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Lutte contre les attaques criminelles : La nécessité d’intégrer les technologies

jeudi 29 septembre 2016

Cybersécurité/Cybercriminalité

C’est désormais une nécessité que d’avoir les technologies de pointe pour assurer sa sécurité face aux multiples menaces. Cependant, les appareils ne servent à rien si derrière il n’y a pas une vision et un commandement unique. La mise en garde est de l’Israélien Dani Kassif, expert dans ce domaine. Il animait hier un débat organisé par l’ambassade de l’Etat hébreux sur ce sujet.

L’ambassadeur d’Israël a organisé hier une rencontre en prélude à la 4ème conférence internationale Hls et Cyber. Prévue du 14 au 17 novembre prochain, cette édition regroupe tous les deux ans les experts en matière de sécurité. C’est une occasion pour faire une présentation des avancées technologiques les plus récentes en matière de sécurité physique et cyber-sécurité. Plus de 3 500 participants y prendront part avec 600 exposants attendus. Cette initiative s’explique par le contexte actuel marqué par la montée grandissante de la criminalité, avec surtout des moyens de plus en plus sophistiqués utilisés par les criminels.

Il s’y ajoute que les cibles sont plus diversifiées. Ainsi, les Etats ont besoin de sécuriser leurs citoyens et leurs installations sensibles. Des secteurs tels que l’énergie, les infrastructures, le transport etc. sont autant de cibles, explique le conférencier Dani Kassif, vice-président de la société de sécurité Dignia. Les privés aussi ont besoin de sécuriser leurs activités. Il faut donc s’adapter en se dotant de technologies de pointe.

Cependant, prévient M. Kassif, ancien militaire, une compilation de hautes technologies sans une vision ne sert à rien. Car, explique-t-il, on peut avoir des caméras partout dans une ville. Mais s’il n’y a pas de solution à un problème ponctuel, le dispositif sera stérile. En guise d’exemple, un bus attaqué peut être révélé par des vidéosurveillances. Mais encore, faudrait-il qu’une unité d’intervention soit disponible à temps pour libérer les otages. ‘’Ce n’est pas assez d’avoir la technologie. La première chose est d’avoir un concept ; ensuite former les gens et enfin intégrer les technologies’’, indique-t-il. D’où l’importance d’avoir un commandement unique.

Dani Kassif invite également les Etats et autres compagnies à revoir leur conception de la sécurité d’une infrastructure. Selon lui, les efforts sont concentrés sur la sûreté interne, au détriment de celle externe. Or, souligne-t-il, une fois que l’assaillant arrive à la porte d’entrée d’un local, il dispose d’un potentiel de nuisance important. Il faut donc prévenir de telle sorte que les personnes armées ne puissent pas arriver au portail. Et pour cela, il faut aller au-delà des dispositifs de détection de métaux. ‘’Voilà pourquoi j’insiste sur le renseignement. C’est essentiel’’, dit-il.

Il y a cependant des contraintes. L’expert fait remarquer que dans beaucoup de pays, il n’y a pas de loi autorisant l’écoute téléphonique. Pendant ce temps, les malfaiteurs eux ont toute la latitude d’écouter les responsables chargés de la sécurité qui communiquent avec des téléphones non cryptés. Ce qui peut leur procurer une certaine avance, puisque la technologie est civile, et donc accessible à tous.

Babacar Willane

(Source : Enquête, 29 septembre 2016)

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