La ministre nigériane de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, Jumoke Oluwole, a appelé mercredi à renforcer les infrastructures et la connectivité numériques pour améliorer le climat des investissements, la compétitivité des entreprises et l’intégration du Nigéria dans le commerce international.
Intervenant à l’ouverture du Forum sur les investissements dans la connectivité numérique au Nigéria, organisé à Abuja par la Commission nigériane des communications (NCC) et ses partenaires, prônant le renforcement de la connectivité pour booster le positionnement commercial de son pays, Mme la ministre Jumoke Oluwole a souligné que les infrastructures numériques ne se limitaient plus aux réseaux de télécommunications.
Elle a cité notamment la fibre optique, les centres de données, les services d’informatique en nuage, les plateformes numériques, les systèmes de paiement électronique et les dispositifs sécurisés de gestion des données, devenus, selon elle, essentiels à la circulation des biens, des services, des capitaux et de l’information.
Placée sous le thème « Unlocking Infrastructure Investment through Data Transparency and Partnerships » (Libérer les investissements dans les infrastructures grâce à la transparence des données et aux partenariats), la rencontre de deux jours met l’accent sur les moyens de mobiliser davantage de capitaux en faveur des infrastructures numériques.
Pour la ministre, l’essor du commerce numérique est déjà perceptible au Nigéria, où développeurs de logiciels, entrepreneurs de la mode, entreprises de technologies financières et industriels utilisent les outils numériques pour accéder aux marchés internationaux.
Elle a, à cet égard, cité le rapport Mobile Economy Africa 2026 de la GSMA, selon lequel les technologies et services mobiles auraient contribué à hauteur d’environ 240 milliards de dollars à l’économie africaine en 2025, soit 7,8 % du produit intérieur brut (PIB), tout en soutenant quelque 13 millions d’emplois.
Au Nigéria, le secteur des télécommunications représentait plus de 9 % du PIB au premier trimestre 2026, a-t-elle ajouté.
Mme Oluwole a également mis en avant les effets du haut débit mobile sur les conditions socio-économiques, en citant une étude de la Banque mondiale et de la GSMA selon laquelle l’extrême pauvreté au sein des ménages aurait diminué d’environ 7 % après au moins deux années de couverture par le haut débit mobile.
Elle a relevé, par ailleurs, l’accélération des investissements mondiaux dans les centres de données, portée notamment par l’informatique en nuage, l’intelligence artificielle et la croissance de la demande en services numériques.
Les secteurs susceptibles d’attirer davantage d’investissements comprennent les centres de données, la fibre optique, le haut débit, les plateformes numériques, les technologies financières, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la logistique numérique ainsi que les services d’analyse et de traitement des données, a-t-elle indiqué.
La ministre a toutefois insisté sur la nécessité de convertir ces infrastructures en opportunités économiques concrètes, en permettant notamment aux entreprises d’accéder aux marchés, d’effectuer des paiements, de respecter les exigences réglementaires, de transférer des données de manière sécurisée et de fournir des services au-delà des frontières.
Dans cette perspective, elle a rappelé l’engagement du Nigéria dans la mise en œuvre du Protocole sur le commerce numérique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui vise à renforcer le commerce numérique intra-africain à travers des règles communes, la coopération réglementaire, l’interopérabilité et le développement des compétences et infrastructures numériques.
Le Nigéria, désigné co-chef de file de la mise en œuvre de ce protocole, est devenu le premier État partie à le ratifier et travaille actuellement à l’élaboration de sa stratégie nationale de mise en œuvre, a-t-elle précisé.
Le pays participe également à l’initiative African Digital Access and Public Infrastructure for Trade (ADAPT) en tant que l’un des trois premiers pays pilotes, avec le Kenya et le Maroc.
Selon Mme Oluwole, cette initiative doit notamment favoriser l’interopérabilité des systèmes d’identité numérique, les échanges de données transfrontaliers et les systèmes de paiement, afin de rendre le commerce régional plus rapide, plus sûr et moins coûteux.
La ministre a enfin invité les investisseurs, opérateurs, partenaires au développement et acteurs de l’innovation à considérer le Nigéria non seulement comme un important marché de consommation, mais également comme une plateforme susceptible de contribuer à desservir les marchés africains.
(Source : APAnews, 1er octobre 2026)
OSIRIS
Nigéria : le numérique booste le commerce