Namibie : la 2G et la 3G cèdent la place à la 4G, la 5G et au satellite
jeudi 29 janvier 2026
La révolution numérique en cours en Afrique nécessite des réseaux plus performants. Les pays explorent des technologies de pointe pour répondre à la demande croissante.
Les opérateurs télécoms namibiens devraient commencer la désactivation progressive des réseaux 2G et 3G à partir de cette année, selon le régulateur des télécoms. Le pays compte se tourner vers la 4G, la 5G ainsi que la technologie satellitaire pour garantir des services haut débit aux populations dans un contexte de transformation numérique accélérée.
Dans un communiqué publié le mardi 27 janvier, l’Autorité de régulation des communications de Namibie (CRAN) a expliqué que la 2G et la 3G ne répondent plus aux normes modernes de service et de connectivité. Le régulateur estime également que la maintenance de ces deux technologies nécessite des coûts élevés.
Par contre, la CRAN considère que la technologie 5G permet non seulement d’améliorer les services haut débit fournis par les opérateurs télécoms, mais également de multiples applications et cas d’usage dans d’autres secteurs économiques. Il s’agit, entre autres, du transport et de la logistique, de la finance, du commerce, de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, ainsi que de l’exploitation minière et énergétique.
Quant à la technologie satellitaire, le pays a opté pour l’orbite basse (LEO). Cette technologie est basée sur des constellations beaucoup plus proches de la Terre que les satellites géostationnaires, plus grands et plus isolés. Le régulateur confirme avoir attribué plus tôt ce mois des licences à des fournisseurs locaux pour exploiter les capacités satellitaires de OneWeb. Ils se chargeront de fournir les services aux consommateurs finaux ou à d’autres fournisseurs de services.
« Cette technologie est particulièrement adaptée pour fournir connectivité et services aux zones offshore, éloignées et rurales et jouera un rôle essentiel pour réduire le fossé numérique en Namibie. De plus, le développement continu de la capacité direct‑to‑device entraînera une intégration accrue entre les technologies satellitaires et mobiles », a déclaré Emilia Nghikembua, directrice générale de la CRAN.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des ambitions des autorités namibiennes de booster les performances du réseau dans un contexte de transformation numérique caractérisé par une demande croissante en connectivité haut débit. Le gouvernement namibien cible une vitesse minimale de téléchargement de 25 Mbps d’ici octobre 2026.
Défis de déploiement et d’adoption
Ces ambitions ne devraient pas se réaliser sans difficultés. Au niveau des opérateurs, les coûts de déploiement des services 4G et 5G dans tout le pays sont élevés. Les réseaux 2G et 3G couvrent respectivement 100 % et 95 % de la population, selon le « Mobile Connectivity Index 2025 » de la GSMA. Le taux de couverture de la 4G est de 86,5 %. La 5G, quant à elle, affiche 0 %, alors que le service commercial a été lancé en août 2025 par l’opérateur MTC dans quatre villes.
Selon une étude publiée en 2022 par Ericsson, le coût de base du déploiement de la 5G dans un pays est estimé entre 3 et 8 milliards USD. La société technologique suédoise ajoutait que 20 à 35 % d’investissements supplémentaires sont nécessaires pour étendre la couverture du réseau à l’échelle nationale.
Alors que la disponibilité du réseau haut débit est une question légitime, l’autre enjeu est celui de l’adoption par la population, notamment en raison du coût d’accès. Les réseaux 2G et 3G sont accessibles via des feature phones, peu coûteux, utilisés pour les appels, SMS et mobile money.
Passer à la 4G ou à la 5G nécessite l’acquisition de smartphones adaptés, beaucoup plus chers. Il s’agit là de l’un des principaux obstacles à l’adoption des services mobiles, en particulier de l’Internet mobile, dans de nombreux pays, selon la GSMA. D’autres facteurs incluent l’accessibilité des forfaits de données 5G, le niveau de compétences numériques, la perception de la pertinence des services proposés ou encore la qualité de l’expérience client.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 29 janvier 2026)
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