Namibie : pourquoi le régulateur ne revient pas sur le cas Starlink malgré la pression
mardi 23 juin 2026
Starlink poursuit son expansion en Afrique, déjà présente dans une trentaine de marchés. Malgré l’intérêt affiché des consommateurs et des autorités, la conformité réglementaire ralentit la dynamique dans certains pays.
Les autorités namibiennes ont rejeté les recours introduits par des consommateurs, des acteurs du secteur ainsi que par Starlink, visant à contester le refus de la demande de licence. Le régulateur des télécommunications évoque des irrégularités procédurales pour justifier cette décision.
Dans une déclaration faite le lundi 22 juin, l’Autorité namibienne de régulation des communications (CRAN) explique avoir rejeté 622 des 624 requêtes émanant de membres du public, au motif que ces dernières ne fournissaient pas les informations requises par la loi pour permettre un réexamen légal de la décision. Les deux demandes ayant franchi le seuil procédural ont toutefois été examinées sur le fond. L’autorité a estimé, après analyse, qu’elles ne présentaient aucun nouvel élément de preuve ni d’erreur substantielle dans la décision initiale.
La requête introduite par Starlink Internet Services Namibia PTY Limited, filiale locale du groupe, a également été rejetée. Soumise le 8 juin 2026, elle a été jugée irrecevable car déposée hors du délai légal. La loi exige en effet que toute demande de réexamen soit introduite dans un délai de 30 jours à compter de la décision initiale du 22 mars, soit avant le 22 avril dans ce cas précis.
Enfin, une pétition signée par 5500 membres du public et soumise le 17 juin 2026 a elle aussi été rejetée, pour les mêmes raisons de dépassement des délais réglementaires. « Ni la loi sur les communications ni les règlements applicables n’autorisent la CRAN à accepter des demandes de réexamen déposées hors délai », a déclaré Emilia Nghikembua, directrice générale du régulateur télécoms.
Le régulateur confirme ainsi la décision prise en mars dernier. Les autorités reprochent notamment à Starlink une conformité partielle aux six critères prévus par la réglementation en vigueur pour obtenir la licence. Les autorités évoquent des préoccupations liées à la sécurité nationale et à la souveraineté des données, des insuffisances en matière de conformité réglementaire, ainsi que le non‑respect des exigences de propriété locale.
« À ce stade, il est important de souligner que la question soumise à l’autorité n’a jamais été de savoir si la technologie satellitaire est bénéfique. En tant que régulateur, nous reconnaissons que les satellites en orbite basse peuvent jouer un rôle significatif dans l’amélioration des objectifs de connectivité de la Namibie, en étendant la couverture aux zones mal desservies, en renforçant la résilience et en complétant les réseaux existants », a conclu Emilia Nghikembua.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 23 juin 2026)
OSIRIS