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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2011 > Août > Me El Hadji Diouf sur le plan de lutte de la Sonatel contre la surtaxe des (…)

Me El Hadji Diouf sur le plan de lutte de la Sonatel contre la surtaxe des appels entrants : « Tout ce qui est possible pour empêcher l’irréparable sera mis en oeuvre pour faire échec à ce projet diabolique de Wade »

samedi 27 août 2011

Appels internationaux entrants

La Sonatel a constitué un pool d’avocats, dont Me El Hadji Diouf, pour contrecarrer Me Wade dans sa volonté de surtaxer les appels internationaux entrants. Face à la presse, hier, Me Diouf a esquissé le « plan » de lutte que compte dérouler la Sonatel.

La Société nationale des télécommunications du Sénégal (Sonatel) a décidé d’armer sa défense pour faire face à Me Abdoulaye Wade dans sa volonté d’imposer la surtaxe des appels internationaux entrants. Après le dépôt d’un préavis de grève par les travailleurs, un des points de son « plan » de lutte, la Sonatel a engagé des avocats dont Me El Hadji Diouf, qui a fait feu à volonté sur Me Wade et son projet, hier, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé quelques aspects de la stratégie de combat.« Il y a tout un plan qu’on ne va pas dévoiler. Mais un des aspects, c’est le préavis de grève des travailleurs. Il y a constitution d’avocats, dont moi-même, Me El Hadji Diouf, pour prendre en charge ce combat et faire face à l’injustice. La justice a été saisie depuis très longtemps pour l’annulation du décret. Et l’on n’a pas encore de réponse de la Cour suprême qui doit annuler le décret d’Abdoulaye Wade que lui-même a suspendu. Tout ce qui est possible pour empêcher l’irréparable sera mis en oeuvre pour faire échec à ce projet diabolique de Abdoulaye Wade », a clamé Me Diouf. Il a aussi assuré la ferme « intention de la Sonatel de se battre », ainsi que la détermination des travailleurs de la boîte. Car, il s’agit d’« un engagement sans faille dans une lutte contre un régime aux abois qui cherche de l’argent pour préparer sa campagne. Et ça, nous ne l’accepterons pas. Wade cherche de l’argent pour son plan B et ça aussi, nous ne l’accepterons pas », a asséné Me Diouf. Pour l’avocat de la Sonatel, « tous les moyens sont bons pour Abdoulaye Wade et son régime, y compris même la fermeture de la Sonatel, fleuron de l’économie nationale, pour amasser des sous et préparer une campagne et une élection présidentielles à laquelle d’ailleurs il ne doit pas prendre part. Car exclu du jeu pour avoir fait deux mandats. Et pour se présenter, il faut des moyens. Après les milliards retirés à la mairie de Dakar pour le contrôle des ordures, ils veulent maintenant procéder à des surtaxes sur les appels internationaux téléphoniques entrants ».

Et de son avis, « cette surtaxe de 60% est illégale parce que c’est un impôt. Et les impôts doivent être votés par l’Assemblée nationale ». Mais, dit-il, « le Sénégal a perdu sa place en Afrique et tout est permis. Là où la loi doit décider, c’est le décret qui la remplace. Et là où l’opérateur doit décider, c’est le Président qui décide ». De plus, cette surtaxe « est contraire au règlement international des télécommunications dont le Sénégal est signataire », décortique Me Diouf qui indique qu’il « appartient aux opérateurs de fixer leurs taxes de terminaison ». Et relevant les conséquences de cette surtaxe, Me El Hadji Diouf de rappeler qu’elle aura pour « effet immédiat un renchérissement des tarifs des appels de la diaspora vers le Sénégal ». Ce qui est « inacceptable pour les braves Sénégalais qui vivent à l’extérieur ». Car avec cette surtaxe, il y aura une hausse du prix des appels locaux.

De même, il souligne que pour la répartition des fonds qui en découleront, ce n’est pas à Me Wade de la faire. Cela relève d’une loi de finances rectificative, note-t-il. De plus, l’Artp qui ne doit pas collecter les fonds issus de la surtaxe n’a depuis 10 ans pas fait le bilan de ses années de régulation, alors qu’elle a déjà encaissé environs 80 milliards, selon l’avocat.
À propos de Momar Ndao, Me Diouf s’est contenté de lancer : « Il a choisi le camp de la force, du pouvoir et de l’argent, contre le camp des travailleurs ».

Youssouf Sané

(Source : Le Populaire, 27 août 2011)

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