Mobile money : ce qui change le 2 novembre avec les nouvelles règles de la BCEAO
samedi 31 octobre 2026
À partir du lundi 2 novembre 2026, un client de mobile money pourra détenir jusqu’à 4 millions FCFA auprès d’un même émetteur dans l’UEMOA, deux fois plus qu’aujourd’hui. Le même jour, les petits transferts nationaux entre particuliers deviennent gratuits et doivent passer par la plateforme de paiement instantané de la BCEAO.
Ces changements découlent de deux décisions de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). La première est l’instruction n° 020 du 8 octobre 2026, qui modifie le texte de 2015 encadrant l’activité des émetteurs de monnaie électronique. La seconde est un communiqué du 2 octobre 2026 qui révise les conditions tarifaires de la plateforme interopérable PI-SPI, un an après son lancement.
Des plafonds doublés pour les particuliers
L’instruction n° 020 porte le solde maximal qu’un client peut conserver sur l’ensemble de ses comptes auprès d’un même émetteur de 2 à 4 millions FCFA. Le montant cumulé des rechargements mensuels passe de 10 à 15 millions FCFA, selon les analyses du texte publiées par Sika Finance et Droit Médias Finance.
Un dépassement de ces seuils reste possible, mais seulement avec l’autorisation préalable de la Banque centrale. Les distributeurs et accepteurs de monnaie électronique agissant à titre professionnel ne sont pas concernés par ces plafonds. Le texte encadre aussi le placement des fonds des clients : au moins 65 % des actifs de contrepartie doivent être conservés en dépôts à vue, afin de garantir les retraits à tout moment.
Gratuité jusqu’à 8 000 FCFA par jour
Le second volet concerne les transferts entre personnes physiques. À compter du 2 novembre, les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l’UEMOA doivent obligatoirement transiter par la plateforme PI-SPI. Les envois nationaux sont gratuits tant que leur cumul quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA par utilisateur et par établissement, sans limite du nombre d’opérations. Au-delà, les établissements peuvent appliquer des frais compris entre 0 et 0,8 % du montant hors taxes. La réception reste gratuite.
Les mêmes règles s’appliqueront aux transferts entre pays de l’UEMOA à partir du 1er juin 2027. Les retraits d’espèces chez les agents ne sont pas couverts par ce dispositif et restent fixés librement par les opérateurs, selon la presse économique régionale.
Plusieurs émetteurs ont commencé à informer leurs clients de ces changements, à l’image de MTN Mobile Money au Bénin. Les conditions retenues au Sénégal par chaque opérateur, notamment les frais appliqués au-delà du seuil de gratuité, restent à préciser. La BCEAO poursuit par ailleurs l’ouverture de son laboratoire d’innovation financière aux fintechs.
(Source : Social Net Link, 31 octobre 2026)
OSIRIS