Nigeria : la suppression des frais de droits de passage progresse lentement
vendredi 24 avril 2026
A fin février 2025, 11 États avaient déjà supprimé les frais de droits de passage. Bosun Tijani, ministre fédéral des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, s’était alors montré optimiste quant à une généralisation de cette mesure avant la fin du mois de mai.
Au Nigeria, environ 15 États sur 36 ont déjà supprimé les frais de droits de passage (RoW) appliqués aux opérateurs télécoms pour le déploiement de la fibre optique. Cette mesure s’inscrit dans une dynamique de pression accrue des autorités fédérales pour accélérer le développement des infrastructures numériques à l’échelle nationale.
Ce chiffre a été dévoilé le 23 avril par Aminu Maida, vice-président exécutif de la Nigerian Communications Commission (NCC), lors d’une conférence de presse à Lagos, relayée par The Guardian Nigeria. Il intervenait principalement sur la mise en œuvre du mécanisme de compensation des abonnés.
À cette occasion, le directeur des services techniques de la NCC, Edoyemi Ogoh, a indiqué que la suppression des frais de droits de passage devrait contribuer à améliorer la qualité des services téléphoniques dans les États concernés. Il a également appelé les autorités locales à accélérer les procédures d’approbation pour l’implantation des infrastructures.
Selon la NCC, les États ayant adopté un tarif nul enregistrent une expansion plus rapide des réseaux de fibre optique. Kaduna et l’État du Niger figurent ainsi parmi les plus avancés, tirant parti de ces politiques pour étendre la connectivité, notamment dans les zones rurales encore peu desservies.
Actuellement, le tarif harmonisé des droits de passage au Nigeria est fixé à 145 nairas (environ 0,11 dollar) par mètre linéaire. Ce niveau résulte d’un processus engagé en 2017 par le gouvernement fédéral avec les États, alors qu’auparavant les coûts variaient fortement, entre 4000 et 8000 nairas selon les juridictions.
Malgré ces avancées, 21 États n’ont pas encore supprimé ces frais, en dépit des appels répétés des autorités. D’après la GSMA (Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile), le non‑respect du tarif harmonisé par plusieurs États continue d’alourdir les coûts de déploiement, avec des surcoûts pouvant atteindre 70 %.
Actuellement, le gouvernement nigérian met en œuvre le projet BRIDGE, qui vise à déployer 90 000 km de fibre à travers le pays pour un coût total d’environ 2 milliards de dollars. La GSMA estime que le coût total du déploiement de la fibre optique au Nigeria pourrait être réduit de 15 % si les autorités des États se conformaient à la réglementation.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 24 avril 2026)
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