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Niayes-Estimations erronées des surfaces cultivées : Manobi propose le Passport Fft aux horticulteurs

samedi 31 janvier 2009

Applications

Des erreurs d’estimations des superficies agricoles ont été relevées par l’organisation Manobi, dans la zone des Niayes. La plupart des agriculteurs surestime la superficie de leur champ. D’autres les sous-estiment. Pour amortir les terribles conséquences relevées, cette structure qui est partenaire des agriculteurs et leurs associations, leur propose un service dénommé Passport Fft.

Une étude réalisée par Manobi a montré que les agriculteurs surestiment généralement la taille de leurs exploitations agricoles, en moyenne de plus de la moitié d’un ha. Cette surestimation, qui concerne près de 65% des agriculteurs du Sénégal, se retrouve principalement chez les petits agriculteurs qui exploitent 2 ha ou moins. D’une manière générale, l’erreur ainsi commise par l’ensemble de la population des agriculteurs est de 40% supérieure à la superficie globale mesurée. Ces chiffres ont été fournis mercredi dernier, par le directeur de Manobi, M. Daniel Annerose, au cours d’une conférence de presse.

M. Annerose a énuméré les conséquences de ces erreurs d’estimations. Pour lui, ces conséquences portent sur l’endettement excessif du producteur surestimant sa superficie, sur le coût exagéré de la production, lié à la surestimation des besoins en intrants, le faible niveau des rendements calculés, sur l’impact sur la santé, avec des produits sur-dosés en intrants et en produits phytosanitaires, sur l’environnement avec les excès d’intrants utilisés dans ces conditions. Cette étude a porté sur 310 producteurs, 373 exploitants agricoles de la zone des Niayes, la plupart des horticulteurs.

M. Annerose, donnant un exemple sur les conséquences des crédits et financements, cite l’exemple de la Caisse nationale de crédit agricole du Sénégal (Cncas) qui alloue 12 milliards de crédits par an. 4,75 milliards sont alloués du fait de la non-conformité des superficies par an. Et 23, 5 milliards mal alloués tous les cinq ans. Pour la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), il y a eu en environ 210 milliards alloués pour les engrais et les produits phytosanitaires. Mais de ce montant, 82 milliards auraient pu être mieux alloués. « Sans maîtrise de la superficie, nous surestimons le financement de l’agriculture. Si nous continuons à travailler sur une agriculture sans maîtriser nos surfaces, nous risquons de perdre des milliards. » Il y a donc un besoin économique de connaître les superficies. C’est ainsi que Manobi a commencé à travailler dans ce domaine avec ses partenaires afin de proposer des solutions simples et abordables pour saisir ces opportunités. Il a proposé son nouveau service, le Passport Fft. Ce service commence à se déployer auprès des agriculteurs et des exportateurs de plus en plus désireux de moderniser leurs pratiques en maîtrisant mieux leurs espaces.
Ce travail d’étude a été évolué par des acteurs des associations agricoles, comme celui de l’union des associations des maraîchers des Niayes. Leur président, Mamadou Ndiaye, soutient que l’étude faite par Manobi « vient en complément parce qu’il y n’a pas de statistiques horticoles. On ne pouvait pas déterminer la quantité d’oignons et de tomates cultivées dans les Niayes, parce que le coût de production et l’unité de mesure sont des problèmes, les producteurs sont des analphabètes qui mesurent leurs productions avec des sacs ». Il ajoute : « Cette étude va nous permettre de connaître ce que les paysans font et quand ils le font. »
Le président de l’organisation des producteurs de fruits et légumes, M. Cheikh Ngagne pense que « la situation est grave et problématique. On surévalue ou sous-évalue et les fondamentaux qui sont la compétitivité et la productivité sont faussés. C’est très grave ».

Les organisations militent pour une étude approfondie, mais aussi faire une cartographie de la superficie de la filière agricole en général.

Safiétou Kane

(Source : Le Quotiden, 31 janvier 2009)

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