Mais, au-delà du droit, un effort important est nécessaire en vue de l’acceptabilité sociale de telles solutions, le numérique ayant engendré le passage d’une société pyramidale à une société polycentrique. Grâce aux réseaux sociaux, une nouvelle opinion, au consensus mou, est née, mais à l’exigence et à la méfiance exacerbées sur toutes les questions touchant aux droits fondamentaux numériques, avec un fétichisme des données personnelles prenant les accents d’une nouvelle religion.

Pour l’avenir, que faire ?

Toute solution de traçage numérique devrait, afin de préserver ses chances de succès, marquer son ancrage technologique et sociétal en Afrique. L’hébergement des plateformes, la conservation des données collectées doivent être assurés par des opérateurs domestiques, pour garantir la souveraineté numérique des peuples africains. L’opinion publique jugera toute proposition de traçage numérique à la lumière de la préservation de ses droits individuels et collectifs.

Le Covid-19 précipite le continent africain à la croisée des chemins, entre désespoir et espérance. Forte de la jeunesse de sa population, principal frein aux effets pandémiques des crises sanitaires modernes, l’Afrique est traversée par une dystopie conduisant nombre de ses jeunes, à la poursuite d’un avenir meilleur hors les frontières du continent, dans « le ventre de l’Atlantique ». N’ayant pu tirer un réel profit des révolutions précédentes, la révolution numérique est porteuse d’un surgissement à la fois économique et écologique, d’une nouvelle utopie.

En Afrique, l’ego est naissant

La tension, dans plusieurs États africains, s’est très vite posée entre intérêt public et intérêt privé. La vie privée ne s’exprime pas de la même manière dans les sociétés africaines que dans le monde occidental. Les sociétés africaines sont encore traversées par les figures du « nous », le « je » n’y étant que balbutiant ». La loi de l’État s’y heurte toujours à la loi des hommes, de groupes aux intérêts éclectiques. Alors, plus que le droit et ses certitudes, c’est l’anthropologie qui doit y venir au secours des usages du numérique.

Le numérique est éructant d’un sentiment nouveau de nationalisme digital, conséquence d’une « pensée désenchantée » largement partagée. À singulariser un droit numérique fondamental, les peuples d’Afrique opteraient pour le droit à la souveraineté numérique, le droit à la non cybercolonisation. Ce qui serait une participation fondamentale à l’édification de droits numériques fondamentaux universels.

Jean-Louis Corréa, Agrégé des facultés de droit, Professeur à l’Université virtuelle du Sénégal, membre de l’institut des droits fondamentaux numériques, IDFRights

(Source : Jeune Afrique, 10 juillet 2020)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4637/5202 Régulation des télécoms
  • 365/5202 Télécentres/Cybercentres
  • 3665/5202 Economie numérique
  • 1910/5202 Politique nationale
  • 4975/5202 Fintech
  • 545/5202 Noms de domaine
  • 2862/5202 Produits et services
  • 1539/5202 Faits divers/Contentieux
  • 790/5202 Nouveau site web
  • 5202/5202 Infrastructures
  • 1712/5202 TIC pour l’éducation
  • 192/5202 Recherche
  • 255/5202 Projet
  • 4336/5202 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1821/5202 Sonatel/Orange
  • 1637/5202 Licences de télécommunications
  • 296/5202 Sudatel/Expresso
  • 1001/5202 Régulation des médias
  • 1345/5202 Applications
  • 1140/5202 Mouvements sociaux
  • 1722/5202 Données personnelles
  • 142/5202 Big Data/Données ouvertes
  • 614/5202 Mouvement consumériste
  • 382/5202 Médias
  • 667/5202 Appels internationaux entrants
  • 1925/5202 Formation
  • 97/5202 Logiciel libre
  • 2271/5202 Politiques africaines
  • 1034/5202 Fiscalité
  • 175/5202 Art et culture
  • 597/5202 Genre
  • 1918/5202 Point de vue
  • 1049/5202 Commerce électronique
  • 1508/5202 Manifestation
  • 341/5202 Presse en ligne
  • 132/5202 Piratage
  • 213/5202 Téléservices
  • 968/5202 Biométrie/Identité numérique
  • 318/5202 Environnement/Santé
  • 392/5202 Législation/Réglementation
  • 408/5202 Gouvernance
  • 1970/5202 Portrait/Entretien
  • 153/5202 Radio
  • 860/5202 TIC pour la santé
  • 301/5202 Propriété intellectuelle
  • 62/5202 Langues/Localisation
  • 1118/5202 Médias/Réseaux sociaux
  • 2101/5202 Téléphonie
  • 210/5202 Désengagement de l’Etat
  • 1044/5202 Internet
  • 121/5202 Collectivités locales
  • 519/5202 Dédouanement électronique
  • 1276/5202 Usages et comportements
  • 1076/5202 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 579/5202 Audiovisuel
  • 3272/5202 Transformation digitale
  • 396/5202 Affaire Global Voice
  • 159/5202 Géomatique/Géolocalisation
  • 320/5202 Service universel
  • 695/5202 Sentel/Tigo
  • 195/5202 Vie politique
  • 1636/5202 Distinction/Nomination
  • 35/5202 Handicapés
  • 717/5202 Enseignement à distance
  • 743/5202 Contenus numériques
  • 638/5202 Gestion de l’ARTP
  • 185/5202 Radios communautaires
  • 1935/5202 Qualité de service
  • 453/5202 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5202 SMSI
  • 477/5202 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2780/5202 Innovation/Entreprenariat
  • 1382/5202 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/5202 Internet des objets
  • 180/5202 Free Sénégal
  • 741/5202 Intelligence artificielle
  • 216/5202 Editorial
  • 24/5202 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous