Nigeria : Airtel mise sur les retours des abonnés pour améliorer la qualité de service
lundi 2 novembre 2026
La qualité des services télécoms constitue une préoccupation commune à de nombreux marchés africains. Face aux réclamations des consommateurs et à la pression des autorités de régulation, les opérateurs cherchent de nouvelles approches pour améliorer leurs réseaux et renforcer la confiance des abonnés.
Au Nigeria, l’opérateur de télécommunications Airtel a annoncé la semaine dernière le lancement d’Open Networks. Le mécanisme vise à mettre les consommateurs et la transparence au service de la qualité de service, alors que les problèmes de couverture et de performance des réseaux mobiles continuent de préoccuper les abonnés et les autorités de régulation du secteur.
Concrètement, l’initiative consiste à permettre aux abonnés d’Airtel Nigeria d’accéder, depuis l’application MyAirtel, à une cartographie des infrastructures réseau de l’opérateur. Ils peuvent ainsi visualiser les antennes situées à proximité, consulter leur état de fonctionnement et suivre les travaux de modernisation engagés.
La carte distingue les sites opérationnels, ceux qui font l’objet de travaux de modernisation et les installations dont la mise en service est programmée. Les utilisateurs peuvent aussi signaler des dysfonctionnements, comme les interruptions d’appels, les faibles débits Internet, l’absence de connexion ou les interruptions de lecture vidéo. Ces remontées sont transmises aux équipes techniques d’Airtel, qui peuvent s’en servir pour localiser les difficultés et orienter les interventions sur le réseau.
La qualité des services télécoms reste une préoccupation au Nigeria. La Nigerian Communications Commission (NCC), le régulateur du secteur, reconnaît la persistance de problèmes tels que les interruptions d’appels, les faibles débits Internet et l’instabilité des connexions. Au premier semestre 2026, les quatre principaux opérateurs mobiles du pays ont enregistré 413 587 réclamations de leurs abonnés, dont 228 992 concernant Airtel Nigeria, selon les données de la NCC.
Face à cette situation, la National Association of Telecommunications Subscribers (NATCOMS) avait, en août 2026, donné aux opérateurs jusqu’à fin septembre pour améliorer leurs réseaux, sous peine de poursuites judiciaires. De son côté, le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani, a appelé les opérateurs à prendre leurs responsabilités après les ajustements tarifaires qui leur accordent, selon lui, une marge supplémentaire pour investir dans leurs infrastructures. Il a également invité le régulateur à prendre des mesures contre les opérateurs qui ne respectent pas leurs obligations.
Reste à savoir si cette initiative permettra réellement d’améliorer la qualité des services et de répondre aux nombreuses plaintes des abonnés. La NCC, le régulateur du secteur, avait déjà mis en place un dispositif permettant aux consommateurs de suivre et de comparer les performances des réseaux mobiles. Si Open Networks apporte une information plus détaillée sur les infrastructures d’Airtel et facilite le signalement des dysfonctionnements, son efficacité dépendra surtout de la manière dont l’opérateur exploitera ces remontées pour corriger les problèmes identifiés.
Rappelons qu’une amélioration de la qualité de service peut représenter un avantage concurrentiel pour un opérateur télécoms, selon l’Association des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA). Au Nigeria, Airtel comptait 67,4 millions d’abonnés à fin août 2026, d’après les statistiques de la NCC. L’opérateur détenait ainsi une part de marché de 34,19%, se classant deuxième derrière le leader du marché, MTN (52,01%). Le reste du marché de la téléphonie mobile est partagé entre Globacom (11,96%) et T2 (1,83%).
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofins, 2 novembre 2026)
OSIRIS