MTC fait entrer la Namibie dans le cercle des pays africains ayant lancé la 5G
jeudi 28 août 2025
En raison de ses performances, la 5G est perçue comme un accélérateur de la transformation numérique. La technologie connaît donc un intérêt croissant en Afrique au cours des dernières années, aussi bien auprès des entreprises, des gouvernements que des particuliers.
Le dimanche 24 août, la société de télécommunications namibienne MTC a officiellement lancé la 5G commerciale dans les villes d’Ongwediva, Swakopmund, Walvis Bay et Windhoek. Le pays d’Afrique australe entre ainsi dans le cercle d’une trentaine de nations africaines déjà équipées de cette technologie.
« La puissance et la fluidité de la 5G ouvriront de nouvelles opportunités dans des secteurs tels que l’Internet des objets (IoT), l’informatique en nuage, l’agriculture intelligente, les paiements et la télémédecine, améliorant l’efficacité et stimulant l’innovation. L’introduction de cette technologie représente une étape historique dans le parcours numérique de la Namibie », a déclaré Monica Nehemia, directrice technique et des systèmes d’information de MTC.
Ce lancement fait suite à un test mené en 2024 par l’entreprise. Il intervient dans un contexte où des opérateurs et gouvernements sur le continent s’activent pour lancer la technologie de dernière génération, perçue comme un catalyseur de la transformation numérique grâce à ses performances nettement supérieures à celles de ses prédécesseurs. MTC promet à ses abonnés des vitesses de données mobiles jusqu’à 100 fois supérieures à celles de la 4G, avec des pics atteignant 100 gigabits par seconde, une latence réduite et une capacité accrue permettant de connecter beaucoup plus d’appareils simultanément.
Selon les données de l’Agence Ecofin, à fin juin, 48 opérateurs télécoms ont déjà activé la 5G dans 28 pays. Les derniers à avoir rejoint la course sont l’Égypte, le Rwanda, Eswatini, la Tunisie, les Comores et le Congo. De nombreux autres pays préparent le lancement commercial de la technologie mobile de dernière génération à des niveaux d’avancement variés. Par exemple, le Maroc a attribué les licences aux trois opérateurs de téléphonie mobile fin juillet. La technologie devrait être lancée d’ici la fin de l’année, et un plan d’investissement d’environ 9 milliards de dollars a été mis en place pour porter le taux de couverture de la 5G à 85 % de la population d’ici 2030.
Il convient toutefois de rappeler qu’après le lancement de la technologie, il faut en assurer la couverture et l’utilisation à l’échelle nationale. Les principaux défis liés à la généralisation de la couverture observés sur le continent sont notamment liés au coût élevé du déploiement de la technologie télécoms, à la non-disponibilité du spectre de fréquences indispensables à la 5G, au manque de capacité et de disponibilité de la fibre optique, au manque d’incitations à la collaboration interindustrielle et à l’absence de normes ou de lignes directrices relatives à la gestion des échanges de données transfrontaliers. Par exemple, la société suédoise Ericsson estime le coût de base du déploiement de la 5G entre 3 et 8 milliards de dollars par pays, avec un investissement supplémentaire de 20 à 35 % pour étendre la couverture du réseau.
L’Union africaine des télécommunications (UAT) estime que le faible développement des cas d’utilisation pratique de la 5G, aussi bien dans le cadre personnel qu’industriel, intégrant de nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle, le big data et l’Internet des objets, retarde l’appropriation de la technologie en Afrique. À cela s’ajoutent la cherté des services 5G, ainsi que celle des smartphones compatibles. Les prix moyens de ces appareils tournent autour de 150 USD.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 28 août 2025)