Les utilisateurs des services de monnaie électronique au Mali sont concernés, depuis ce lundi 2 novembre 2026, par de nouvelles règles encadrant les transferts entre établissements financiers. La réforme de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) prévoit notamment la gratuité de certaines opérations, un plafonnement des frais et le relèvement des limites des comptes électroniques.
Orange Finances Mobiles Mali figure parmi les établissements ayant annoncé l’application de ces dispositions. Dans un communiqué publié le 31 octobre, l’opérateur a informé sa clientèle du relèvement du solde maximal autorisé sur les comptes identifiés, qui passe de deux à quatre millions de francs CFA.
Le plafond mensuel des opérations concernées est également porté de dix à quinze millions de francs CFA, conformément aux nouvelles dispositions réglementaires. Ces changements accompagnent la généralisation de la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI), lancée par la BCEAO le 30 septembre 2025.
Les transferts interopérables effectués depuis un compte Orange Money vers une banque, un autre établissement de monnaie électronique, une institution de microfinance ou un établissement de paiement doivent désormais emprunter cette plateforme.
La Banque nationale de développement agricole (BNDA) a également informé ses clients, dans un avis daté du 28 octobre, que leurs transactions entre comptes bancaires et portefeuilles électroniques passeraient, à compter du 2 novembre, par le service PI-SPI intégré à son application e-BNDA.
Le dispositif permet notamment d’effectuer des transferts d’un compte bancaire vers un portefeuille électronique, et inversement, ainsi que des opérations entre établissements financiers connectés.
Selon une liste publiée en septembre à partir des données de la BCEAO, quatorze établissements maliens étaient autorisés à ouvrir les services PI-SPI au public. Ils comprennent notamment la BNDA, la Banque de développement du Mali (BDM), Ecobank, Coris Bank, Orange Finances Mobiles Mali et des institutions de microfinance comme Baobab et Cofina.
Des transferts gratuits sous conditions
Les nouvelles conditions tarifaires prévoient la gratuité des transferts nationaux interopérables entre particuliers lorsque le montant cumulé des opérations émises ne dépasse pas 8 000 francs CFA par jour, par utilisateur et par établissement participant.
Outre le seuil prévu, des frais peuvent être appliqués dans une limite de 0,8 % hors taxes du montant transféré. La réception de l’argent reste gratuite, quels que soient le montant et le nombre de transactions.
Cette gratuité ne concerne toutefois pas automatiquement les retraits d’espèces ou l’ensemble des transferts effectués au sein d’un même réseau de monnaie électronique. Elle s’applique aux opérations entrant dans le champ du dispositif interopérable réglementé par la BCEAO.
L’effectivité des nouveaux services dépend également de leur ouverture au public par les établissements concernés. L’autorisation de participer à PI-SPI ne garantit pas, à elle seule, la disponibilité immédiate de toutes les fonctionnalités.
Un enjeu d’inclusion financière
Au Mali, ces dispositions interviennent dans un contexte où les services financiers numériques occupent une place importante dans l’accès des populations aux moyens de paiement et de transfert d’argent.
Selon le rapport annuel 2025 sur l’inclusion financière dans l’UEMOA, publié le 26 octobre dernier par la BCEAO, le taux global d’utilisation des services financiers au Mali s’établissait à 61,9 %, contre 58,6 % en 2024.
Malgré cette progression de 3,3 points de pourcentage, le pays demeure en dessous de la moyenne communautaire, estimée à 76,1 % en 2025.
La mise en place de services interopérables vise notamment à faciliter les opérations entre les différents réseaux financiers et à réduire les contraintes liées à l’utilisation de plusieurs comptes ou portefeuilles électroniques.
À l’échelle régionale, la BCEAO estime que les transferts relevant du seuil de gratuité de 8 000 francs CFA représentent environ 75 % des transactions de monnaie électronique dans l’Union.
La réforme concerne les huit pays de l’UEMOA, dont le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Les établissements participants doivent appliquer les nouvelles conditions nationales depuis le 2 novembre, tandis que l’alignement des tarifs des transferts entre pays membres est prévu pour le 1er juin 2027.
La Banque centrale entend, à travers ces mesures, renforcer l’interconnexion des établissements financiers et faciliter l’accès aux services de paiement instantané dans l’espace communautaire.
(Source : APAnews, 2 novembre 2026)
OSIRIS
Mali : nouvelles règles pour les transferts numériques