Madagascar teste un portail numérique pour simplifier les demandes de passeport
mardi 13 octobre 2026
Les autorités malgaches expérimentent une plateforme qui doit permettre aux usagers d’effectuer en ligne une plus grande partie des démarches liées à l’obtention d’un passeport, afin de limiter les déplacements et de simplifier les procédures.
À Madagascar, le gouvernement teste « e-Pasipaoro », une plateforme destinée à simplifier les demandes de passeport. Le portail doit permettre aux usagers de remplir le formulaire de demande, de transmettre les pièces justificatives, de payer les frais et de suivre leur dossier en ligne.
Les premières demandes de passeport, les renouvellements et les demandes de remplacement sont concernés. Certaines étapes, notamment la collecte des données biométriques et la signature, nécessiteront toutefois toujours une présence physique. La date d’ouverture au public n’a pas encore été annoncée.
Le dispositif prolonge une première étape de dématérialisation engagée en 2024, qui permettait déjà de transmettre des pièces justificatives et de prendre rendez-vous. L’objectif est désormais de réduire davantage les déplacements et les démarches nécessaires à l’obtention du document. Le site de démonstration de « e-Pasipaoro » annonce un délai d’instruction d’environ 18 jours ouvrés pour les demandes déposées à Madagascar et de 12 jours pour celles soumises auprès d’un consulat, après réception d’un dossier complet. Ces délais restent à confirmer dans des conditions réelles d’utilisation.
Les démarches de demande de passeport sont déjà dématérialisées dans d’autres pays d’Afrique de l’Est. Au Rwanda, les demandes sont effectuées sur la plateforme IremboGov, avec un délai de traitement annoncé de quatre jours ouvrables. Au Kenya, le gouvernement indique avoir ramené le délai moyen de délivrance à neuf jours ouvrés en 2024-2025, après avoir résorbé un arriéré de demandes. Ces données illustrent les améliorations possibles, sans permettre d’attribuer les gains observés à la seule numérisation.
L’expérience kényane rappelle aussi les limites de cette transformation. Un audit publié en 2026 a relevé que seulement 20 % des services recensés sur eCitizen étaient actifs à la fin de juin 2025. La présence d’un service en ligne ne garantit donc ni son bon fonctionnement ni son adoption par les usagers. Pour Madagascar, la réussite de « e-Pasipaoro » dépendra de sa capacité à réduire les délais et les déplacements, tout en restant accessible aux personnes peu familières du numérique.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 13 octobre 2026)
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