Nigeria : les frais du nouveau registre des téléphones font craindre une hausse des prix
lundi 21 septembre 2026
En Afrique, le prix des appareils est considéré comme l’un des principaux obstacles à l’adoption des services télécoms. Les données de la GSMA montrent que 73% des Nigérians ne possédaient pas de smartphones en 2024.
Au Nigeria, la mise en place du registre des téléphones fait craindre une hausse des prix. C’est ce qu’a laissé entendre l’Association of Mobile Phones and Allied Products Traders of Nigeria (AMPAT), qui s’oppose aux frais d’enregistrement prévus pour les appareils nouvellement importés dans le cadre du Device Management System (DMS) de la Commission nigériane des communications (NCC).
Dans un communiqué relayé la semaine dernière par la presse locale, l’AMPAT précise toutefois qu’elle ne remet pas en cause le principe du DMS, qu’elle considère comme un outil utile pour établir un registre des téléphones connectés aux réseaux nigérians. Son président Musa Mamza estime en revanche que les acteurs de la chaîne de distribution, des fabricants aux revendeurs, pourraient intégrer les nouvelles charges à leurs coûts plutôt que de les absorber.
Le coût des smartphones reste l’un des principaux obstacles à l’adoption de ces appareils et, par ricochem, à l’accès à Internet et aux services numériques. Selon la GSMA, au Nigeria, entre 2018 et 2024, le coût médian d’un smartphone d’entrée de gamme est passé de 84 $ à 18 $, réduisant sa part dans le revenu mensuel moyen à 26 %. Toutefois, cet effet a été largement annulé par la dévaluation du naira et la hausse du coût de la vie. Pour les 40 % les plus pauvres de la population nigériane, un smartphone d’entrée de gamme représente 56 % de leur revenu mensuel, contre 73 % pour les 20 % les plus pauvres. Le taux de possession de smartphones n’était que de 27 % en 2024.
L’AMPAT dit avoir saisi les autorités compétentes au sujet de ces frais, mais la NCC ne s’est pas encore prononcée publiquement sur les préoccupations soulevées par l’organisation. L’association a également appelé le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani, à intervenir auprès du régulateur pour revoir les modalités financières du dispositif.
L’organisation demande enfin un délai de trois à six mois avant l’application des dispositions financières du DMS. Elle estime que cette période permettrait aux milliers de distributeurs et détaillants concernés de se familiariser avec les procédures d’enregistrement.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 21 septembre 2026)
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