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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2020 > Septembre 2020 > Monétique : Arn Vogels représentant Mastercard Afrique francophone : « Le (…)

Monétique : Arn Vogels représentant Mastercard Afrique francophone : « Le sans contact est une technologie idéale pour l’Afrique »

jeudi 3 septembre 2020

Portrait/Entretien

Arn Vogels parle, dans cette première partie d’interview, de l’inclusion financière en donnant des chiffres précis. Il lève un coin de voile sur les solutions de Mastercard pour les populations, les entreprises et les États. Pour lui, il faut une vraie concurrence dans la digitalisation des paiements pour que l’Afrique passe à un autre cap dans son développement.

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ?

Je suis basé à Dakar (Sénégal) et je gère le bureau Afrique francophone subsaharienne de Mastercard. Cela contient toute l’UEMOA, la zone CEMAC, la république démocratique du Congo, la Guinée Conakry. Je suis à ce poste depuis 2 ans mais j’ai 20 ans d’expérience chez Mastercard. J’étais en Asie du sud-est notamment. J’étais au Royaume-Uni et en Europe continentale avant de rejoindre l’Afrique. J’ai donc pas mal d’expérience dans des pays très divers.

Quel est le positionnement de Mastercard en Afrique francophone ?

En ce qui concerne notre stratégie, notre approche en Afrique francophone, c’est vraiment l’inclusion financière pure et dure. Au niveau mondial, Mastercard s’est engagé à inclure 1 milliard de personnes dans le secteur financier. Nous avons déjà atteint 500 millions de personnes en février dernier. Nous allons doubler la mise pour atteindre 1 milliard d’ici cinq ans. Aussi, Mastercard prévoit d’atteindre 50 millions d’entreprises – une bonne partie sera composée de PME et de micro entreprises – et 25 millions de femmes entrepreneures. Il est évident que l’atteinte de ces objectifs passe par l’Afrique. En résumé on s’intéresse aussi bien à l’individu lambda qu’aux entrepreneurs. Nous avons une technologie, des solutions et un réseau global d’émission, d’acceptation, switch, etc. pour faire tous types de transactions digitales.

1 milliard de personnes, 50 millions d’entreprises, 25 millions de femmes entrepreneures, vos objectifs sont donc très clairs. Comment situer l’Afrique ?
L’Afrique est l’un des continents les plus importants pour atteindre cet objectif, de par sa taille et de par le faible taux d’inclusion qui existe actuellement vis-à-vis des autres régions. Aussi, on ne peut atteindre cet objectif qu’en utilisant des solutions entièrement digitales. On ne va jamais y arriver avec la carte TPE (terminal de paiements électroniques) et la carte GAB (guichet automatique de banque). C’est là que les solutions de paiement par QR code ou de paiement à distance d’E-commerce ou M-commerce deviennent hyper importants. Ainsi le premier enjeu, c’est comment est-ce qu’on digitalise celui qui paie, le citoyen ou le consommateur ? Il faut arriver à des comptes digitalisés sans cartes, juste un compte virtuel pour faire des paiements ou en recevoir. Cela peut très bien se faire par QR code. Le deuxième enjeu, c’est l’interopérabilité, les banques centrales en Afrique de l’ouest et du centre ont cette même vision de l’importance de l’interopératibilté. Car c’est en créant un système interopérable qu’on va toucher un grand nombre de citoyens et de commerçants mais aussi s’assurer qu’on fait partie d’un même écosystème avec le but principal de digitaliser les flux d’argent. On sait que 97% des paiements sont faits encore en cash en Afrique.

97% des paiements sont faits en cash parce que le taux de bancarisation est faible. Cependant, les populations utilisent de plus en plus le mobile money. La société Mastercard a-t-elle des solutions pour accélérer cette inclusion financière par le mobile money ?

Nos clients historiquement étaient les banques. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. En plus des banques, nos clients sont les fintech et les opérateurs mobile money, en Afrique de manière beaucoup plus importante qu’ailleurs. Vous dites que le mobile money a une place importante sur le continent, c’est vrai. Ce qui reste à faire, c’est de garder cet argent digitalisé. Pour ce faire, il faut créer un écosystème très important de PME ou de micro PME qui acceptent des paiements digitalisés par QR code ou en ligne (E-commerce / M-commerce). Là est le grand secret pour la digitalisation du paiement. D’où notre objectif d’inclusion de 50 millions d’entreprises et 25 millions de femmes entrepreneurs.

Le taux d’analphabétisme est faible ce qui fait que l’adoption du digital est parfois difficile. Que proposez-vous pour simplifier les choses à nos populations ?

Vous avez tout à fait raison, la simplicité est la clé. Actuellement l’USSD reste le canal le plus utilisé pour le mobile money, nous l’offrons. Mais le parcours devient plus simple lorsqu’on est sur un smartphone et qu’il s’agit d’appuyer sur une icône, d’ouvrir la camera et de scanner un QR code pour effectuer le paiement. En ce qui concerne l’utilisation des langues, nous offrons une plateforme où chaque opérateur est libre d’adapter le contenu aux langues du pays. Nous savons donc adapter nos solutions aux marchés. Nous avons ouvert il y a quelques années un laboratoire d’innovation, à Nairobi, en partenariat avec la Gates fondation. Ceci afin de penser à des solutions purement africaines, on a été les premiers à le faire. Cette initiative a permis, par exemple, de créer une plateforme mettant les agriculteurs en relation directe avec leurs coopératives ou les acheteurs. Aussi, nous avons développé des solutions pour les scolarités pour permettre aux parents de payer leurs scolarités en plusieurs fois afin de garder leurs enfants à l’école. Cette solution est couplée à un système de gestion des places dans les cours. Nous avons des solutions pour la gestion de l’électricité solaire. Toutes ces plateformes sont adaptées à la réalité du terrain.

Il y a aussi des secteurs qui sont très demandeurs de solutions de paiement sans contact tels que le secteur postal et le secteur du transport, est-ce que vous avez des solutions spécifiques pour eux ?

Absolument. Le sans contact est une technologie idéale pour le transport à cause de sa rapidité. Le parfait exemple est le métro à Londres où cela fonctionne depuis des années. Le sans contact arrive en Afrique. D’ici l’année prochaine, la plupart des acquéreurs et des émetteurs, tous leurs nouveaux TPE et leurs nouvelles cartes seront sans contacts. Ici à Dakar, si tu vas au Casino, le TPE est déjà sans contact. Ce système a d’autres bénéfices. Il permet d’avoir un parcours client plus hygiénique. Ce qui est très important avec l’apparition du covid-19. Le paiement sans contact s’exprime par d’autres formes que la carte. Le paiement par QR code, par exemple, est une autre forme. Si je scanne le QR code d’un marchand, il est évident que je ne vais pas le toucher. En résumé, le sans contact s’exprime en Afrique aussi bien au niveau TPE qu’au niveau smartphone (QR code, USSD, etc.). L’E-commerce est aussi une autre forme de paiement sans contact. L’idée c’est d’enlever de la friction dans le commerce via des solutions différentes qui ont des objectifs et des avantages différents suivant le type de commerce.

A suivre…

(Source : ICT4Africa, 3 septembre 2020)

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