Nigeria : 200 millions $ de la BAD pour accélérer le déploiement du haut débit
mardi 14 avril 2026
Le Nigeria visait 70 % de pénétration du haut débit d’ici fin 2025, un objectif resté hors de portée avec un taux d’un peu plus de 50 %. Le nouveau financement de la Banque africaine de développement pourrait permettre au pays de relancer cette ambition d’ici 2030.
La Banque africaine de développement (BAD) a annoncé, le vendredi 10 avril, l’approbation par son conseil d’administration d’un prêt de 200 millions $ en faveur du Nigeria. Ce financement vise à soutenir le déploiement d’une infrastructure nationale de fibre optique et à accélérer la transformation numérique du pays.
Ce financement s’inscrit dans le cadre du projet D‑VIBE (Digital Value Chain Infrastructure for Broadband Expansion), une initiative phare du gouvernement nigérian visant à étendre le réseau de fibre optique de 30 000 à 120 000 kilomètres. L’objectif est de connecter l’ensemble des 774 zones de gouvernement local du pays, incluant les écoles, centres de santé, zones agricoles et communautés rurales, tout en renforçant les liaisons transfrontalières avec des pays voisins comme le Bénin, le Cameroun, le Niger et le Tchad.
Le projet, estimé à 2 milliards $, repose sur un montage en partenariat public‑privé. Il est structuré autour d’un véhicule dédié dans lequel la participation publique est comprise entre 25 % et 49 %, contre 51 % à 75 % pour le secteur privé. Outre la BAD, le financement mobilise également 500 millions $ de la Banque mondiale et 100 millions $ de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, ainsi que des contributions de partenaires internationaux et du secteur privé.
Au‑delà du déploiement d’infrastructures, D‑VIBE vise à lever les principaux freins à l’adoption du numérique. Le projet prévoit notamment le développement des compétences numériques à grande échelle, la promotion d’équipements abordables et le soutien aux plateformes numériques dans des secteurs clés comme l’agriculture, la santé et l’éducation. Il intègre également des volets liés à la cybersécurité, à la régulation de la concurrence et à l’utilisation d’énergies hybrides pour renforcer la résilience des réseaux.
Cette initiative intervient dans un contexte où le Nigeria, premier marché d’Afrique de l’Ouest, cherche à capitaliser sur le poids croissant de l’économie numérique dans son produit intérieur brut. Le pays s’était fixé un objectif de 70 % de pénétration du haut débit d’ici fin 2025 dans le cadre de son Plan national du haut débit 2020–2025. Toutefois, selon les données de la Commission nigériane des communications (NCC), la pénétration d’Internet a atteint 50,58 % en novembre 2025, traduisant des progrès notables, mais encore en deçà des ambitions initiales.
Selon les nouvelles projections, le projet pourrait porter le taux de pénétration du haut débit à environ 70 % d’ici 2030 et soutenir la création de près de 2,8 millions d’emplois sur l’ensemble de son cycle de vie. Pour les autorités et leurs partenaires, il s’agit de faire de la connectivité un levier de productivité, d’inclusion et de croissance économique à long terme.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 14 avril 2026)
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