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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Août 2026 > MTN veut devenir banquier : en Afrique, les opérateurs télécoms investissent (…)

MTN veut devenir banquier : en Afrique, les opérateurs télécoms investissent désormais le crédit

mercredi 26 août 2026

Fintech

Les opérateurs télécoms africains cherchent désormais à aller au-delà du mobile money. MTN envisage d’obtenir des licences bancaires pour pouvoir accorder directement des crédits, sur un marché où les télécoms et les fintechs renforcent leur présence dans les services financiers.

Le mouvement s’accélère. Après s’être imposés dans les paiements, les grands opérateurs télécoms et les fintechs africains cherchent désormais à développer leur activité dans le crédit. MTN, premier opérateur télécom du continent, envisage ainsi d’obtenir des licences bancaires sur certains de ses marchés afin de pouvoir, à terme, accorder directement des crédits à partir de ses propres ressources.

L’annonce, faite mardi 25 août par son directeur général Ralph Mupita, marque une nouvelle étape dans la transformation du modèle économique des opérateurs télécoms africains. « La forte croissance actuelle, et celle de demain, sera en réalité le crédit », a déclaré le dirigeant, cité par Reuters.

Jusqu’ici, MTN propose principalement des prêts dans le cadre de partenariats avec des banques. Le groupe étudie désormais les marchés où il dispose à la fois d’une importante base de clients et d’un volume élevé de transactions sur ses services Mobile Money. L’obtention d’une licence bancaire lui permettrait notamment de collecter des dépôts et, sous réserve des exigences réglementaires, de développer progressivement une activité de crédit.

La transition sera sélective et graduelle, prévient MTN, en raison des risques associés au crédit. Les partenariats avec les banques ne disparaîtront pas pour autant.

Une recomposition qui dépasse les télécoms

Cette stratégie s’inscrit dans une recomposition du secteur financier africain. Les frontières entre banques, opérateurs télécoms et fintechs deviennent de plus en plus floues.

Au Kenya, M-Pesa, développé par Safaricom, propose depuis plusieurs années des services de paiement, d’épargne, de cartes et de crédit, bien au-delà du simple transfert d’argent.

Les fintechs suivent la même trajectoire. Flutterwave, qui a obtenu en 2026 une licence de banque de microfinance au Nigeria, cherche désormais à développer ses activités bancaires sur d’autres marchés africains, notamment en Afrique de l’Est.

En Côte d’Ivoire, Wave a créé en 2025 Wave Bank Africa, dotée d’un capital de 20 milliards de FCFA, et a déposé une demande d’agrément bancaire actuellement à l’étude.

Orange dispose déjà d’Orange Bank Africa, tandis qu’AXIAN a obtenu aux Comores une licence pour lancer une institution financière digitale.

MTN arrive donc sur un terrain où plusieurs acteurs cherchent à transformer leurs millions d’utilisateurs de mobile money en clients de services financiers, sur un marché où les banques traditionnelles peinent encore à toucher certaines catégories de clients. Les opérateurs télécoms ont développé une relation quotidienne avec leurs clients et disposent d’un volume important de données transactionnelles. Le crédit devient dès lors un prolongement naturel des services de paiement. Une facture payée, un transfert reçu, une activité commerciale ou la régularité des transactions peuvent contribuer à mieux évaluer le comportement financier d’un utilisateur, dans le respect des règles applicables en matière de données et de réglementation financière.

C’est précisément ce qui rend cette évolution stratégique. Un acteur qui maîtrise le portefeuille numérique peut progressivement étendre ses activités aux paiements, puis à l’épargne, à l’assurance et enfin au crédit. La prochaine étape de cette recomposition pourrait ainsi se jouer moins sur les télécommunications que sur la capacité à mobiliser l’épargne et à développer l’offre de crédit.

Fiacre E. Kakpo

(Source : Agence Ecofin, 26 août 2026)

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