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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2009 > Août > Non payment des droits d’auteurs au BSDA : Walfadjiri radio et télé fermées (…)

Non payment des droits d’auteurs au BSDA : Walfadjiri radio et télé fermées à l’aube

jeudi 27 août 2009

Propriété intellectuelle

Le Bureau sénégalais du droit d’auteur (Bsda) a finalement mis en exécution sa menace de faire fermer la radio et la télévision Walfadjiri. Le promoteur de ce groupe de presse refuse de s’acquitter des 50 millions de francs Cfa qu’il doit au Bsda.

C’était annoncé et c’est exécuté. Les émissions des Radio et télé Walfadjiri ont été purement et simplement suspendues ce jeudi à 6 h du matin. Cela fait suite aux avertissements répétés du Bureau Sénégalais du droit d’auteur (Bsda) qui lui réclamait une somme de 50 millions de francs Cfa à lui payer en guise de droit d’auteurs. Un peu moins que le montant réclamé à la télévision nationale, il y a deux ans. Mais le ministre de l’information a promis de s’acquitter de cette somme pour les médias audiovisuels publics. D’autres organes de la presse audiovisuelle ne sont pas non plus en règle mais ont signé des moratoires avec le Bsda. Ce que le président du groupe Walfadjiri, Sidy Lamine Niasse n’a jamais fait, selon les responsables de la structure. De bonnes volontés s’étaient manifestées, la semaine dernière, pour une médiation entre le Bsda et le groupe de presse qui édite aussi les journaux, Walfadjiri quotidien, Walf Grand’place et Walf sports. Mais, le plaignant avait décidé d’en découdre avec la radio et la télévision privées. Le président du groupe estime, en fait, que ses organes font la promotion des artistes et donc, pour cette raison, il n’a pas à les payer. Le Bsda avait attrait en justice Walfadjiri et c’est ce jeudi, tôt le matin, que des policiers ont démonté et saisi du matériel technique à l’immeuble Kébé d’où sont perchés nombre d’émetteurs des radios et télévisions du pays. Une mesure consécutive au verdict du procès remporté par le Bsda. Mais le propriétaire du groupe n’y croit même pas. Il se dit convaincu que ce n’est pas une suite de son litige avec le Bsda car « l’affaire est toujours pendante devant la justice ». Mais, M. Niass accuse plutôt des gens du pouvoir qui lui en voudraient. Il ne voit personne d’autre que l’Etat du Sénégal qui ne veut pas de lui, de sa télé et de sa radio. « Nous sommes dans un pays de droit, on s’attendait à ce que l’Etat nous sécurise, mais si ce n’est pas le cas, nous sommes dans une jungle », a-t-il laissé entendre sur la radio Rfm.

Pourtant, le débat Karim Wade-Tanor Dieng qui n’aura jamais eu lieu a été vu par nombre d’observateurs comme un « rapprochement » entre Sidy Lamine Niasse et le fils du chef de l’Etat. Tant la rédaction de la télévision s’est obstinée à tenir ce débat que M. Dieng n’a jamais demandé. Un coup de discrédit sur l’indépendance de l’organe. Depuis d’ailleurs, aucune explication n’a été donnée sur les motivations du passage en grande pompe de Karim Wade sur le plateau de Walf télé.

Le Bsda, non sans regretter la mesure, souligne qu’une ordonnance de fermeture de la radio et de la télévision lui a été signifiée le 6 août et notifiée au patron de Walfadjri le 11 août. Depuis quelques jours, la radio et la télévision, aphones, ne mettaient plus de la musique nationale, préférant le répertoire étranger. Et le Bsda n’a pas manqué de leur signifier que même les œuvres étrangères sont protégées au même titre que les œuvres nationales et qu’il est chargé de veiller à l’exploitation qui en est faite.

Voilà donc que l’émission « Pencoo » dont M. Niasse lui-même, propriétaire de la radio et la télé en question et dont il devait être l’invité ne passera pas cet après midi. Une émission qui devait se pencher sur le litige qui l’oppose au Bsda, entre autres.

Dernière minute

Walf TV a recommencé à émettre vers 12 h. Mais on ignore encore si l’émetteur lui a été rendu ou si c’est par un autre canal hertzien qu’elle émet. A la place des émissions normales, la chaîne de télé privée a plutôt montré le propriétaire, Sidy Lamine Niasse. Ce dernier a qualifié, dans une intervention en solo, le Bsda de « preneur d’otages ».

(Source : La Gazette, 27 aout 2009)

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