Namibie : le régulateur télécoms invité à réexaminer le refus de licence de Starlink
mercredi 10 juin 2026
Starlink poursuit son expansion en Afrique, où ses services suscitent un fort intérêt auprès des consommateurs. Toutefois, son déploiement se heurte encore à des cadres réglementaires restrictifs dans plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud et la Namibie.
Le régulateur télécoms namibien est appelé à réviser sa décision de refuser une licence d’exploitation au fournisseur d’accès à Internet par satellite américain Starlink. La décision, prise en mars 2026, reproche à l’entreprise de ne pas satisfaire l’ensemble des critères réglementaires requis.
Selon la presse locale, l’Autorité de régulation des communications de Namibie (CRAN) a indiqué, le lundi 8 juin, avoir reçu 624 soumissions émanant de membres du public et d’autres parties prenantes mécontents de cette décision. Starlink Internet Services Namibia a également soumis ultérieurement sa propre demande de réexamen.
« La CRAN reconnaît l’intérêt du public pour cette affaire et souhaite assurer à toutes les parties prenantes que les demandes de réexamen reçues seront traitées conformément aux procédures juridiques et réglementaires établies », a déclaré Mufaro Nesongano, responsable de la communication et des relations avec les consommateurs au sein de la CRAN, cité par le média local The Brief.
Un intérêt persistant des consommateurs pour Starlink
Ce n’est pas la première fois que l’intérêt des consommateurs pour Starlink attire l’attention des autorités. En novembre 2024, le régulateur avait dû intervenir pour interdire aux consommateurs namibiens d’acheter les équipements de Starlink et d’utiliser ses services dans le pays, face à l’engouement suscité alors que la société n’était pas encore autorisée à opérer.
Par ailleurs, dans le cadre du processus d’évaluation de la licence de Starlink, le régulateur télécoms avait reçu à la mi‑décembre 2025, 1180 soumissions émanant de parties prenantes du secteur et de membres du public. Parmi celles‑ci, 1164 étaient favorables et 16 exprimaient une opposition.
Cet intérêt des consommateurs peut s’expliquer par la forte demande en connectivité haut débit dans un contexte où la couverture Internet demeure inégale dans certaines zones du pays. Selon la CRAN, environ 360 000 Namibiens, soit près de 12 % de la population, n’étaient pas couverts par le réseau 4G en février 2024. Par ailleurs, les opérateurs télécoms namibiens, en particulier l’opérateur historique Telecom Namibia, font face à des défis persistants en matière de qualité et de disponibilité des services.
Malgré le refus, la porte reste ouverte
Il convient de rappeler que la décision prise par les autorités namibiennes de refuser la licence à Starlink fait suite au fait que l’entreprise n’a satisfait qu’à trois des six critères prévus par la réglementation en vigueur. Les autorités évoquent notamment des préoccupations liées à la sécurité nationale et à la souveraineté des données, des insuffisances en matière de conformité réglementaire, ainsi que le non‑respect des exigences de propriété locale.
Les autorités namibiennes n’ont toutefois jamais fermé la porte à une éventuelle entrée sur le marché de Starlink si les points de divergences sont corrigés. « Tous les soumissionnaires sont invités à réviser leur dossier, à examiner les éléments ayant conduit au refus, puis à soumettre à nouveau leur candidature auprès de l’autorité, que nous serons heureux de réévaluer. Nous accueillons pleinement tous les fournisseurs de services Internet dans le pays, dans le but de contribuer à nos objectifs nationaux de développement », avait déclaré la ministre des TIC, Emma Theofelus, en mars 2026.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 10 juin 2026)
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