OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Mars 2026 > Mobile Money : des obstacles persistants freinent son expansion en Afrique

Mobile Money : des obstacles persistants freinent son expansion en Afrique

mardi 31 mars 2026

Fintech

L’usage du Mobile Money gagne du terrain en Afrique. Malgré une position prépondérante du continent dans ce service financier, son développement demeure limité par des obstacles structurels.

Longtemps présenté comme l’innovation financière la plus inclusive du continent, le mobile money continue d’afficher une santé croissante. En 2025, près de 1 432 milliards de dollars américains ont transité par les comptes de mobile money en Afrique, soit une hausse d’environ 27 % par rapport à 2024, selon le rapport « The State of the Industry Report on Mobile Money 2026 », publié mardi 24 mars par l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA).

Le continent a concentré près de 66 % de la valeur financière mondiale des transactions par mobile money affichée à 2 091 milliards de dollars (+23 % sur un an). Sur un total mondial de 125 milliards de transactions par mobile money, l’Afrique a représenté environ 74 %. Soit près de 92 milliards d’opérations (+16 % par rapport à 2024)

Par ailleurs, le rapport souligne que l’Afrique abrite 52 % des comptes de mobile money dans le monde. Fin 2025, on y dénombrait environ 1,2 milliard de comptes (+18 % par rapport à 2024) pour 347 millions de comptes actifs mensuels, sur un total mondial d’environ 2,3 milliards (+13 %) pour 593 millions de comptes actifs sur 30 jours. Le continent reste donc l’épicentre de cette finance sur mobile. Mais ce succès masque une contradiction de plus en plus visible : le service progresse vite mais sa pleine appropriation par les populations et son impact véritable sur elles restent entravés.

Les freins à l’inclusion

Le premier frein est matériel. La Banque mondiale relève que 84 % des adultes des pays en développement possèdent bien un téléphone, mais qu’environ un quart d’entre eux utilisent encore un téléphone basique, « plus abordable, aux fonctionnalités réduites et sans navigateur internet. Seuls deux tiers des adultes possèdent donc un smartphone complet permettant l’accès aux applications et navigateurs ». En Afrique subsaharienne, ce taux tombe à 33 %. Or, dans cette région comme en Asie du Sud, la raison la plus souvent invoquée par ceux qui n’ont pas de smartphone reste son prix. L’Union internationale des télécommunications (UIT) souligne elle aussi que, sur le continent africain, l’un des principaux obstacles à l’adoption des services numériques demeure l’accessibilité financière, en particulier celle des terminaux.

Le deuxième frein est cognitif. Le rapport 2026 de la GSMA sur le mobile money est explicite : une faible culture financière numérique demeure un obstacle majeur à l’adoption et à l’usage du service. Dans les pays africains sondés où les blocages restent visibles, les chiffres sont parlants. En Éthiopie, parmi les personnes qui connaissent le mobile money mais n’ont pas de compte, 60 % des femmes et 54 % des hommes disent ne pas savoir utiliser le service ; 45 % des femmes et 50 % des hommes disent avoir du mal à utiliser le téléphone ou craignent de faire des erreurs. En Égypte, cette barrière touche 21 % des femmes et 15% des hommes ; au Nigeria, 22 % des femmes comme des hommes. À cela s’ajoute la contrainte d’équipement elle-même : en Éthiopie, 24 % des femmes interrogées citent l’absence de SIM ou de téléphone comme obstacle.

Au-delà, un service, un impact humain

Le paradoxe est là : le mobile money s’est d’abord imposé grâce aux téléphones les plus basiques. Mais aujourd’hui, sa nouvelle frontière exige davantage qu’un simple mobile. Les usages sont désormais nombreux et les fournisseurs de services s’appuient désormais davantage sur les super-applications que sur les codes USSD pour offrir plus de valeur : paiement de factures, réception d’aides sociales gouvernementales, micro-assurance, micro-crédit, micro-épargne, etc. Les plus dynamiques sont désormais les paiements marchands, en hausse de 42 % à 155 milliards de dollars en 2025, ainsi que les transferts interopérables entre banques et portefeuilles mobiles (167 milliards $). Autrement dit, le secteur ne se limite plus au simple transfert d’argent entre proches comme à ses débuts ; il progresse dans une phase plus sophistiquée, où l’utilisateur doit savoir naviguer entre interfaces, options, codes QR, cartes virtuelles, sécurité et preuves de transaction. Sans terminal adapté ni aisance numérique minimale, une partie des Africains risque de rester cantonnée aux usages les plus élémentaires, pendant que l’écosystème avance vers des services plus complexes.

