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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Juillet 2026 > Mauritanie : trois entreprises sélectionnées pour fournir des services (…)

Mauritanie : trois entreprises sélectionnées pour fournir des services télécoms par satellite

mardi 7 juillet 2026

Politiques africaines

Le satellite est de plus en plus perçu comme une solution pour réduire la fracture numérique. En Mauritanie, environ 55 % de la population n’utilisait pas Internet en 2024, d’après l’UIT.

Les autorités mauritaniennes ont retenu, dans un premier temps, trois entreprises pour la fourniture de services de télécommunications par satellite à l’issue d’un appel d’offres lancé en janvier 2026. À travers cette initiative, elles cherchent à renforcer la couverture et à améliorer la qualité des services télécoms.

Un intérêt important

Selon un communiqué de l’Autorité de régulation (ARE) publié la semaine dernière, l’appel d’offres a suscité un vif intérêt de la part des acteurs nationaux et internationaux du secteur. Treize entreprises avaient retiré le dossier d’appel d’offres, mais seules neuf offres ont finalement été soumises pour les deux catégories de licences. Certains candidats ont d’ailleurs présenté des offres pour les deux lots.

Pour le premier lot, qui porte sur la fourniture de services de communications personnelles mobiles par satellite, limité aux systèmes satellitaires exploités en orbite géostationnaire, BRAINSAT et VDM ont été retenues. Leurs offres s’élèvent respectivement à 800 000 dollars et 50 000 dollars. VDM devra toutefois aligner son offre sur celle de BRAINSAT pour obtenir la licence.

BRAINSAT a également été retenue pour le second lot, consacré à la vente de capacités satellitaires, avec une offre de 3 millions de dollars. L’opérateur télécoms mauritanien Mattel, également sélectionné pour ce lot, devra également aligner son offre sur celle de BRAINSAT. Sa proposition actuelle s’élève à 6,5 millions d’ouguiyas, soit environ 163 000 dollars.

Si VDM et Mattel ne parviennent pas à aligner leurs offres sur celles de BRAINSAT, le régulateur des télécommunications prévoit, conformément au règlement de l’appel d’offres, d’attribuer les licences aux soumissionnaires classés immédiatement après. Pour le premier lot, le candidat suivant est Guimi Multi Services. Pour le second lot, l’ordre de classement est constitué de Mauritel, Wigo, puis VDM.

Réduire la fracture numérique

Ce recours aux fournisseurs de services de télécommunications par satellite intervient dans un contexte où la technologie spatiale est de plus en plus plébiscitée pour réduire la fracture numérique en Afrique. Elle est appréciée pour sa capacité à assurer une couverture étendue, y compris dans les zones rurales ou enclavées, où le déploiement des réseaux terrestres reste difficile ou coûteux.

En Mauritanie, les réseaux 3G et 4G couvraient respectivement 78 % et 73 % de la population en 2024, selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Le taux de pénétration d’Internet s’établissait à 45,8 %, contre 83,2 % pour la téléphonie mobile, d’après la même source.

Au‑delà de l’extension de la couverture, la connectivité satellitaire promet des améliorations en matière de disponibilité et de qualité des services de télécommunications. Les autorités mauritaniennes exercent déjà une pression constante sur les opérateurs afin qu’ils respectent leurs obligations en matière de qualité de service. Les consommateurs dénoncent régulièrement des problèmes de couverture, des interruptions de service, des débits Internet insuffisants et une qualité de communication parfois dégradée, en particulier en dehors des grands centres urbains.

Entre cadre réglementaire, calendrier et coût, plusieurs défis persistent

Malgré les promesses de la connectivité satellitaire, plusieurs interrogations demeurent quant à la mise en œuvre effective du projet. La première concerne le calendrier de lancement des services. En effet, certaines entreprises retenues doivent encore aligner leurs offres sur celles du mieux‑disant afin de pouvoir obtenir définitivement leur licence. L’écart entre les propositions financières est particulièrement important, ce qui laisse planer une incertitude sur l’issue de cette étape et, par conséquent, sur les délais de déploiement.

La deuxième porte sur le cadre réglementaire. Au‑delà de l’attribution des licences, les autorités devront veiller à mettre en place un environnement propice au développement du marché, en définissant notamment les conditions d’exploitation, les obligations des titulaires de licences et les mécanismes de contrôle. L’expansion en Afrique d’acteurs comme Starlink a déjà soulevé plusieurs préoccupations comme la protection des données personnelles, la concurrence, l’actionnariat local, la protection des consommateurs, l’intégrité des réseaux et la responsabilité opérationnelle.

Enfin, la question du coût des services demeure centrale. Si les technologies satellitaires permettent d’étendre la couverture dans les zones les plus difficiles d’accès, leur adoption dépendra de leur accessibilité financière pour les particuliers, les entreprises et les administrations. Dans plusieurs pays africains, le prix des équipements et des abonnements reste l’un des principaux freins au développement de ce type de connectivité.

En Mauritanie, le coût des services Internet reste un enjeu important d’accessibilité. En 2025, un forfait de 5 Go d’Internet mobile représentait 2,94 % du revenu national brut (RNB) par habitant, selon l’UIT. Pour l’Internet fixe, cette proportion atteignait 17,6 %, alors que le seuil de 2 % du RNB par habitant est généralement retenu comme référence internationale pour considérer un service Internet comme abordable.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 7 juillet 2026)

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