Nigeria : les opérateurs télécoms réclament plus de stabilité pour poursuivre leurs investissements
mardi 11 août 2026
Le secteur télécoms nigérian fait face à des coûts d’exploitation élevés, au vandalisme des infrastructures et à des procédures administratives jugées contraignantes. Ces difficultés interviennent alors que les opérateurs cherchent à améliorer la qualité des services et à étendre leurs réseaux.
Les opérateurs télécoms nigérians, réunis sous l’égide de l’Association of Licensed Telecoms Operators of Nigeria (ALTON), ont posé leurs conditions à la poursuite de leurs investissements dans le secteur. Leur président, Gbenga Adebayo (photo), a fixé sept exigences lors de la 12e édition d’ICTEL EXPO 2026, organisée le jeudi 6 août à Lagos par la Chambre de commerce et d’industrie de l’État de Lagos.
« Un environnement favorable aux investissements nécessite une cohérence des politiques, une prévisibilité réglementaire, la protection des investissements, des procédures efficaces en matière de droits de passage, la réduction de la double imposition, l’élimination des actes de vandalisme visant les infrastructures et des autorisations plus rapides pour le déploiement des réseaux », a indiqué M. Adebayo.
Le bilan financier du secteur justifie l’importance de ces conditions. En 2025, les opérateurs de réseaux mobiles, les sociétés de tours et les autres acteurs du secteur ont investi environ 2,13 trillions de nairas (environ 1,6 milliards USD) dans les infrastructures. Pour 2026, l’industrie a prévu 1,86 trillion de nairas supplémentaires pour étendre les réseaux, moderniser les technologies et améliorer la qualité de service.
M. Adebayo a salué la hausse tarifaire de 50 % approuvée par la Commission des communications (NCC) en 2025, la première en douze ans, comme un facteur déterminant du retour à la viabilité financière des opérateurs. « L’investissement suit la confiance, et la confiance se construit sur la cohérence des politiques, la certitude réglementaire, la protection des infrastructures et une information transparente sur le marché », a-t-il déclaré.
Les demandes des opérateurs nigérians font écho aux recommandations formulées à l’échelle continentale. Selon le rapport Mobile Economy Africa 2026 de l’Association mondiale des opérateurs télécoms (GSMA), publié en juin, les technologies mobiles ont contribué à hauteur de 240 milliards de dollars à l’économie africaine en 2025 (soit 7,8 % du PIB continental) et les opérateurs devraient investir plus de 76 milliards de dollars dans les infrastructures de réseau entre 2024 et 2030. Mais la GSMA conditionne explicitement la réalisation de ces projections à des choix politiques précis : incitations à l’investissement, disponibilité du spectre, mesures d’accessibilité et certitude réglementaire.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 11 août 2026)
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