Madagascar : la GSMA préconise des baisses de taxes pour élargir l’accès à Internet mobile
lundi 19 octobre 2026
Le secteur mobile a contribué à hauteur de 240 milliards de dollars à l’économie africaine en 2025, soit 7,8 % du PIB continental, selon la GSMA. À Madagascar, l’organisation préconise des réformes pour que davantage d’habitants puissent accéder à Internet mobile.
La GSMA recommande de réduire la fiscalité sur les smartphones et les équipements télécoms à Madagascar afin d’élargir l’accès à Internet mobile. Dans un rapport présenté le vendredi 16 octobre à Antananarivo, l’association du secteur mobile propose notamment d’alléger les prélèvements sur les téléphones d’entrée de gamme et de revoir certaines taxes appliquées aux opérateurs. Selon ses estimations, des réformes pourraient connecter 1,13 million de personnes supplémentaires à Internet mobile et générer 4100 milliards d’ariary (906 millions de dollars) de PIB additionnel d’ici 2031.
Un décalage entre couverture et utilisation
Madagascar comptait 22,5 millions de connexions mobiles fin 2025, contre 12,3 millions en 2021. Pourtant, la pénétration de l’Internet mobile, calculée sur la base des utilisateurs uniques, ne s’élevait qu’à 14,3 % en 2025. En 2026, environ 66 % de la population vit dans une zone couverte par le haut débit mobile sans utiliser Internet. Près d’un tiers de la population rurale restait également en dehors de la couverture 4G.
Ce décalage se retrouve à l’échelle du continent. Selon le rapport « The Mobile Economy Africa 2026 » de la GSMA, 63 % de la population africaine vit dans une zone couverte par le haut débit mobile sans être connectée. Le coût des appareils, le manque de compétences numériques et certaines barrières sociales limitent l’adoption, même lorsque le réseau est disponible.
Le poids de la fiscalité sur les appareils et les services
La GSMA propose de supprimer plusieurs prélèvements appliqués aux smartphones d’entrée de gamme éligibles : les droits d’importation de 20 %, la redevance de 6 % liée au droit d’auteur et le prélèvement réglementaire de 1 %. Elle recommande aussi une exonération ciblée de TVA et le développement de mécanismes de financement des appareils, notamment à travers le projet DECIM.
Ces propositions prolongent les constats d’une précédente étude de la GSMA publiée en septembre 2025. Sur la base des données de 2023, celle-ci estimait que les taxes et redevances représentaient 24 % des revenus du secteur mobile malgache, dont 14 % provenaient de prélèvements spécifiques aux télécommunications. Les opérateurs acquittaient 40 % du total, tandis que les 60 % restants étaient payés par les consommateurs.
La nouvelle analyse recommande également d’examiner la suppression de l’accise sectorielle de 8 % et de ramener de 2 % à 1 % la taxe de régulation des télécommunications et des TIC. Elle préconise enfin d’exonérer de droits certains équipements indispensables au déploiement du haut débit et à l’alimentation énergétique des sites ruraux. Pour la GSMA, l’allègement de ces charges devrait favoriser à la fois l’accès des ménages aux services mobiles et la capacité des opérateurs à investir.
Des réseaux ruraux aux services en langue locale
Au-delà de la fiscalité, la GSMA recommande un plan chiffré de connectivité rurale et une réforme du Fonds de développement des TIC (FDTIC). L’objectif est de rendre les financements plus transparents et de les orienter davantage vers les résultats obtenus. L’organisation propose aussi de coordonner les investissements dans les télécommunications et l’électricité, notamment en associant les sites mobiles à des mini-réseaux électriques.
Le rapport préconise également de développer des services vocaux capables de reconnaître le malgache. Ces outils pourraient faciliter l’accès à l’information des personnes qui maîtrisent peu la lecture ou l’écriture, par exemple grâce à des conseils agricoles accessibles par la voix. Ces pistes rejoignent les objectifs du Plan stratégique numérique 2023-2028 de Madagascar, qui prévoit notamment d’accroître la pénétration de l’Internet fixe et mobile et la couverture 4G.
Les fréquences, un autre facteur d’investissement
Dans un second rapport consacré au spectre radioélectrique en Afrique, la GSMA estime que des réformes de tarification et d’attribution des fréquences pourraient générer plus de 120 milliards de dollars de PIB supplémentaire sur le continent entre 2026 et 2035. Elle recommande des règles tarifaires plus prévisibles, une disponibilité accrue des fréquences et des licences de longue durée afin de donner davantage de visibilité aux opérateurs.
Selon ses projections, ces changements pourraient étendre la couverture 4G à 50 millions de personnes supplémentaires et la couverture 5G à 170 millions d’ici 2035, tout en augmentant d’au moins 30 % les vitesses moyennes de téléchargement. Ces estimations concernent l’ensemble de l’Afrique et non Madagascar seul.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 19 octobre 2026)
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