Cette fracture a aussi un visage social et genré. Sans téléphones adaptés et sans compétences numériques de base, ce sont des millions d’Africains qui demeurent en marge des possibilités offertes par le Mobile Money. Dans les pays à revenu faible et intermédiaire, GSMA estime que les femmes restent 14 % moins susceptibles que les hommes d’utiliser l’internet mobile, laissant 885 millions de femmes encore déconnectées dont environ 60 % vivent en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne. Le risque qu’entretient cette situation est celui d’une inclusion financière à deux vitesses, inégalement maîtrisée dans les faits.

Pour libérer le potentiel du mobile money en Afrique, la réponse ne peut donc pas être seulement commerciale. Elle doit être industrielle, éducative et réglementaire. L’UIT plaide pour des smartphones d’entrée de gamme moins chers, des achats facilités par microcrédit ou paiement échelonné, une baisse du coût des téléphones et de la data, ainsi que l’intégration des compétences numériques de base dans les cursus et les programmes de formation. Le rapport de la GSMA va dans le même sens : il insiste sur la nécessité d’initiatives de culture financière numérique ciblant les femmes, les ruraux et les personnes âgées. La Banque mondiale, enfin, rappelle que le coût, la facilité d’usage et la sécurité doivent être traités ensemble. Le vrai défi africain n’est donc plus de prouver que le mobile money fonctionne ; il est de faire en sorte que chacun puisse réellement s’en servir.

Muriel Edjo

(Source : Agence Ecofin, 31 mars 2026)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4781/5529 Régulation des télécoms
  • 391/5529 Télécentres/Cybercentres
  • 3710/5529 Economie numérique
  • 2579/5529 Politique nationale
  • 5529/5529 Fintech
  • 528/5529 Noms de domaine
  • 2514/5529 Produits et services
  • 1540/5529 Faits divers/Contentieux
  • 949/5529 Nouveau site web
  • 5292/5529 Infrastructures
  • 1913/5529 TIC pour l’éducation
  • 195/5529 Recherche
  • 273/5529 Projet
  • 3909/5529 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2106/5529 Sonatel/Orange
  • 1670/5529 Licences de télécommunications
  • 304/5529 Sudatel/Expresso
  • 1069/5529 Régulation des médias
  • 1320/5529 Applications
  • 1124/5529 Mouvements sociaux
  • 1780/5529 Données personnelles
  • 137/5529 Big Data/Données ouvertes
  • 627/5529 Mouvement consumériste
  • 394/5529 Médias
  • 688/5529 Appels internationaux entrants
  • 1641/5529 Formation
  • 161/5529 Logiciel libre
  • 2403/5529 Politiques africaines
  • 1246/5529 Fiscalité
  • 189/5529 Art et culture
  • 613/5529 Genre
  • 1906/5529 Point de vue
  • 1208/5529 Commerce électronique
  • 1577/5529 Manifestation
  • 335/5529 Presse en ligne
  • 131/5529 Piratage
  • 221/5529 Téléservices
  • 946/5529 Biométrie/Identité numérique
  • 331/5529 Environnement/Santé
  • 365/5529 Législation/Réglementation
  • 458/5529 Gouvernance
  • 1856/5529 Portrait/Entretien
  • 152/5529 Radio
  • 813/5529 TIC pour la santé
  • 301/5529 Propriété intellectuelle
  • 71/5529 Langues/Localisation
  • 1107/5529 Médias/Réseaux sociaux
  • 2007/5529 Téléphonie
  • 220/5529 Désengagement de l’Etat
  • 1045/5529 Internet
  • 122/5529 Collectivités locales
  • 514/5529 Dédouanement électronique
  • 1259/5529 Usages et comportements
  • 1059/5529 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 609/5529 Audiovisuel
  • 3955/5529 Transformation digitale
  • 422/5529 Affaire Global Voice
  • 159/5529 Géomatique/Géolocalisation
  • 331/5529 Service universel
  • 679/5529 Sentel/Tigo
  • 192/5529 Vie politique
  • 1586/5529 Distinction/Nomination
  • 35/5529 Handicapés
  • 740/5529 Enseignement à distance
  • 710/5529 Contenus numériques
  • 652/5529 Gestion de l’ARTP
  • 194/5529 Radios communautaires
  • 1869/5529 Qualité de service
  • 462/5529 Privatisation/Libéralisation
  • 141/5529 SMSI
  • 507/5529 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2939/5529 Innovation/Entreprenariat
  • 1407/5529 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 55/5529 Internet des objets
  • 183/5529 Free Sénégal
  • 689/5529 Intelligence artificielle
  • 215/5529 Editorial
  • 2/5529 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5529 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous