Namibie : le rejet de la licence Starlink peut désormais être contesté devant la Haute Cour
jeudi 2 juillet 2026
L’expansion de Starlink sur le continent africain se heurte à des obstacles réglementaires. Les divergences législatives d’un pays à l’autre compliquent son déploiement, comme l’illustre le cas de la Namibie.
La Communications Regulatory Authority of Namibia (CRAN) a confirmé, lundi 23 juin, le rejet de la demande de réexamen déposée par Starlink contre le refus de lui accorder une licence d’exploitation sur le territoire namibien.
Selon l’avocat Richard Metcalfe, cette décision n’est pas définitive puisque Starlink peut encore saisir la Haute Cour par voie de recours en révision, à condition d’obtenir au préalable une condonation, c’est-à-dire une autorisation judiciaire de dépôt tardif. Toutefois, ni Starlink ni SpaceX n’ont communiqué sur leurs intentions concernant un éventuel recours.
« Le dossier peut faire l’objet d’un recours en révision devant la Haute Cour, où une autorisation de dépôt tardif peut être demandée pour le dépôt tardif de la requête », a indiqué Me Metcalfe. Il a précisé que cette autorisation n’est pas accordée automatiquement et que Starlink devra présenter des motifs suffisants pour l’obtenir.
La demande de réexamen de Starlink avait été déposée le 8 juin 2026, soit après l’expiration du délai légal de 30 jours, fixé au 22 mai. La directrice générale de la CRAN, Emilia Nghikembua, a précisé que ni la loi sur les communications ni la réglementation applicable ne confèrent à l’autorité le pouvoir d’accepter des demandes tardives. Le régulateur était donc légalement dans l’impossibilité d’examiner le fond du dossier.
Un rejet fondé sur trois manquements
Le régulateur namibien avait rejeté la demande de licence initiale de Starlink le 23 mars 2026, après avoir évalué le dossier au regard de six critères légaux. La société satisfaisait aux critères de concurrence, de capacité technique et financière et de disponibilité des fréquences, mais échouait sur la structure de propriété, la sécurité nationale et l’historique de conformité réglementaire.
Le motif central est la non-conformité à l’article 46 de la loi sur les communications, qui exige qu’au moins 51 % du capital d’un titulaire de licence télécoms soit détenu par des ressortissants ou entités namibiens. Starlink a reconnu ne pas pouvoir satisfaire cette exigence en raison de ses contraintes d’actionnariat mondial, et aucune exemption ministérielle n’a été accordée. L’autorité a en outre relevé des préoccupations de sécurité nationale liées au modèle satellitaire, ainsi que des antécédents de non-conformité, Starlink ayant fourni ses services en Namibie sans licence, ce qui avait conduit à la suspension de ses opérations en novembre 2024.
L’affaire illustre les tensions que soulève l’entrée des opérateurs satellitaires étrangers sur les marchés africains, entre exigences de souveraineté réglementaire et demande populaire de connectivité. Lors de la consultation publique de décembre 2025, plus de 98 % des avis exprimés soutenaient l’entrée de Starlink sur le marché namibien. La ministre de l’Information et des Communications, Emma Theofelus, a indiqué que la société reste libre de soumettre une nouvelle demande après avoir remédié aux lacunes identifiées par le régulateur.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 2 juillet 2026)
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