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Me Abdoulaye Wade au Sommet mondial sur la société de l’information : « Le fonds de solidarité numérique doit être soutenu d’abord par les Africains »

jeudi 17 novembre 2005

Fracture numérique/Solidarité numérique

La gouvernance d’internet et le financement de l’universalité dans une société de l’information inclusive, ce sont les deux points importants des discussions du 2e sommet mondial sur la société de l’information qui se tient du 16 au 18 novembre à Tunis. Les américains ont accepté la mise en place d’un forum international pour la gouvernance d’internet, alors que l’idée d’un fonds de solidarité numérique est de plus en plus considérée comme le moyen par excellence vers la démocratisation de l’accés à Internet et aux TIC.

Les Etats-Unis ont finalement conclu un accord avec les autres pays du monde, au sujet de la gouvernance d’internet, l’un des point les plus importants au menu du Sommet de Tunis, en vue de l’instauration d’une société de l’information inclusive.

Favoriser cette société de l’information inclusive, c’est l’objet de l’autre volet important des discussions à Tunis. Pour ce faire, il est convenu de financer l’universalité qui, au terme du rapport du sommet de Genève (décembre 2003), vise à permettre à la majorité des habitants du monde d’être au diapason des progrès de la révolution numérique.

C’est en ce sens que la proposition du président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade, est pertinente en suggérant la mise sur pied d’un fonds de solidarité numérique.

Une immense majorité d’habitants se trouve en réalité en marge de la révolution des Tic (technologie de l’information et de la communication) et constitue de ce fait une masse quasiment exclue du développement des Tic. Leur situation matérialise le terme de fracture numérique que veut combattre efficacement le fonds de solidarité numérique proposé par Me Abdoulaye Wade, par ailleurs coordonnateur du volet Ntic du Nepad. Dans une interview accordée hier au journal Libération, le président Wade (qui participe aux travaux du sommet de Tunis, notamment sur la question du fonds de solidarité, déclarait que « ce fonds est une idée africaine et doit être soutenu en premier lieu par les Africains ». Actuellement, la France et une dizaine de pays participent déjà à ce fonds qui ambitionne de mettre les pays en développement au diapason des pays développés. Par exemple, préconise Me Wade, « pour développer l’internet en Afrique, il faut du matériel et des connexions, mais il faudrait mettre en place des équipements gratuits à internet en Afrique par l’intermédiaire de fournisseurs d’accès locaux à qui les Etats pourraient payer des sommes couvrant les frais ». Une formule du reste engagée au Sénégal.

Le chemin ne sera, certes, pas facile, mais l’espoir est permis au vu des adhésions qui se font jour autour de l’idée de ce fonds de solidarité. Il a engrangé, à ce jour, 7 millions d’euros (plus de 4,7 milliards de Cfa) sans compter l’engagement du maire de Besançon (France) qui va donner 20.000 ordinateurs usagés et à recycler pour l’Afrique.

Il faut un centre de décision pour la gouvernance de l’Internet

Sur la démocratie liée à l’internet, qui pose un débat de fond, Me Abdoulaye Wade soutient avec conviction : « je suis d’accord pour démocratiser l’internet, mais il faut pouvoir le faire avec un vrai centre de décision pour gérer la gouvernance du réseau des réseaux. Des progrès ont été faits à ce sommet, mais il en reste encore beaucoup à accomplir ».

L’accord obtenu entre les pays du monde et les Etats-Unis quant à lui prévoit la création d’un forum international pour discuter des questions relatives à l’internet.

L’accord a été obtenu mardi soir, à la veille de l’ouverture du 2e Sommet mondial sur la Société de l’information, à Tunis. Il intéresse quelque 170 pays. Cet accord ouvre certainement une nouvelle étape sur la gestion de l’internet.

On peut justement avancer que l’essentiel aura été sauvé, puisque la coopération internationale pour la gouvernance d’internet pourra se poursuivre.

L’accord de Tunis sur la gouvernance de l’internet propose que le Secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, convoque une réunion du forum et les sujets au menu sont aussi variés que les courriels indésirables (les spams), les virus informatiques ou la cybercriminalité. Une réunion est même prévue en Grèce pour le premier semestre 2006.

Il ne faudrait pas faire la fine bouche sur cet accord.

Il est vrai, il ne change nullement le statut de l’Icann (Internet corporation for assigned names and numbers), la société américaine qui attribue les noms de domaines permettant d’ouvrir un site web comme les fameux .com/.org/(noms génériques) ou .fr /.sn qui sont des noms référant à des pays.

La concession américaine doit, cependant, être appréciée par rapport à une position antérieure inflexible. Le Secrétaire d’Etat adjoint au Commerce, chargé des Communications, Michael Gallagher, s’opposait à tout contrôle international sur la toile. Il soutenait que « les Etats-Unis défendent la sécurité et la stabilité de l’internet ».

Aujourd’hui, on peut très justement estimer qu’un déblocage salutaire est intervenu et une avancée intéressante vers la démocratisation de l’internet. Désormais, les discussions du forum des pays participants vont aborder des questions pratiques auxquelles les internautes sont confrontés.

JEAN PIRÈS (source internet)

(Source : Le Soleil, 17 novembre 2005)

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