Nigeria : l’arrivée de STN relance le défi de l’accès universel aux télécoms
mercredi 7 octobre 2026
L’accès universel vise à rendre les services de télécommunications accessibles et abordables pour les populations, y compris dans les zones où les opérateurs ont peu d’incitations économiques à investir. Au Nigeria, cet objectif reste un enjeu important alors qu’un nouvel opérateur national entre sur le marché.
La Nigerian Communications Commission (NCC) a accordé, le jeudi 1er octobre, une licence nationale à l’entreprise nigériane Swift Telephone Network (STN), lui permettant de fournir des services fixes et mobiles, ainsi que des services de voix et de données. L’arrivée de ce nouvel opérateur intervient alors que le Nigeria cherche encore à connecter les populations des zones non desservies ou insuffisamment desservies.
Cette mission repose notamment sur l’Universal Service Provision Fund (USPF), un mécanisme public chargé de favoriser l’accès aux services TIC. Le fonds identifie les déficits de couverture, finance des infrastructures et peut accorder des subventions aux opérateurs et fournisseurs de services pour étendre leurs réseaux.
L’étude des déficits de couverture réalisée par l’USPF en 2024 a recensé 87 zones non desservies ou insuffisamment desservies, où vivent environ 23,37 millions de personnes. Le nombre de ces zones a néanmoins diminué au fil des années, passant de 114 en 2019 à 97 en 2022, puis à 87 en 2024. L’USPF met ces données à la disposition des opérateurs et des acteurs du déploiement d’infrastructures pour orienter leurs investissements.
L’enjeu ne réside donc pas seulement dans l’arrivée de nouveaux opérateurs, mais aussi dans la capacité à orienter les investissements vers les territoires où les conditions de marché ne permettent pas à elles seules de rentabiliser le déploiement des réseaux. Le cadre de la NCC prévoit que les obligations spécifiques liées à l’accès universel soient traitées séparément des licences UASL. L’obtention d’une telle licence ne constitue donc pas, à elle seule, une obligation de déploiement dans les zones déficitaires.
Dans ce contexte, STN dispose désormais du cadre réglementaire pour proposer à l’échelle nationale des services fixes et mobiles, ainsi que des services de voix et de données. L’entreprise affirme vouloir développer des infrastructures et étendre la connectivité, mais elle n’a pas encore détaillé les zones qu’elle entend couvrir ni l’ampleur de ses investissements.
« Au cours des prochaines semaines, STN annoncera des partenariats stratégiques, des plans de déploiement d’infrastructures et des programmes destinés à mobiliser les investisseurs et les parties prenantes, alors qu’elle entame ses activités commerciales dans le cadre de l’UASL », peut-on lire dans le communiqué de l’entreprise.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 7 octobre 2026)
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